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L'Usine Auto

PSA veut devenir le constructeur automobile le plus rentable au monde

Frédéric Parisot , , ,

Publié le , mis à jour le 05/04/2016 À 17H02

Plutot qu'une volonté de grimper au classement des constructeurs, PSA affiche comme ambition de devenir le constructeur le plus rentable du monde d’ici à 2021. Pour réussir les objectifs de son plan Push-to-Pass, PSA Groupe, le nouveau nom de PSA Peugeot Citroën, souhaite se développer sur tous les continents, notamment aux Etats-Unis où il fera son entrée par la porte de l’autopartage.

Devenir le groupe le plus rentable du monde. C'est l'objectif de Carlos Tavares, le patron de PSA Groupe (le nouveau nom de PSA Peugeot Citroën), qui a dévoilé ce matin son plan stratégique Push-to-Pass, fixant les objectifs de croissance pour la période 2016-2021. Il compte quadrupler la marge opérationnelle de son activité de constructeur automobile d’ici 2018 (passer de 1 à 4 %), un objectif qui sera relevé à 6 % pour 2021. Le chiffre d’affaires, quant à lui, devra avoir progressé de 10 % en 2018, puis de 15 % en 2021.

On le voit, les objectifs concernent la performance du groupe et non les volumes. Carlos Tavares se contente d’annoncer qu’il veut faire du groupe "un grand constructeur mondial" sans avancer de position précise dans le classement des constructeurs.

Un signal plutôt mal accueilli par les analystes, qui a entraîné une baisse de 5,18 % du titre PSA Groupe ce matin à l’ouverture de la Bourse de Paris. Le dirigeant s’en explique : "Nous pensons que le pilotage par les volumes n’est plus pertinent, nous en avons fait les frais par le passé, et c’est d’autant plus vrai aujourd’hui que de nouveaux services apparaissent, d’où notre choix de viser une croissance de la rentabilité et du chiffre d’affaires."

Les utilitaires font gonfler le plan produit

Pour tenir ses objectifs, le Président du directoire de PSA Groupe souhaite agir dans deux directions : étendre sa présence sur tous les continents, et devenir un fournisseur de services de mobilité. Pour gagner des parts de marché dans toutes les zones géographiques, le groupe a annoncé une extension de son plan de lancement de nouveaux produits. 26 nouveaux véhicules personnels, auxquels viendront s’ajouter une gamme de huit nouveaux véhicules utilitaires, porteront à 34 le nombre de lancements entre 2016 et 2021.

"Cela représente une nouveauté par zone et par an, c’est une offensive sans précédent", assure Carlos Tavares.

Parmi les 26 nouveaux véhicules personnels figureront sept modèles à architectures hybrides essence rechargeables et quatre véhicules 100 % électriques. La gamme d’utilitaires comportera quant à elle un modèle Pick-Up de une tonne de charge utile, segment porteur sur lequel le constructeur était absent jusqu’ici.

Enfin, les marques disposeront d’un positionnement plus clair, selon Carlos Tavares : Peugeot devient le "généraliste haut de gamme", Citroën sera "la marque centrée sur l’humain", et DS sera la marque "avangardiste, symbole du luxe à la française".

Ambitions région par région

Que compte faire PSA Groupe pour se développer dans toutes les régions ? En Europe d’abord, le constructeur compte sur le marché du véhicule utilitaire, et notamment les nouveaux Peugeot Expert et Citroën Jumpy lancés la semaine dernière à Sevelnord. La poursuite des projets d’excellence opérationnelle engagés avec le précédent plan Back in the Race dans les usines européennes devrait permettre d’atteindre +20 % de productivité en 2018 par rapport en 2015.

En Chine, le constructeur compte vendre un million de véhicules neufs par an en 2018 et atteindre 10 % de marge opérationnelle dans ses sociétés communes (DPCA et CAPSA). Il évalue actuellement la possibilité d’un partenariat pour la construction d’une nouvelle usine en Asie du Sud-Est.

En Amérique Latine, zone qui aura dû attendre jusqu’en 2015 pour atteindre la rentabilité, seize nouveaux modèles seront lancés d’ici 2021, ce qui devrait permettre au constructeur de multiplier par deux ses volumes.

En Eurasie, zone qui a été marquée par une forte baisse du marché russe, PSA Groupe compte multiplier ses volumes par quatre d’ici 2018. Carlos Tavares table sur une profitabilité à deux chiffres d’ici 2021.

La zone Afrique et Moyen-Orient sera marquée par la reprise de la production en Iran (objectif de 300 000 ventes en 2021) et par la création d’une usine au Maroc qui sera opérationnelle en 2021.

Le retour aux Etats-Unis

Les objectifs sont ambitieux dans toutes les zones où PSA Groupe est présent. Mais ils le sont encore plus dans celles où il l'est peu. En effet, le constructeur s’est donné jusqu’à 2018 pour définir les conditions de son retour en Inde, via un partenariat qui devrait aboutir au lancement de nouveaux véhicules d’ici 2021.

Surtout, Carlos Tavares a enfin dévoilé le retour de PSA aux Etats-Unis. "Pour continuer à grandir, il nous faut revenir sur le marché nord-américain, lance le dirigeant, mais cela se fera progressivement, de manière raisonnée, selon un plan élaboré sur dix ans".

Ce projet doit comporter trois phases. Le constructeur souhaite d’abord s’installer aux Etats-Unis en tant qu’opérateur de mobilité. Un moyen de mieux comprendre les attentes et les habitudes des clients, selon Carlos Tavares. Le groupe Bolloré, qui a déjà exporté son concept Autolib à Indianapolis (Indiana), pourrait être l'un de ses partenaires.

Dans un deuxième temps, PSA insérera progressivement ses propres modèles dans les flottes de véhicules en autopartage proposées aux américains. C’est seulement si cette deuxième étape est couronnée de succès que PSA Groupe envisagera une vente en directe de ses véhicules, avec éventuellement une partie de la production effectuée localement. En parallèle, le groupe restera ouvert aux opportunités de rapprochement qui se présenteront à lui.

Au final, même si le plan n’annonce pas une position précise dans le classement mondial des constructeurs à l’horizon 2021, il n’en propose pas moins des objectifs ambitieux en matière de rentabilité. C’est devenu la priorité de Carlos Tavares. "La performance est plus importante que la taille, lance-t-il, c’est pourquoi nous nous donnons comme ambition d’être le constructeur le plus efficient du monde d’ici la fin du plan".

Frédéric Parisot

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2 commentaires

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07/04/2016 - 08h03 -

Absolument d'accord. Citroën est synonyme d'avant garde et PSA se doit de capitaliser sur cette image. Sans parler de ses fameuses suspensions vouées aux oubliettes.
Attention il est tellement facile de détruire une image mais a contrario tellement difficile d'en construire une ....
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Nom profil

05/04/2016 - 18h46 -

" Citroën centré sur l'humain " sic !
Derrière ce verbiage débile, se confirme l'abaissement de Citroën au rang de constructeur d'entrée de gamme ! Incroyable scandale, Peugeot dépouille cette marque, mondialement perçue comme devant appartenir au "vrai" haut de gamme ( à l'instar d'un Mercedes, d'un Audi, ou d'un Jaguar ), pour mieux se développer !
Ce n'est pas la création ex nihilo, d'une gamme improbable ( DS !) qui permettra à PSA d'intégrer le Premium ! Quel gâchis, quand on a dans son portefeuille une marque à l'aura mondiale comme Citroën !
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