Quand les drones transporteront des êtres humains et construiront des édifices

Cantonnés pour l'essentiel à des applications d’observation, les drones devraient très vite devenir actifs, selon une étude du cabinet de conseil PwC. A condition que l’intelligence artificielle s’en mêle.

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Quand les drones transporteront des êtres humains et construiront des édifices

Après l’observation, place à l’action ! A la première vague de drones preneurs d’image et "simples" enregistreurs de données, devrait dans les années à venir s'ajouter celle d’engins capables d’agir, voire de prendre des décisions. C’est l’un des principaux enseignements qui ressort d’une étude publiée par le cabinet de conseil PwC jeudi 12 mai concernant le secteur des drones civils.

Les conditions pour voir apparaître cette nouvelle génération de drones ? Un cadre réglementaire adapté et un accroissement de leur compétitivité-coût, mais surtout : le développement de drones autonomes et intelligents.

"Pour parvenir à entrer dans cette phase de drones actifs, les engins devront être plus puissants et également être capables de rester en vols stationnaires pendant de longues périodes, estime Olivier Vialle, associé au sein du cabinet PwC. Mais c’est surtout l’intelligence artificielle qui leur permettra de se développer dans de nouveaux usages". Une notion large derrière laquelle se cache notamment des algorithmes capables, pour une application donnée, de fournir à un drone les moyens d’opter pour une solution plutôt qu’une autre.

L’intelligence comme avantage concurrentiel

Cette forme d’intelligence pourrait permettre de donner au secteur une envergure économique qui lui fait jusque-là défaut. Et PwC de quantifier le potentiel commercial des drones à 127,3 milliards de dollars à l’horizon 2020, avec situées largement en tête les activités liées aux infrastructures (45,2 milliards de dollars) et l’agriculture (32,4 milliards de dollars). Viennent ensuite par ordre décroissant les transports, la sécurité, les médias et les loisirs, l’assurance, les télécommunications et les mines. Un niveau élevé qui correspond à la valeur annuelle des services et de la main-d’œuvre susceptibles d'être remplacés par des drones.

Des exemples concrets d’utilisation de ces engins qui ne seraient plus pilotés mais capables d’agir de manière autonome : le transport de marchandises voire d’êtres humains dans des sites critiques, la maintenance et la réparation d’ouvrages d’art, l’évaluation automatisée du coût des dégâts dans une zone sinistrée, la pulvérisation d’eau et de pesticides dans les cultures agricoles, la participation à la construction de projets de grande échelle… Autant d’avantages concurrentiels face aux satellites et aux hélicoptères, dans la mesure où les drones peuvent s'immiscer partout, remplacer l'intervention humaine et agir physiquement à l'échelle locale.

"L’un des freins réside dans la difficulté à faire bouger des organisations pour les faire passer d’anciennes à de nouvelles pratiques, dans la mesure où le travail réalisé par des hommes le serait dorénavant par des machines", assure Olivier Vialle. De quoi faire surgir la menace, réelle, de drones destructeurs d’emplois.

Selon l’expert, un autre frein réside dans le cadre légal définissant les responsabilités de chaque partie prenante. Qui est responsable en cas d’accident faisant intervenir un drone ? Une question en suspens qui laisse entrevoir le futur rôle clé des assurances.

Olivier James

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