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Quand L’industrie écrit son futur

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Enquête Depuis la crise de 2008, les entreprises ont décidé de reprendre leur destin en main, en systématisant les démarches de prospective. Individuellement mais aussi, de plus en plus, collectivement.

Quand L’industrie écrit son futur
Le Concept Plane, l’avion du futur imaginé par Airbus. Son design révolutionnaire s’inspire de l’efficacité de la structure osseuse des oiseaux.

Les entreprises citées

La chute d’Enron, la faillite de Kodak, le déclin de Nokia, ce gaz de schiste que personne n’a vu venir et, plus que tout, la crise financière mondiale de 2008 marquée par la fermeture de Lehman Brothers ont réveillé les esprits. Plus question de se laisser surprendre. L’idée du "too big to fail" est dépassée. Plus question de se fier uniquement aux prédictions des économistes et autres grands cabinets de tendances technologiques. Pas assez fiables. "On s’aperçoit qu’il ne suffit plus de prolonger les tendances du passé pour se projeter dans l’avenir", observe François de Jouvenel, le délégué général adjoint de l’association Futuribles International, qui mène des activités de veille et de prospective à moyen et à long terme.

La crise a amplifié le sentiment que l’on vit une période de transition. Il est nécessaire de se projeter dans un monde différent, avec de nouveaux modèles économiques, de nouvelles façons de travailler. Une nécessité d’autant plus grande que de nouveaux entrants, issus du numérique, changent la donne. Décidées à reprendre leur destin en main, les entreprises se sont organisées pour écrire leurs propres scénarios. Depuis cinq ans, Alstom partage ainsi ses projections à vingt ans avec quelques VIP du monde de l’énergie. EADS ne réfléchit plus seulement à l’avion de demain, mais au parcours du voyageur du futur. D’autres industriels encore cherchent, grâce à la prospective, à s’écrire un avenir, comme Air liquide, qui, via son laboratoire multidisciplinaire original, imagine quels seront ses marchés de demain. L’idée étant toujours d’aligner les grandes orientations de l’entreprise sur les scénarios les plus probables.

Si certains communiquent sur leurs réflexions, la plupart considèrent leur démarche prospective comme stratégique et donc confidentielle. Ce qui ne les empêche pas de partager, entre pairs, leurs bonnes pratiques. C’est le cas des membres de Futuribles International, comme Total, EDF, Michelin, Orange, SNCF et Areva. Ou du Cercle des entreprises centenaires, qui ont été créé en 2010 à l’initiative de la Caisse des dépôts et consignations, de Fives, La Poste, Primagaz, la SNCF et Spie, rejoints par Saint-Gobain, DCNS et Pernod Ricard. "Le futur ne sera pas égal à ce que l’on a vécu. On a donc décidé de s’interroger sur la façon dont une entreprise peut se repositionner dans ce nouveau paradigme économique et énergétique", explique Myriam Maestroni, la présidente d’Économie d’énergie et ancienne directrice générale exécutif de Primagaz. Selon elle, la méthode des scénarios est l’une des meilleures face à l’incertitude.

Futur possible et souhaitable

Les grandes entreprises ne sont pas les seules à mutualiser leur vision de l’avenir. Les pôles de compétitivité ont, eux aussi, la mission d’établir des roadmaps technologiques, qu’ils partagent notamment avec les PME adhérentes. Les syndicats professionnels et organismes publics se projettent également dans l’avenir et font connaître leurs réflexions. L’Ademe, EDF et la Caisse des dépôts ont commandé à Futuribles une étude sur les nouveaux modes de production et de consommation, qui sera publiée en février. Les 5 000 directeurs des ressources humaines de l’ANDRH disposent d’un groupe de prospective très actif pour imaginer la transformation de leur métier. Au sein de la Fondation internet nouvelle génération (Fing), entreprises (Orange, Alcatel, Renault…) et institutions s’interrogent depuis trois ans sur le numérique – ses promesses, ses tensions, ses ruptures –, et publie leurs scénarios dans des cahiers d’enjeux, "Question numériques".

Réfléchir au futur possible n’est pas tout. Les entreprises peuvent aussi chercher à établir un futur souhaitable. C’est tout le sens de l’initiative lancée par le Medef à l’été 2013, baptisée "2020 : Faire gagner la France". "Aujourd’hui, l’entreprise a besoin de sens, d’ambition, mais aussi d’une vision, d’un cap, d’où la nécessité d’une démarche prospective", explique Jean-Pierre Letartre, le président d’EY pour la France, le Luxembourg et le Maghreb, qui pilote le projet. Une plate-forme web dédiée a déjà permis de recueillir 1 500 contributions de chefs d’entreprise sur leurs ambitions pour la France. Parallèlement, un rapport des rapports fera une synthèse de toutes les propositions (plus de 400 ont déjà été répertoriées). Les conclusions de cette opération seront communiquées lors de la prochaine université d’été du Medef, à la fin du mois d’août. 

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