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Quand la gauche parle de compétitivité sans tabou et avec imagination

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Le rapport de Louis Schweitzer  et d’Olivier Ferrand, patron de Terra Nova, disparu ce week-end, lance une adresse au gouvernement sur la compétitivité. Il n’évacue pas la question de la compétitivité-coût et avance une intéressante réflexion sur le temps.  

Quand la gauche parle de compétitivité sans tabou et avec imagination © D.R.

Terra Nova, le think tank de gauche, vient d’être frappé par le décès brutal de son fondateur, Olivier Ferrand, emporté par une crise cardiaque à 42 ans.  La veille de ce week-end il venait de rendre public un rapport sur la compétitivité qu’il avait rédigé avec Louis Schweitzer, président d’honneur de Renault. L’intérêt de ce rapport est une preuve de plus de la perte de celui qui venait d’entrer à l’assemblée nationale.

Il montre que la compétitivité n’est pas un concept réservé à la droite et aux patrons et articule une intéressante réflexion sur le temps. Dans leurs 18 propositions Olivier Ferrand et Louis Schweitzer n’hésite ainsi pas à affronter la question de la compétitivité coût même si ils ne limitent pas le sujet à cette question. Ils proposent ainsi de modifier la structure des prélèvements obligatoires pour financer par l’impôt une partie de la sécurité sociale.Sur la nouvelle assiette, ils expliquent qu’elle doit "conjuguer des exigences de justice et de redistributivité mais aussi de rendement."

De même, ils proposent de réserver les exonérations sociales à des secteurs exposés à la mondialisation, c’est-à-dire implicitement l’industrie. Ils considèrent aussi qu’il peut y avoir des accords de compétitivité "gagnant-gagnant" au sein des entreprises, un terrain sur lequel le gouvernement avance avec plus de prudence. Mais il court aussi en filigrane de toutes ces propositions une réflexion sur le temps.

Un temps qu’il faut raccourcir, celui qui ne sert à rien, celui de l’administration lorsqu’elle se penche sur les investissements, ou celui des procédures collectives dans le cadre des PSE. Selon eux, les entreprises perdent plus d’argent dans des délais de procédures que dans les indemnités qu’ils accordent aux salariés licenciés.

Pour l’administration, il propose un chef de file unique pour tous les projets d’investissements et de reprendre les bonnes pratiques d’administrations étrangères. Il existe ensuite un temps qu’il faut stabiliser, celui du cadre juridique et fiscal des entreprises. Les auteurs proposent ainsi d’annoncer Tula reconduite pendant 5 ans du CIR. "Le coût moyen d’un ingénieur (hors CIR) est 15% plus élevé en France qu’en Allemagne. Avec le CIR, il devient l’un des plus attractifs au monde : 30% plus compétitif qu’en Allemagne, 45 % par rapport aux Etats-Unis."

Enfin, il y a un temps qu’il faut allonger : celui de l’investissement. Car l’industrie a besoin de visibilité et de durée pour rentabiliser ces efforts de R&D :  c’est dans cette ambition que l’on peut comprendre des mesures comme le doublement des droits de vote pour les actionnaires de long terme ou la participation des salariés au conseil d’administration.

Le temps c’est ce qui a manqué à Olivier Ferrand pour donner toute sa mesure.

Investir dans l’avenir : Une politique globale de compétitivité pour la France

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