Quand les techniciens tunisiens et polonais volent au secours de l’aéronautique française

La filière aéronautique a recruté 2000 salariés supplémentaires en 2014. Les donneurs d’ordres et les PME trouvent à l’étranger les techniciens qui leur manquent pour répondre à l’augmentation des cadences de production.

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Quand les techniciens tunisiens et polonais volent au secours de l’aéronautique française

A force de produire des avions à des cadences jamais atteintes, l’industrie aéronautique française finit par manquer de bras. La filière a ainsi encore recruté 10 000 salariés en 2014, 8000 pour compenser les départs, et 2000 pour absorber les augmentations de production. A cela s’ajoutent encore 1000 recrutements de la part d’entreprises qui ont rejoint le Gifas (Groupement des industries françaises aéronautiques et du spatiales). De quoi porter les effectifs du secteur à 180 000 hommes et femmes.

"Les besoins en recrutement se situent dans les métiers de production. Nous recherchons des profils de soudeurs, de monteurs, de chaudronniers, d’ajusteurs", a précisé Marwan Lahoud, président du Gifas, à l’occasion de la présentation du bilan 2014 de la filière. En effet, avec l’achèvement des phases d’études des grands programmes (A320 remotorisé et A350 d’Airbus, moteur LEAP de Safran….), les bureaux d’études vont marquer une pause nette dans leurs recrutements, tandis que les usines, aussi bien celles des grands donneurs d’ordre que des PME vont recruter à tour de bras. Le Gifas table sur 8000 recrutements cette année.

Pas assez de formation

C’est justement là où le bât blesse. Le système éducatif et de formation ne "produit" pas assez de techniciens pour répondre à la demande. "On ne trouve pas à la sortie des lycées professionnels des gens suffisamment formés. Il y a peu de connaissances de ces métiers de la part des jeunes", explique Marwan Lahoud. A tel point que les employeurs font appel à la main d’œuvre étrangère pour répondre à leurs besoins. "

La filière a été amenée à recruter des personnels tunisiens et polonais pour leurs usines en France", explique le président du Gifas. Cela a été le cas d’un grand équipementier aéronautique qui n’a pas trouvé les salariés requérant un niveau de technicité élevé. Une entreprise spécialisée dans le travail de l’acier et des métaux forgés a également eu du mal à trouver 50 techniciens dans une région subissant pourtant un fort chômage. Après les 3000 personnes identifiées par pôle emploi, uniquement 100 candidats se sont présentés et 37 d’entre eux ont bénéficié d’un CDI après une formation de 3 mois.

Haut niveau d’embauches

Pour attirer les jeunes, le Gifas multiplie les initiatives. La filière aéronautique a formé 6000 jeunes en alternance l’an dernier et s’engage à maintenir un haut niveau d’embauche cette année. La filière a investi 1 million d’euros pour accompagner les nouveaux cursus d’ingénieurs aéronautiques. Au Bourget (15-21 juin), elle présentera les différents métiers techniques de l’aéronautique grâce à "l’avion des métiers", une maquette d’appareil à l’échelle 1.

Du côté des résultats économiques, l’industrie aéronautique vole de record en record. Elle a ainsi réalisé un chiffre d’affaires de 50,7 milliards d’euros (+2,9%) en 2014. La part des ventes civiles progressent au détriment des ventes militaires. Le carnet de commandes de l’industrie s’élève à 73 milliards d’euros, ce qui correspond à plus de six années de production.

Hassan Meddah

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