Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Qualcomm contre-attaque Séoul et réclame la levée des sanctions à son encontre

Ridha Loukil , , ,

Publié le

Condamné en Corée du Sud à une amende de 865 millions de dollars pour abus de position dominante, le géant américain des puces mobiles Qualcomm contre-attaque l’autorité coréenne de la concurrence en justice, en inscrivant sa décision dans le scandale politique qui secoue le pays. Pas sûr que le stratagème fonctionne.

Qualcomm contre-attaque Séoul et réclame la levée des sanctions à son encontre © Julien Bergounhoux

Contre-offensive de Qualcomm.  Un jour avant l’expiration du délai de recours en appel, le géant américain des puces mobiles contre-attaque en justice la KFTC, l’autorité de surveillance de la concurrence en Corée du Sud, qui lui a infligé en décembre 2016 une amende de 1030 milliards de wons, l’équivalent de 865 millions de dollars, pour abus de position dominante dans l’attribution de licences de ses brevets dans les technologies cellulaires 3G et 4G. Il  lui reproche un traitement inéquitable et réclame de la justice la suspension des sanctions décidées à son encontre.

baisse des redevances des brevets

Qualcomm joue gros. Selon TrendForce, Samsung Electronics et LG Electronics, les deux principaux constructeurs coréens de mobiles, représentent 28,3% des livraisons de smartphones en 2016. Selon The Korea Herald, ils paient au groupe américain 1500 milliards de wons, près de 1,3 milliard de dollars par an, en redevances de brevets. Un niveau que la KFTC juge exorbitant.

L’autorité coréenne de la concurrence exige que Qualcomm revoit à la baisse ses conditions de licence, comme il l’a fait en Chine où il a baissé d’un tiers ses redevances après avoir été condamné, en février 2015, à une amende de 975 millions de dollars. C’est ce que le groupe californien veut éviter à tout prix, de crainte que le cas coréen ne serve d’exemple à d’autres régions du monde où il fait l’objet de poursuites, comme Taiwan, l’Union européenne ou les Etats-Unis.

Révolte d'Apple

Depuis novembre 2016, la Corée du Sud est plongé dans un scandale de corruption politique impliquant justement plusieurs conglomérats industriels, dont Samsung et LG. Qualcomm en profite en inscrivant l’action dont il fait l’objet de la part de la KFTC dans des agissements répondant aux intérêts industriels. L’un des vice-présidents de la KFTC est d’ailleurs interrogé par les jugés d’instruction sur ses liens avec Samsung.

Le chaos politique actuel à Séoul profite à Qualcomm. Mais pas sûr qu’au final son stratagème fonctionne. Sa politique d’attribution de licences de ses technologies mobiles est décriée de plus en plus par les autorités de la concurrence mais aussi par les constructeurs. C’est ainsi qu’Apple, son plus grand client, excédé par le montant jugé abusif des redevances qu’il paie, le poursuit aux Etats-Unis et en Chine.

Gros enjeux financiers

L’enjeu financier pour Qualcomm est considérable. Car si les redevances perçues au titre de l’utilisation de ses technologies mobiles 3G et 4G ne représentent que 20% de son chiffre d’affaires total (23,5 milliards de dollars sur l’exercice fiscal clos en septembre 2016), elles lui rapportent 70% de son bénéfice d’exploitation (7,8 milliards de dollars sur le dernier exercice fiscal). Une manne que le groupe juge indispensable pour contrebalancer l’inexorable déclin de ses revenus de vente de puces.

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle