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L'Usine Agro

La pêche électrique suscite de nouveau des remous

Franck Stassi , ,

Publié le

Enquête Le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert a rappelé l’opposition de la France à la pêche par impulsion électrique. Pourtant, celle-ci est quasi-exclusivement utilisée par les pêcheries néerlandaises. L’Usine Nouvelle fait le point sur les enjeux de cette technique.

La pêche électrique suscite de nouveau des remous

Non content de mener la fronde contre la baisse du budget de la Politique agricole commune, le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation Stéphane Travert a réaffirmé, lundi 18 juin, son opposition à la pêche à impulsion électrique. "Je viens de rappeler notre opposition à la pratique de la pêche électrique qui ne peut constituer une solution ni une innovation", a-t-il twitté dans la foulée du Conseil des ministres de l’Agriculture et de la Pêche de l’Union européenne.

Le même jour, une trentaine de pêcheurs exprimait leur désapprobation quant à cette technique sur le port de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), parallèlement à des actions en Belgique, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Italie et aux Pays-Bas, à l’appel de l’organisation non-gouvernementale Bloom, spécialisée dans la préservation des ressources marines.

Le 14 juin, le Parlement européen avait quant à lui rejeté un acte délégué proposé par la Commission européenne, ayant pour objectif de permettre la pratique de la pêche électrique dans certaines zones de la Manche et de la mer du Nord au large des côtes belges. Il s’était déjà prononcé le 16 janvier contre le recours à la pêche par courant électrique impulsionnel.

Les Pays-Bas, principaux utilisateurs

Cette forte agitation politique masque, pourtant, un recours limité à ce type de pêche dans l’Union européenne. Interdite en 1998, la pêche électrique a été à nouveau autorisée sous forme de dérogations à partir de 2007, à hauteur de 5% des chalutiers à perches par État membre. Elle est utilisée quasi-exclusivement par des bateaux néerlandais ainsi que des bateaux belges contrôlés par des capitaux néerlandais. Une pêcherie pêche de la sole en mer du Nord, sur de grands navires d’une taille de de 20 à 40 mètres. Une autre pêcherie cible pour sa part la crevette grise sur des zones plus côtières au moyen de bateaux de moins de 20 mètres. Moins de 0,1% de la flotte européenne est concernée. Cette nouvelle technique a permis à des bateaux néerlandais d’explorer de nouvelles zones, notamment vers Dunkerque et Boulogne, précise un acteur du secteur.

Couramment utilisé, le terme de "pêche électrique" s’applique, ici, à une pratique bien différente de l’électropêche, qui consiste à envoyer du courant en pleine eau.  Les bateaux concernés ont recours à la pêche à impulsion électrique - une pêche au chalut à perche pour laquelle de l’électricité peut faire sortir le poisson du sédiment - à la place de dispositifs lourds, tels que des chaînes qui pénètrent dans le sédiment. De grands câbles en caoutchouc permettent de "faire sortir" le poisson sur une pêche de fond. In fine, le poisson doit rester vivant. Nécessitant de lourds investissements au démarrage, cette pratique doit permettre d’abaisser la consommation de carburant et d’être plus sélectif quant aux espèces drainées.

Dans une note publiée en mai, le Conseil international pour l’exploration de la mer, invité par les Pays-Bas à se pencher sur la question, explique que "le taux de blessures infligées par un impact mécanique sur le poisson pendant le processus de capture est susceptible d'être plus faible chez les chaluts à impulsion que dans les chaluts à perche traditionnels".

Les informations disponibles sur le seuil de détection des organismes vis-à-vis du courant électrique restent encore lacunaires, reconnaît toutefois l’organisme. L’ONG Bloom estime quant à elle que "la pêche électrique est devenue le symbole des arbitrages biaisés des pouvoirs publics en faveur des lobbies de la pêche industrielle puissants et surreprésentés politiquement".

D'autres techniques employées en France

La sélectivité des espèces, le nerf de la guerre en matière de gestion des ressources, est aussi au cœur des préoccupations des pêcheurs français. Ceux-ci s’appuient sur d’autres techniques (mailles carrées, panneaux à langoustines…), notamment développées par l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer). "Les pêcheurs français ne passent pas à l’électrique parce qu’ils n’utilisent que marginalement les chaluts", rappelle un professionnel.

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