Quand la brésilienne Dilma Rousseff parle du rapport Gallois

Devant un auditoire constitué de dirigeants d'entreprises et de personnalités politiques, la présidente du Brésil, Dilma Rousseff a fait, ce mercredi 12 décembre au Medef, un discours sur les relations économiques entre son pays et l'Hexagone.

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 Quand la brésilienne Dilma Rousseff parle du rapport Gallois

De passage à Paris pour une tournée européenne qui la conduira aussi en Russie, la présidente du Brésil Dilma Rousseff a fait, ce mercredi 12 décembre, à Paris, un passage au Medef. Intervenant en clôture d’un colloque sur les relations économiques France-Brésil, et après une rencontre avec François Hollande la veille, elle a mis en exergue devant un parterre de patrons et d'officiels, la "bonne coopération économique" entre nos deux pays. La France est le cinquième investisseur au Brésil et nos échanges commerciaux ont bondi de 40% depuis 2007. Il y a plus de 450 entreprises françaises implantées dans ce pays, dont la plupart des satars du CAC40.

Mais la locataire du Palácio da Alvorada, le palais présidentiel de Brasilia a appelé à amplifier les relations économiques franco-brésiliennes : "Elles sont excellentes, mais il faut aller beaucoup plus loin. On peut faire plus pour surmonter les obstacles aux échanges, susciter les investissements", a-t-elle affirmé. Alors que le Brésil est confronté à une croissance molle cette année (1,5% prévus par le FMI ), Dilma Rousseff a aussi tenu à rappeler les efforts de son gouvernement pour soutenir l’économie, réduire la pauvreté et poursuivre la montée en puissance de la "classe C" (classe moyenne), comptant désormais plus de 100 millions de personnes.

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Les propositions du rapport Gallois intéressent le Brésil

"Le Brésil ne doit pas être seulement un exportateur de matière première. Nous voulons devenir une nation dotée d’une industrie manufacturière, forte à l’image de ce que nous faisons déjà dans l’aéronautique ou l’automobile. La compétitivité de notre industrie, est essentielle à l’avenir du pays. Je sais qu’elle doit être améliorée." Au passage, la présidente brésilienne dit avoir pris connaissance avec beaucoup d'intérêt du Rapport Gallois sur la compétitivité de l’industrie France. "Cela en a même surpris certains à Paris", s’en est-elle amusé, alors qu’Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, était assis au premier rang. Selon elle, "ce rapport contient des idées et propositions intéressantes qui se rapportent à des problèmes que [le Brésil a] également à résoudre". De fait, la compétitivité extérieure du Brésil a été mise à mal ces dernières années par la hausse continue de sa monnaie, le real, une fiscalité archaïque et pesante et des coûts de production, salaires notamment, orientés à la hausse. Le gouvernement a dû mettre en place plusieurs plans de relance de l’industrie contenant par exemple des exonérations fiscales notamment à l’export… mais aussi certaines mesures de contrôle des importations qui ont déplu aux partenaires commerciaux du Brésil.

Au Medef, Dilma Rousseff, qui intervenait de façon très détendue après une allocution de Laurence Parisot, la patronne de l'organisation patronale, a aussi insisté sur ses projets volontaristes pour relancer l’économie brésilienne qui pèse 2500 milliards de dollars de PIB. "Un des goulots d’étranglement de notre économie, ce sont les infrastructures". Au Brésil, les défaillances en matière de logistique notamment sont souvent dénoncées par le milieu des affaires. Dans certains ports comme Santos, le port de Sao Paulo, les chargeurs doivent souvent attendre des jours, parfois des semaines avant de pouvoir expédier leurs marchandise ou produits agricoles.

Un tacle contre l'austérité

"Nous savons que notre part de l’investissement dans notre PIB reste trop faible (autour de 20% NDLR) mais c’est aussi l’héritage de l’absence d’investissements structurants durant la période de grandes difficultés économiques des années 80", a noté la présidente brésilienne. S’appuyant sur cette histoire, elle a repris la thématique développée hier en présence de François Hollande (et qui a ravi le président français) : "nous sommes bien placés pour savoir que les recettes basées uniquement sur le retour aux équilibre macro-économiques conduisent à l’échec. L’austérité comme seul objectif provoque le chômage et le désespoir". Une pierre indirecte dans le jardin européen à propos du débat entre croissance et rigueur budgétaire… et des positions de la chancelière allemande Angela Merkel.

Mais le Brésil qui dispose de 360 milliards de réserve de change, prête désormais au FMI et va devenir une puissance pétrolière, a retrouvé les moyens de ses ambitions. "De grands projets sont en marche dans le ferroviaire, le secteur portuaire ou routier mais aussi les aéroports régionaux", a martelé la présidente du Brésil. Invitant les entreprises étrangères notamment françaises à y participer, notamment au vu des investissements à venir pour la Coupe du monde football en 2014 et les Jeux Olympiques de 2016. Ainsi selon elle, dans le ferroviaire, le Brésil sera ces prochaines années le deuxième plus gros investisseur au monde derrière la Chine, avec notamment le projet de TGV entre Rio et Sao Paulo et au total 10 000 kilomètres de lignes nouvelles. Alstom, dont le patron de la branche transport Henri Poupart-Lafarge était dans la salle, suit bien sûr l’affaire de près. Le Brésil s’apprête à passer d’ici à fin 2013 deux très important appels d’offre dans le ferroviaire, ainsi que deux autres dans le secteur pétrolier a confirmé Dilma Rousseff. La patronne de Petrobras, Maria das Graças Foster faisait d’ailleurs partie de la délégation brésilienne.

Mais, Avenue Bosquet au siège du Medef, la présidente du pays n’a pas pipé mot du Rafale. Elle avait indiqué hier devant François Hollande que son pays reportait sa décision quant au choix d’un avion de chasse, le temps, selon elle, que l’économie de son pays reparte vraiment de l’avant. Le FMI prévoit 4% de croissance l’an prochain. Ce sera suffisant ?

Pierrre-Olivier Rouaud

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