Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Matières premières

Quand ArcelorMittal menace de fermer des sites à cause des quotas de CO2

Olivier James , , , ,

Publié le

Le sidérurgiste s’inquiète de devoir réduire davantage ses émissions de CO2 dans les prochaines années. Les dirigeants mettent en avant la menace qui pèse sur la compétitivité de l’acier européen.


Production d'acier chez ArcelorMittal - DR

Alors que la COP21 cristallise toutes les attentions, un sujet moins médiatisé occupe tout autant – sinon plus – certains industriels : celui de la réforme du système d’échanges de quotas de CO2 (ETS). Plombé par un prix du carbone au ras des pâquerettes, ce marché européen sans équivalent dans le reste du monde de par son ampleur concerne les plus grands émetteurs de gaz à effet de serre. La volonté de la Commission européenne de rendre la quatrième phase (2020-2030) plus contraignante inquiète certains industriels. C’est le cas du géant de la sidérurgie ArcelorMittal.

C’était le 5 octobre, à Paris : ce jour-là, des dirigeants du groupe présentent la politique de développement durable de l’entreprise. En fin de matinée arrive Aditya Mittal, le directeur financier d’ArcelorMittal. Très vite, il fait part de ces craintes au sujet des quotas. "Nous continuons de réduire nos émissions de CO2, commence le dirigeant, fils de Lakshmi Mittal qui possède le sidérurgiste. Mais l’ETS ne va pas réduire les émissions de CO2, il va surtout inciter à redéployer des sites industriels hors d’Europe. Cette démarche doit s’opérer à l’échelle mondiale, sinon le risque que l’acier européen ne soit plus compétitif va être important".

Des spécificités industrielles bien réelles

Aditya Mittal réagit à la volonté de la Commission européenne, dévoilée le 15 juillet dernier, de réformer un système à bout de souffle. L’objectif fixé est d’atteindre en 2030 une réduction de 40% des émissions de CO2 par rapport à 1990. "L’ETS n’est plus adapté, commente Aditya Mittal. Ce système représentera pour le secteur européen un surcoût compris entre 5 et 10 milliards de dollars". Et le dirigeant de brandir la menace : "il y aura des fermetures de capacités". Sans préciser s’il s’agira de sites ArcelorMittal ou non. En aparté, les dirigeants du groupe mettent en avant les spécificités de leur secteur, que de trop lourdes contraintes pourraient mettre en péril.

"Nous avons réalisé des efforts, aujourd’hui nos capacités de réduction sont moindres", atteste un dirigeant du groupe. Et de remettre en cause les méthodes de calculs employées pour fixer les quotas de CO2, "qui ne sont pas adaptées à la complexité des process de production de l’acier". D’autant que les émissions de CO2 proviennent à la fois de l’énergie consommée et de réactions physico-chimiques en jeu, à l'instar de la cimenterie. Les risques de voir augmenter les importations d’acier seraient donc très élevés, tant le transport maritime de bobines d’acier et de produits plats est peu onéreux.

Les spécificités du secteur sidérurgique sont réelles, les risques de perte de compétitivité face à la production hors Europe également. Mais la Commission européenne ne manquera sans doute pas de faire remarquer que le système d’échanges de quotas de CO2 a été jusque-là plutôt favorable à ArcelorMittal. En raison de la baisse de production engagée dès 2008, le sidérurgiste a, plusieurs années de suite, engrangé des montants annuels parfois supérieur à la centaine de million d’euros grâce à la vente de ses surplus de quotas. La Commission européenne donne l’impression de vouloir cette fois-ci imposer de réelles contraintes. Au risque, peut-être, de pénaliser le secteur.

Olivier James

Réagir à cet article

2 commentaires

Nom profil

28/10/2015 - 13h49 -

@fondesvallees
Puis ensuite subventionner l'industrie sidérurgique européenne. Comme ça la boucle sera bouclée.
Règlementer tout ce qui bouge. Taxer tout ce qui bouge encore. Subventionner ce qui ne bouge plus. Les 3 étapes de l'intervention de l'état (ou de l'europe en l'occurence).
Répondre au commentaire
Nom profil

28/10/2015 - 08h12 -

Il n'y a qu'à taxer les importations venant de l'extérieur de l'Union Européenne pour compenser le prix du carbone en Europe !
Répondre au commentaire
Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

1000 INDICES DE REFERENCE

  • Vous avez besoin de mener une veille sur l'évolution des cours des matières, la conjoncture et les coûts des facteurs de production
  • Vous êtes acheteur ou vendeur de produits indexés sur les prix des matières premières
  • Vous êtes émetteur de déchets valorisables

Suivez en temps réel nos 1000 indices - coût des facteurs de production, prix des métaux, des plastiques, des matières recyclées... - et paramétrez vos alertes personnalisées sur Indices&Cotations.

 

LES DOSSIERS MATIERES

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle