Qu’est-ce que la Recherche veut changer à l’Innovation ?

 

 

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Qu’est-ce que la Recherche veut changer à l’Innovation ?

"Où est l’innovation ?" C’est la deuxième question que Geneviève Fioraso a posée à Jean-Marc Ayrault, lorsqu’il l’a appelée pour lui proposer le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. "La première, était bien sûr liée à ma capacité à assurer la fonction", raconte la ministre, qui précise. « Lorsqu’il m’a expliqué que l’innovation était avec les PME et le numérique, cela m’allait très bien ». Pour autant, pas question pour celle qui était responsable de l’innovation dans l’équipe de campagne de François Hollande, de se désengager. "J’ai organisé le premier déjeuner interministériel avec Fleur Pellerin et Arnaud Montebourg, pour faire très vite des choses. Et jusqu’à maintenant, le caractère collectif de l’approche des questions liées à l’innovation n’a pas failli". De fait, difficile d’exclure le ministère de la recherche des problèmes lié à la valorisation, au crédit impôt recherche, aux investissements d’avenir et même à l’avenir des pôles de compétitivité.

Et sur certains de ces sujets, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a des idées bien tranchées. Pour le crédit impôt recherche par exemple : "Il ne faut pas opposer grandes entreprises et PME". Mais elle est la première à tacler une très grande entreprise de l’énergie "qui ne paie pas d’impôts en France, fait financer par le CIR des travaux de recherche réalisés par un laboratoire étranger connu pour faire du transfert de technologies vers les pays émergents, et qui préfère racheter une entreprise étrangère dans les énergies renouvelables." Suivez son regard. Il faut identifier tous ces effets d’aubaine, rediriger ces aides vers PME et ETI et surtout penser à nouveau filières. Pas grandes filières à la De Gaulle, mais sur des secteurs émergents, comme les énergies nouvelles. En cela, elle rejoint Fleur Pellerin, ministre déléguée en charge des PME, de l’Innovation et de l’Economie numérique, qui ne cesse de critiquer le saupoudrage des aides, et appelle à plus de ciblage.

Même verve de Geneviève Fioraso à l’encontre des nouvelles sociétés d’accélération de transfert de technologie (SATT), et nouveaux instituts de recherche technologique (IRT) avec leurs pendants pour les énergies décarbonées (IEED) tous nés des investissements d’avenir, qui viennent largement complexifier les paysages. "Les investissements d’avenir ne sont pas assez sur le long terme. Et pour certains, ils se sont substitués à des budgets récurrents." Surtout, ils auraient entraîné la recherche appliquée dans une frénésie des appels d’offres et utilisé les ressources des chercheurs, plus dans l’ingénierie des projets que dans leurs travaux de recherche. « Il ne faut pas créer de fondation, là où il en existe déjà. Et la ministre de se féliciter par exemple de l’option prise par l’IRT Nanoelec de Grenoble, qui a détourné les règles de gouvernance imposées par le Commissariat aux investissements d’avenir et a monté un institut de recherche mutualisé en réutilisant un consortium existant et les laboratoires de ses membres.

En filigranes, on comprend bien, que certains projets pourraient être réétudiés. "J’ai déjà rencontré Louis Gallois (le nouveau président du Programme des investissements d’avenir) et nous avons déjà un petit groupe de travail pour voir comment on peut réexaminer les projets engagés, pour aller, plus ou pour simplifier."

On l’aura compris, la Recherche ne va pas laisser l’innovation tranquille.

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