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L'Usine de l'Energie

Quand les renouvelables affectent la compétitivité du nucléaire

Ludovic Dupin , , , ,

Publié le

L’accès prioritaire des énergies renouvelables sur le réseau électrique impose de plus en plus aux réacteurs nucléaires de faire varier leur production. Si l’impact est encore très faible, il risque de s’accroître à l’avenir.

Quand les renouvelables affectent la compétitivité du nucléaire © Wikimedia commons - Jean-Louis Zimmermann

En marge d’une conférence de la Société française d’énergie nucléaire (SFEN), le mercredi 19 mars, Dominique Minière, directeur délégué à la direction Production-Ingénierie d'EDF, a expliqué, à quelques journalistes, que la hausse de la production des énergies renouvelables affecte la production du parc nucléaire français. "On constate un impact des renouvelables. Ils imposent de faire varier plus fréquemment la puissance de nos réacteurs", explique-t-il. Les énergies renouvelables ont en effet un accès prioritaire sur les réseaux électriques. Ainsi, en cas de condition météorologiques favorables, les grandes quantités d’électricité éolienne ou photovoltaïque prévalent sur la production issue de sources traditionnelles, sans considération d’optimum économique.

Le patron du parc nucléaire français explique qu’EDF est, parfois, amené à diminuer la puissance des réacteurs nucléaires, voire à en arrêter certains, notamment le week-end lorsque la demande est moindre. "C’est un phénomène que l’on constate depuis environ un an, même si l’impact économique est encore faible", précise-t-il. Le parc nucléaire français est capable techniquement d’encaisser des variations. La souplesse est même importante puisque qu’un réacteur de 1 000 MW peut abaisser sa puissance de 40 MW par minute.

La nécessité du stockage

Mais cette volatilité n’est pas sans conséquence : "il n’y a pas d’effet sur le circuit primaire, donc pas de risque pour la sûreté. En revanche, le circuit secondaire, qui n’est pas au contact du combustible, est plus sollicité au niveau de la turbine et des robinets de vapeur". Il y a une dizaine d’années, EDF a testé ce phénomène à grande échelle. L’opérateur a fait peser les variations de puissance sur quelques réacteurs et a laissé les autres produire de manière régulière. Résultat : les tranches les plus sollicitées présentaient un taux d’arrêts fortuits plus élevé de 2 %.

Pour autant, Dominique Minière ne s’oppose pas aux énergies renouvelables et se dit même favorable à un mix électrique équilibré. "Avec le développement du stockage, il est possible de développer un mix intelligent et équilibré entre les renouvelables et le nucléaire", affirme-t-il. Ce mix équilibré n’a pas été trouvé entre les renouvelables et le gaz. Sous l’effet de l’accès prioritaire de l’électricité photovoltaïque et éolienne sur le réseau électrique, presque 40 GW de centrales à gaz ont été fermées en Europe car ces unités ne fonctionnaient plus assez pour être rentable. GDF Suez, l’un des leaders européens, a dû déprécier 9,1 % d’actifs thermiques pour prendre en compte cette distorsion du marché européen.

Ludovic Dupin

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