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L'Usine Aéro

Qu’est ce qui est kaki, ne vole pas et coûte un pognon de dingue ?

Hassan Meddah , ,

Publié le

2 hélicoptères militaires sur 3 ! En 2017, sur les 467 machines, 300 étaient immobilisées au sein des armées ou chez les industriels. Dans le même temps, les dépenses de maintenance ne cessent de croître à près de 6% par an.

Qu’est ce qui est kaki, ne vole pas et coûte un pognon de dingue ?
Pièces de rechange indisponibles, manque de mécaniciens, appareil en visite d'entretien ou de mise à niveau... expliquent le taux d'indisponibilité record des hélicoptères militaires.
© Armée terre

Le constat est sans appel. Seul un hélicoptère sur trois est aujourd’hui en mesure de décoller. C’est la conclusion accablante du rapport du sénateur Dominique de Legge rendu public le 12 juillet, au terme de son contrôle budgétaire sur le parc des hélicoptères des armées.

En 2017, sur les 467 machines, 300 étaient immobilisées au sein des armées ou chez les industriels. Pièces de rechange indisponibles, manque de mécaniciens, opérations d’entretiens ou de mise à niveau… expliquent cette indisponibilité catastrophique.

Dans le même temps, les dépenses associées à leur maintenance en condition opérationnelle (MCO) ne cessent d’augmenter : elles ont cru de plus de 56% entre 2009 et 2017. Le coût de la maintenance de la flotte s’élève à 645 millions d’euros, soit 1,5% du budget des armées. Le rapport critique le vieillissement de certaines flottes : les Puma de l’armée de terre ont 43 ans d’âge moyen, l’Alouette III de la marine 45 ans.

Des missions annulées

La situation est d’autant plus préoccupante que les hélicoptères sont indispensables aux missions. "L'hélicoptère c’est le couteau suisse de l’armée de Terre. Il permet de se projeter, d’observer, d’attaquer, de venir en appui aux troupes au sol... Sans hélico, les militaires ne peuvent pas faire grand-chose", explique Dominique de Legge. Selon le sénateur, l’indisponibilité du matériel empêche de réaliser la moitié des missions les plus exigeantes.

Le rapport met en lumière les raisons de cette situation : une sur-sollicitation des machines du fait de l’intensité des opérations extérieures, des flottes hétérogènes, une organisation du MCO complexe et peu efficace… Le parc compte une douzaine de flottes distinctes (Gazelle, Fennec, Puma, Caracal, Tigre, Alouette III, Pedro Panther, EC225…). Les industriels, privés comme étatiques, en prennent pour leur grade du fait de leur manque de coordination, d’une qualité questionnable et inégale de leurs prestations, de marges confortables...

Homogénéiser la flotte

Pour redresser la situation, la ministre des Armées a frappé du poing sur la table. Florence Parly a lancé un plan de modernisation du MCO aéronautique en s’appuyant sur une nouvelle direction de la maintenance aéronautique directement placée sous la tutelle du chef d’état-major des armées.

Parmi les premières mesures : la responsabilisation accrue des industriels à travers des contrats plus longs et élargis au périmètre d’une flotte complète. Pour homogénéiser la flotte, le rapport préconise d’accélérer l’entrée en service du futur hélicoptère interarmées légers (HIL) qui doit remplacer à terme six flottes actuelles. Toutefois, contraintes budgétaires oblige, la loi de programmation militaire a repoussé les premières livraisons de 2024 à 2028. La bataille de la maintenance n’est pas prête d’être gagnée.

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