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Puig pense rendre Jean-Paul Gaultier rentable avant 2016

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Publié le

par Pascale Denis et Astrid Wendlandt

PARIS (Reuters) - Puig entend prendre le temps nécessaire pour développer la marque Jean-Paul Gaultier et pense en faire une maison de couture rentable avant 2016, a déclaré le PDG du groupe catalan de parfums et de mode.

Puig vient de prendre le contrôle majoritaire de la griffe française en rachetant à Hermès les 45% que ce dernier détenait dans la société ainsi qu'une fraction de la participation du couturier.

"Notre priorité n'est pas de faire de Jean-Paul Gaultier une société rentable, mais de développer une très belle marque", a déclaré mercredi à Reuters Marc Puig, PDG du groupe espagnol, lors d'une interview.

Prié de dire si la société serait rentable avant 2016 - date à laquelle la licence sur les parfums Jean-Paul Gaultier détenue aujourd'hui par le japonais BPI (groupe Shiseido) arrivera à échéance - il a répondu "oui".

Les modalités précises de la transaction n'ont pas été dévoilées. Mais de source proche du dossier, on indique que le couturier célèbre pour ses marinières, ses bustiers à cônes et sa haute-couture ultra-sophistiquée, a cédé 10% de sa griffe, ramenant ainsi sa participation à 45%.

Marc Puig n'a pas souhaité donner de précisions sur les investissements qu'il entendait réaliser dans la maison de couture mais s'est dit "très patient".

"L'important, c'est d'abord de prendre les bonnes décisions", a-t-il dit, ajoutant que Jean-Paul Gaultier s'intégrait "parfaitement" au portefeuille de Puig.

LES PARFUMS EN LIGNE DE MIRE

Interrogé sur de prochaines ouvertures de boutiques en Asie, Marc Puig a répondu qu'il voulait d'abord passer en revue l'ensemble de la griffe et travailler avec son créateur.

"Il y a clairement un potentiel pour les marques de luxe dans cette partie du monde. Il faut être sûr d'avoir les produits et les infrastructures adaptées. C'est notre projet (...) Cela peu prendre du temps", a-t-il ajouté.

Jean-Paul Gaultier tire l'essentiel de ses revenus des royalties sur ses licences de prêt-à-porter et de parfums et a réalisé en 2010 un chiffre d'affaires de 26 millions d'euros, contre 23 millions un an plus tôt. Déficitaire, la société accusait une perte de 29 millions l'an dernier.

Ses parfums, qui comptent des best-sellers comme Le Mâle, un jus masculin dans un flacon en forme de buste musclé, constitue un actif de choix pour le groupe espagnol qui tire plus des deux tiers de ses revenus du parfum.

"Nous parlerons à Shiseido en temps voulu", a simplement indiqué Marc Puig.

Le groupe catalan, détenu par la famille du même nom, fabrique sous licence les parfums de marques de luxe comme Prada, Adolfo Dominguez, Comme des Garçons, mais aussi ceux des chaînes de prêt-à-porter comme Zara (groupe Inditex) ou Mango. Il est également propriétaire des maisons de couture Carolina Herrera, Nina Ricci et Paco Rabanne.

Son chiffre d'affaires a atteint 1,2 milliard d'euros en 2010, pour une rentabilité opérationnelle de 13% et un bénéfice net de 130 millions d'euros.

Il revendique une part de 7% sur le marché mondial du parfum, dominé par le géant mondial Givaudan, mais aussi par Procter & Gamble, Coty et L'Oréal.

Avec la reprise de Jean-Paul Gaultier, Puig ancre encore davantage son activité dans le segment du luxe.

Il vient en effet de vendre "Maja", une très ancienne marque de savons bien connue des Espagnols, après avoir cédé des gels de douche au groupe allemand Etienne Aigner.

PEU D'IMPACT SUR HERMÈS

La prise de contrôle de la griffe française par Puig n'a guère surpris. Le groupe était le mieux placé pour racheter les 45% qu'Hermès voulait vendre, avait-on indiqué à Reuters début avril, de sources proches du dossier.

Le couturier souhaitait trouver un partenaire pour accélérer le développement de sa marque à l'international, tout en conservant une participation au capital de son entreprise.

L'opération n'aura que peu d'impact financier sur Hermès.

Les liens entre le sellier et Jean-Paul Gaultier s'étaient déjà distendus en mai 2010. Quelques semaines après la disparition de Jean-Louis Dumas, emblématique patron d'Hermès qui avait choisi en 2003, à surprise générale, le styliste iconoclaste pour dessiner le prêt-à-porter féminin du groupe, Jean-Paul Gaultier quittait son poste chez Hermès pour être remplacé par Christophe Lemaire, venu de chez Lacoste.

Edité par Jean-Michel Bélot

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