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L'Usine de l'Energie

Quand EDF vide un lac géant

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Depuis mai et jusqu’en octobre, l’électricien procède à la vidange du huitième plus grand lac français créé en amont du barrage de Sarrans (Aveyron). L’occasion de réaliser de lourds travaux.

Quand EDF vide un lac géant
Le barrage mis hors d’eau, les ingénieurs peuvent nettoyer et inspecter le contact roche-béton et réaliser des travaux sur les entrées de conduites forcées menant aux turbines.

Sur la terrasse ensoleillée de l’Hôtel des barrages, à Brommat (Aveyron), la patronne parle avec Guilhem Vuarand, le responsable des centrales hydroélectriques d’EDF de la vallée voisine. Dans un sourire, elle lui propose de vider une année sur deux la retenue d’eau du barrage de Sarrans. Mine de rien, l’opération attire les visiteurs. L’ingénieur se réjouit de voir que son gigantesque chantier est si bien accepté. Ce n’était pas gagné en 2010, quand EDF a pris la décision de vider le huitième plus grand lac de France avec ses 35 kilomètres de longueur, ses 100 mètres de profondeur et ses 1 000 hectares de superficie. Et encore moins en 2012, quand la concertation locale a commencé. Les habitants, les professionnels du tourisme, les pêcheurs et les associations environnementales s’inquiétaient de voir l’électricien national vider le lac, de mai à octobre 2014. Remplie en 1934, la retenue d’eau du barrage de Sarrans avait été vidée pour la dernière fois en… 1979.

La vidange a débuté en mai et a duré quatre semaines. Depuis, un paysage lunaire surprend le regard des curieux. Des milliers de troncs d’arbres pétrifiés se dressent dans le sol desséché, qui s’est rapidement couvert de mousses et d’herbes. Ainsi, la vallée semble gigantesque. Il est troublant de marcher au bord de la rivière, la Truyère, qui a retrouvé son lit. Imaginer avoir 90 mètres d’eau au-dessus de la tête n’est pas très rassurant. Mais pour EDF et ses deux principaux prestataires, Alstom et Razel-Bec, il n’est pas question d’admirer ce décor. Ils doivent réaliser de nombreux travaux avant le 17 octobre, date qui, statistiquement, marque le retour des grosses pluies.

Un chantier de 25 millions d’euros

Le principal chantier est le creusement d’une galerie – d’un diamètre de 5,5 mètres pour 120 mètres de longueur – dans la roche granitique au fond du barrage. Elle répond à un besoin réglementaire pour contrôler les crues et permettre des vidanges rapides en cas d’alerte. Une fois creusée, la galerie sera couverte d’une virole blindée pouvant résister à une pression de 9 bar.

À la sortie de la galerie, en aval du barrage, un bâtiment en béton de près de 40 mètres de hauteur a été construit pour accueillir la vanne de la galerie et casser le jet d’eau. En cas d’ouverture, il attaquerait la roche. Cette galerie mobilise 20 des 25 millions d’euros consacrés au chantier. Guilhem Vuarand justifie cet investissement : « Sans ces travaux, le lac devrait être moins rempli pour répondre aux exigences réglementaires. Les investissements réalisés actuellement seront vite amortis et permettront d’optimiser nettement l’autonomie et le rendement sur les turbines. »

Avec les 5 millions d’euros restants, EDF procède à des travaux complémentaires sur la partie habituellement immergée du barrage. Il s’agit, entres autres, de retirer le bois accumulé sur les bords pour inspecter le contact béton-roche, de remplacer l’émail des conduites forcées par une peinture adaptée, les vannes de culot d’origine du barrage. En sus de ces sommes, EDF a dépensé plus de 40 000 euros pour initier plus de 180 activités autour de la vidange : balades, découverte des vestiges du village englouti de Téboul, descente en kayak sur la Truyère, tyrolienne… L’électricien a aussi mis en place un vaste dispositif de communication pour promouvoir l’opération. Outre la réussite technique, EDF veut se prévaloir d’une réussite en termes d’image. « Réaliser une vidange modèle, alors que se profile la mise en concurrence des concessions des barrages hydrauliques français, est plutôt une bonne chose », se félicite-t-on chez EDF. Car à Paris, on est bien décidé à ne pas céder ses édifices à la concurrence, comme le demande Bruxelles.

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