Qu'y a-t-il à "voler" dans les ordinateurs d'Areva ?

L'information n'est révélée que maintenant, en cette fin du mois de septembre 2001, mais le groupe Areva a été la cible de pirates informatiques ces deux dernières années. Officiellement, aucune donnée stratégique n'a été récupérée. Tour d'horizon des informations sensibles du groupe.

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Qu'y a-t-il à

Chez Areva, aujourd'hui, l'annonce d'un piratage informatique au long court mobilise mais ne surprend pas. Les salariés, à tous les niveaux de fonctions, sont sensibilisés à l'espionnage et à l'intelligence économique à travers le programme PIGA (Protection des Informations du Groupe Areva). Dans les locaux, on ne doute pas que seules des informations non-stratégiques aient été touchées ; c'est-à-dire celles qui circulent sur le "réseau commun d'infrastructure, un réseau qui permet l'échange d'informations non critiques entre les différentes entités du groupe".

Ces informations non stratégiques sont constituées essentiellement de plans généraux d'installations partagées par de nombreux industriels, des données sur l'environnement économique du monde de l'énergie et du monde nucléaire, de programmes de recherche… Les informations stratégiques sont quant à elles de trois niveaux.

Il s'agit d'abord des informations commerciales. Areva, contrairement à certains de ses concurrents américains, s'est toujours refusé à réaliser des transferts de technologies, notamment avec les pays asiatiques. Ainsi, les plans de son EPR, de ses générateurs de vapeurs et d'autres pièces de l'îlot nucléaire, fruit de 20 ans d'ingénierie, sont ses biens commerciaux les plus précieux.

Des cyber-attaques de plus en plus fréquentes

Ensuite viennent les informations sur le combustible, les déchets et le plutonium. Ces matériaux radioactifs, dont certains peuvent être utilisés à des fins militaires et terroristes, doivent être protégés dans leurs zones d'entreposage. Mais plus encore, c'est le transport qui doit être organisé avec soin en garantissant un haut niveau de sécurité.

Enfin, viennent les activités militaires. Regroupées au sein d'Areva TA (Technicatome), elles sont assez limitées. Il s'agit principalement de participer au design des réacteurs des sous-marins nucléaires français, une activité réalisée au côté de DCNS.

Ce type d'informations n'est pas une exclusivité d'Areva. Ce sont des secrets que tous les groupes industriels nucléaires protègent de cyber-attaques de plus en plus fréquentes aujourd'hui. Ainsi, le 20 septembre dernier, le fabricant japonais MHI reconnaissait avoir été piraté… une attaque plus sensible que celle d'Areva car le groupe japonais est aussi expert en armement.

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