PTC/User 2010: "Nous voulons revigorer notre offre de CAO"

A l'occasion de sa conférence annuelle, PTC s'est félicité hier de ses avancées dans le PLM, n'hésitant pas à critiquer au passage les performances de ses concurrents Dassault Systèmes, SAP et Siemens PLM. Mais l'éditeur américain s'est montré beaucoup plus mitigé sur ses résultats dans la CAO. Un secteur où il veut trouver un second souffle.

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PTC/User 2010:

Cette année, la tonalité des annonces de PTC pour sa grande conférence annuelle - le PTC/User, organisé du 7 au 8 juin 2010 à Orlando, en Floride - oscille entre le triomphalisme sur le marché des logiciels de gestion du cycle de vie des produits (PLM, pour « Product Lifecycle Management) et une déception - relative - sur celui des outils de conception assistée par ordinateur (CAO). Un segment de marché où l'éditeur espère re-dynamiser prochainement les ventes de ses logiciels Pro/Engineer et CoCreate (environ 50% de son chiffre d'affaires), via un nouveau projet « Lightning » (« éclair », en anglais).

Les contours dudit projet, qui sera dévoilé en détail le 28 octobre, restent pour l'instant assez flous. Mais Jim Heppelman, nouveau PDG du groupe, affirme déjà qu'il devrait aider PTC à « revigorer » son offre de CAO et s'avérer structurant pour les vingt prochaines années. Comment ? « Je ne peux pas en dire plus pour l'instant », répète le PDG, en se bornant pour l'heure à en souligner les grands objectifs.

Nouvelle approche de la CAO

« Qu'il s'agisse de Pro/Engineer [modélisation paramétrique] ou de CoCreate [modélisation explicite], nous n'avons pas été en mesure d'atteindre les niveaux de croissance que nous aurions aimé atteindre avec nos outils de conception assistée par ordinateur », a reconnu Jim Heppelman lors d'une séance plénière. D'aucuns parlent d'un marché « mature », « statique », voire « saturé » et en voie de « banalisation » (la plupart des éditeurs enregistrent de faibles niveaux de croissance sur ce segment). Selon le PDG, la vérité est ailleurs : elle est liée à la nature même des produits existants, qui répondent aux attentes des spécialistes « formés » mais restent trop élitistes pour Monsieur Tout-le-monde. Autre obstacle au développement de la CAO : les entreprises ont historiquement eu à choisir entre « des outils 2D, des outils 3D paramétriques ou des outils 3D explicites ». Ce qui signifie que leurs salariés se sont souvent vu imposer l'une ou l'autre de ces solutions, plus ou moins adaptée à leurs compétences.

Le projet « Lighting » tirera-t-il un trait sur les frontières entre les trois types d'outils ? C'est à n'en pas douter l'un de ses grands objectifs, aux côtés de la « simplification » de l'offre de CAO, de l'amélioration de son « interopérabilité » avec les autres grands outils du marché, et de son optimisation pour la gestion d'assemblages plus conséquents que par le passé. « En tant que nouveau PDG ayant un intérêt particulier pour la technologie [après avoir fondé Windchill, racheté par PTC en 1998, il a successivement occupé les postes de directeur technique et de directeur des opérations du groupe], je souhaite à nouveau mettre l'accent sur la CAO », a martelé Jim Heppelman. « Car PTC a toutes les ressources humaines et les compétences qu'il faut pour changer la donne sur ce marché ».

L'éditeur tire à boulets rouges sur ses concurrents

Côté PLM, une nouvelle version de la plate-forme Windchill (la version 10.0) devrait sortir d'ici début 2011. Et le PDG est encore plus enthousiaste : « Les entreprises recommencent à investir dans les applications. La gestion du cycle de vie des produits est à mon sens bien placée dans la liste de leurs priorités. De plus, lorsqu'elles investissent dans le PLM, PTC remporte un nombre disproportionné de contrats ». Et ce, selon lui, au détriment de ses concurrents, à commencer par l'éditeur français Dassault Systèmes.

Selon Jim Heppelman, « même s'il faut reconnaître que Dassault Systèmes a enregistré de très bonnes performances financières depuis plus de dix ans, son avenir n'est pas radieux » : la V6 (la dernière version en date de la plate-forme de PLM de Dassault Systèmes) « n'a pas l'air d'une V6 mais ressemble à une V5 à laquelle ils ont greffé MatrixOne » (l'offre de PLM issue du rachat de l'éditeur américain éponyme en 2006), estime-t-il. « Je pense que l'idée de Dassault Systèmes était d'incorporer MatrixOne à la V5 pour forcer ses clients à acheter le PLM. Le problème est que les clients cherchent encore l'innovation », a-t-il estimé. Quant aux performances financières, le PDG reconnaît que « Dassault va certainement accroître ses résultats cette année ». Mais il s'empresse d'ajouter qu'il ne s'agit « pas d'une croissance organique mais essentiellement d'une croissance artificielle, acquise au détriment de ses revendeurs » : « Les résultats 2010 de Dassault Systèmes intègrent désormais ceux de la branche d'IBM historiquement chargée de la revente des solutions Dassault Systèmes » .

S'il est particulièrement attaqué, l'éditeur français n'est pas le seul visé. Mais les autres concurrents du groupe - eux aussi étrillés par le PDG – bénéficient d'un peu plus de considération. « Avec TeamCenter, Siemens est de notre point de vue un meilleur concurrent sur le marché du PLM, même s'il continue de perdre du terrain, au point que son activité dans ce domaine devient presque invisible », a par exemple souligné Jim Heppelman. Quant à SAP, il « s'est hissé sur un certain nombre de marché du PLM » mais pêcherait souvent « sur la valeur de ses produits pour les entreprises ».

Christophe Dutheil

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