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L'Usine de l'Energie

Qu'est-ce que le gaz bio-sourcé, lancé par Butagaz et Global Bioenergies ?

Aurélie Barbaux , , ,

Publié le

Butagaz a mis en vente les vingt premières bouteilles de gaz bio-sourcé sur son point vente de Benfeld en Alsace. Une première française, qui pose questions.

Qu'est-ce que le gaz bio-sourcé, lancé par Butagaz et Global Bioenergies ? © DR

Ne pas confondre biogaz et gaz bio-sourcé. Le premier est du biométhane, l’équivalent du gaz naturel obtenu par méthanisation de matières organiques, déchets agricoles ou autres, après purification. Le second est un mélange de butane ou propane, avec 10 à 15% du bio-isobuthène, une molécule proche de celles que l’on trouve dans les gaz en bouteille, produite par l’entreprise innovante française Global Bioenergies à partir de betterave à sucre.  Un peu comme les biocarburants, qui ne sont pas de l’essence ou du diesel produit à partir de produit organique, mais un mélange de ces hydrocarbures et de bioéthanol ou de biodiesel, produits eux à partir de produit organiques comme l’huile de palme ou les résidus de marc de raisin.

Une sorte de biocarburant

L’intérêt du gaz biosourcé est donc le même que celui des biocarburants : afficher un bilan carbone un peu moins mauvais que celui du gaz d'origine 100% fossile, en réduisant les émissions globales de CO2. Global Bioénergies a demandé à la société Evea de réaliser l’analyse du cycle de vie de son produit bio-isobuthène pour ses différentes utilisations. Elle est en cours. Inséré dans les bouteilles ou citerne de butane et propane, le bio-isobuthène générerait à grande échelle "un gain de CO2 jusqu’à 40% du champ à la combustion", précise Marc Delcourt, le pdg de Global Bioénergies. Utilisé en association avec du bioéthanol (lui aussi obtenu à partir de sous-produits agricoles) pour produire de l’ETBE (éther éthyle tertiobutyle), un équivalent à l‘essence de voiture, il permettrait une réduction de 69% des émissions de gaz à effet de serre par rapport à l’essence fossile, affirme Global Bioénergies dans un communiqué.

En incorporant du bio-isobuthène dans ses bouteilles de gaz, Butagaz cherche donc un moyen de verdir son gaz. Ce serait le seul moyen pour l’instant. "Aujourd’hui, on ne met pas de biométhane en bouteille ou en citerne, car celles que l’on fait manipuler aux clients ne supporte pas la pression nécessaire pour le comprimer ou le liquéfier comme dans le GNV (gaz naturel pour véhicule)", explique Marc Delcourt. On pourrait le faire, mais la filière industrielle n’existe pas, encore du moins. Une chance pour son entreprise, qui cherche des débouchés à son produit issu d’une technologie innovante utilisant des bactéries pour transformer la betterave à sucre.

Seule solution pour verdir le gaz en bouteille

Un produit, qui n’est pas encore vraiment produit industriellement. Après un pilote en France, Global Bioénergies a trouvé les fonds pour installer un démonstrateur en Allemagne. D’une capacité maximale de 100 tonnes par an, il n'a produit qu’une tonne mais devrait monter à 10 tonnes. Pour passer à l’échelle industrielle, en 2015, Global Bioénergies a fondé une co-entreprise avec Cristal Union, le deuxième sucrier français et quatrième européen. Deux sites en Champagne sont à l’étude pour installer "une usine qui produirait 50000 tonnes par an, soit l’équivalent de 1% de la consommation d’essence en France", a calculé le PDG de Global Bioénergies. Selon lui, la production pourrait démarrer d’ici trois ans, en 2020 ou 2021. Elle servirait les différentes filières industrielles intéressées par l’isobuthène comme la cosmétique (Global Bioenergies a livré un premier lot à l’Oréal en novembre 2017), la peinture, le caoutchouc, l’essence et le maintenant le gaz…

Enfin, si l’Europe n’interdit pas définitivement les biocarburants de première génération, c’est à dire incorporant des bioadditifs obtenu à partir de culture agricole et non uniquement de leurs résidus ou déchets.  "Il y a effectivement un débat en Europe", reconnait Marc Delcourt. Mais ce dernier se veut confiant. "Aujourd’hui les sucriers s’adaptent à la fin des quotas. Ils ont planté 20% de surfaces supplémentaires et cherche des débouchés", explique-t-il. Mais les besoins des uns ne concordent pas forcement avec les soucis environnementaux des autres. 

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