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Quand Arnaud Montebourg se penche sur le modèle américain

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Le modèle industriel Allemand : trop "ancien régime".  Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif  semble s’intéresser aux Etats-Unis. Voici ce que John Bryson, secrétaire au commerce, chargé de l’industrie, dans le gouvernement Obama a pu lui exposer lors d’un déjeuner qu’ils ont eu ensemble aujourd’hui, ce mardi 22 mai.

Quand Arnaud Montebourg se penche sur le modèle américain © Loving earth - Flickr - C.C.

Le gouvernement de Nicolas Sarkozy avait son dada en matière industrielle : le modèle allemand. Arnaud Montebourg, qui veut incarner le changement,  tournerait peut-être lui plutôt le regard vers l’Ouest, du côté des USA.

Son hôte, à l’ambassade des Etats-Unis, le secrétaire d’Etat au commerce, John Bryson, est  co-responsable du "bureau de la politique manufacturière" de la Maison Blanche. Un organe qui intéresse sans doute particulièrement le nouveau ministre du redressement productif car il coordonne, en interministériel,  toutes les initiatives du gouvernement fédéral et de ses agences pour développer l’industrie et sa compétitivité

Le secteur et la reconquête de ses emplois est un sujet majeur pour le président Obama, qui tire déjà aujourd’hui les fruits de son sauvetage de l’industrie automobile en 2008. Mais il veut aller plus loin, convaincu que la production, surtout si elle innove est un levier de croissance pour les Etats-Unis.

Au-delà de la logique interministérielle, Arnaud Montebourg est peut-être aussi intéressée par la méthode américaine (déjà mise en œuvre dans les Investissements d’Avenir en France) qui  mise sur une coordination des efforts de trois monde : le public, le privé et l’académique.

En juin 2011, Barack Obama a ainsi lancé le programme "Advance manufacturing partnership" (AMP) doté de 500 millions de dollar. Il associe universités  de pointe, industriels et gouvernement sur quatre thématiques clés, à l’inverse des logiques de saupoudrage trop souvent apprécié dans notre pays. L’AMP est présidé par le PDG de Dow chemical, Andrew Lewis et la présidente du MIT, Susan Hockfield. Les quatre objectifs du programme sont : l’investissement dans les entreprises liés à la sécurité nationale,  les nouveaux matériaux, la robotique de production et l’efficacité énergétique industrielle.

Plus globalement, le gouvernement de Barack Obama va également plaider auprès de son congrès pour le budget 2013,  le doublement des sommes de recherche d’un certain nombre d’agence gouvernemental proche des industriels comme le NIST ( National Institute of Standard  and technology) ou le Department of Energy office and science.

Le dernier volet de la stratégie industrielle est l’environnement fiscale. L’équipe d’Obama veut réduire l’IS à 28 % avec un taux effectif spécifique de 25 % pour l’industrie manufacturière (qui bénéfice déjà d’un crédit impôt recherche comme en France). Sur la réduction des prélèvements obligatoires des entreprises, les convergences sont sans doute moins évidentes entre John Bryson et  le socialiste qui vient de prendre ses quartiers à Bercy. Mais les 489 000 emplois créés par l’industrie manufacturière aux US entre janvier 2010 et avril 2012 ont de quoi faire saliver le ministre du redressement productif.

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1 commentaire

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23/05/2012 - 10h26 -

Politiquement étonnant : le capitalisme rhénan, à l’origine du redémarrage allemand d’après-guerre, est plutôt un model social-démocrate (les syndicats et les patrons cogèrent l’effort industriel, etc.). Alors que les États-Unis, lorsque qu’un gouvernement républicain (« droite ») est en place, fonctionnent au carburant ultralibéral. Mais résonné, car voilà : tout change. L’Allemagne actuelle tente de glisser vers l’ultralibéralisme (cette mode n’est plus si « tendance », toutefois), que la France de Sarkozy et de Parisot ont applaudi. Par contre, aux Etats-Unis, l’urgence commande au gouvernement démocrate (« centre social»), d’organiser la réindustrialisation autour de nouveaux produits, technologies puis services, en injectant de l’argent dans des programmes ciblés et contrôlés de recherche… En réalité, beaucoup de pays font comme les USA : Allemagne (Web : « Institut Fraunhoffer »), Grande-Bretagne (beaucoup et très discrètement), etc. mettent le paquet dans des programmes de recherche concertés, pensés pour faire réussir leur future nouvelle industrie. L’essentiel pour la France, après des années de mépris global de la recherche publique (Chirac mais surtout Sarkozy l’ont considérée comme un domaine d’intellectuels de gauche) est de se réveiller et de mettre une dose de cheval dans les secteurs clés que nous pouvons explorer. Le crédit impôt recherche ne peut pas être le seul moteur de la recherche, car il ne fait pas le tri entre les secteurs (il n’y a pas de politique de distribution), contrôle peu (par exemple, il profite même aux entreprises étrangères implantées sur le sol français). Exemple magnifique et récent d’efficacité de la recherche publique française : http://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/materiaux-thematique_6342/des-nano-fibres-plastiques-faciles-a-fabriquer-article_72958/?utm_source=ABO&utm_medium=alerte&utm_campaign=tiThematique_6342
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