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L'Usine Auto

PSA va supprimer 8 000 emplois en France

Astrid Gouzik , , ,

Publié le

[ACTUALISE] - Le constructeur automobile français va arrêter la production à l’usine d’Aulnay (Seine-Saint-Denis) en 2014.

PSA va supprimer 8 000 emplois en France © D.R. - PSA

Sommaire du dossier

Les entreprises citées

La nouvelle est tombée tôt ce jeudi 12 juillet. PSA, confronté à des graves difficultés financières, annonce un vaste plan de restructuration "afin de restaurer sa compétitivité et d’assurer son avenir", indique-t-il dans un communiqué.

3 000 emplois supprimés à Aulnay

Parmi les mesures envisagées par le groupe, l’arrêt des activités de production du site d’Aulnay qui emploie 3 000 personnes. "En région parisienne, le groupe dispose de deux sites spécialisés dans la production de petites voitures, tous deux actuellement en sous-charge, Aulnay pour la Citroën C3 et Poissy pour la Peugeot 208 et les Citroën C3 et DS3. Afin d'assurer un taux d'utilisation satisfaisant, il est désormais nécessaire de prévoir le regroupement de la production sur un seul site", justifie-t-il.

PSA prévoit de proposer des postes à 1 500 salariés en interne et à 1 500 salariés dans le bassin d'emploi d'Aulnay "grâce aux actions de reclassement externe".

Le site de Rennes particulièrement affecté

Outre Aulnay, l’usine de Rennes est particulièrement touchée. Dédiée aux Peugeot 508 et Citroën C5 et C6, elle est affectée par la baisse du marché européen des grandes berlines. Le groupe annonce donc un redéploiement des effectifs de 1 400 emplois sur un total de 5 600 salariés.

Puis sur l’ensemble des sites en France, 3 600 emplois seront supprimés afin de permettre à l’industriel de "s'adapter à son volume d'activité". Au total, ce sont 8 000 emplois qui sont menacés dans le plan d’économies annoncé. En ce sens, un plan de départs volontaires de l'entreprise serait proposé aux salariés. Dans le détail, 1325 postes sont supprimés à la direction industrielle, et 1407 à la recherche et au développement. Le seuil critique des compétences est maintenu en France et les effectifs R&D hors Europe vont également être touchés par ce plan. Par ailleurs, 570 postes sont supprimés à la direction des marques et 284 dans les autres directions du groupe. ces 8 000 postes viennent s'ajouter aux 1 900 annoncés en novembre.

Mais le groupe l’assure,  la concertation et le dialogue social  primeront dans la mise en œuvre de ces mesures. "Un plan de sauvegarde de l'emploi sera soumis pour consultation aux instances représentatives du personnel", informe PSA.

Ces annonces laissent tout de même un goût amer aux salariés. "Je ne sais pas si la réaction des salariés sera à l'échelle du mauvais coup qu'on nous porte. Une chose est sure, nous avons du mal à oublier les 10 milliards de bénéfices combinés sur les 10 dernières années et les 14 milliards d'euros de fonds propres", objecte un salarié de la R&D.

"Dimensionner notre capacité de production"

Le groupe entend réorganiser sa base industrielle afin de faire face à "l'ampleur et au caractère durable de la crise qui affecte notre activité en Europe", explique Philippe Varin, cité dans le communiqué.  Une situation qui "rend désormais indispensable ce projet de réorganisation qui nous permet de dimensionner notre capacité de production à l'évolution prévisible des marchés".

En effet, le constructeur a déjà vu son bénéfice net divisé par deux en 2011. Au premier semestre 2012, il a enregistré une perte nette dont l'ampleur n'est pas précisée. Sa division automobile a connu une perte opérationnelle courante de l'ordre de 700 millions d'euros au premier semestre. Il table à présent sur un recul du marché européen de 8% cette année, contre -5% auparavant, et de 10% en ce qui le concerne.

Philippe varin l'a martelé : la situation financière est suffisante car le gorupe a 9 milliards d’euros de provision mais le problème essentiel reste le cash. Chaque mois, PSA perd 200 millions d’euros en cash depuis mi 2011.

Ce sont les investissements qui ont largement plombé les comptes de la société. Notamment l'ouverture de l'usine en Russie, l'augmentation de capacité en Amérique latine, le lancement du moteur 3 cylindres produit à Trémery pour la 208, les nouvelles contraintes réglementaires concernant les normes anti-pollution. "Ces mesures ont été décidés en 2007 quand les perspectives étaient encore positives pour l’avenir. Mais les conditions du marchés se sont fortement dégradées et ce n'est plus soutenable", a expliqué Philippe Varin, lors d'une conférence de presse. "On ne peut toutefois pas arrêter ces investissements du jour au lendemain".

Avec ces mesures, il espère revenir à "l'équilibre du cash flow opérationnel à fin 2014" et renforce ses mesures d'économies déjà mises en place. "Le projet présenté aujourd'hui doit permettre à la division automobile, cœur de notre entreprise, de retrouver son équilibre et la capacité de mettre en œuvre sa stratégie. Nous assurons ainsi l'avenir du Groupe et confortons notre base de production automobile en France", conclut le président du directoire de PSA.

"Philippe Varin veut la guerre, il va l'avoir"

Ce jeudi matin, au siège de PSA, l'ambiance est électrique alors que se tient le Comité central d'entreprise exceptionnel. Les cars de CRS ont envahi l'avenue de la Grande Armée.

"Philippe Varin a déclaré la guerre aux salariés. Il veut la guerre, il va l'avoir", s'insurgea Jean-Pierre Mercier, délégué syndical de PSA Aulnay. "On va travailler pour que les vagues atteignent PSA. On va s'adresser aux camarades de Poissy, de Renault, de Toyota", avertit-il.

"Avec tout ce qui s'est passé depuis un an, nous avons perdu confiance dans la direction. Aujourd'hui il faut laisser les salariés exprimer leur colère", explique Eric Charlier, délégué syndical CFE-CGC. Par ailleurs, l'organisation lance un appel au gouvernement et leur demande d'être des facilitateurs pour résoudre les proble et tenter de trouver des solutions de reclassement des salariés.

Le refus d'Arnaud Montebourg

Plus tard dans la journée, c'est au tour du ministre du Redressement productif de s'exprimer sur le cas PSA. "Nous n'acceptons pas en l'état le plan" dévoilé par le premier constructeur automobile français lors d'un CCE extraordinaire, a déclaré Arnaud Montebourg devant le Sénat, sans préciser les moyens de pression que le gouvernement pourrait exercer sur le groupe privé.

Un expert, Emmanuel Sartorius, a été nommé afin d'examiner la situation financière du groupe privé. "Nous allons demander à PSA d'abord de justifier la situation qui est celle-ci et ensuite d'ouvrir un dialogue social que le Premier ministre a exigé comme étant exemplaire", a souligné l'ancien candidat à la primaire socialiste.  "Nous demandons à PSA d'examiner loyalement toutes les autres solutions que celles qu'il a réservées à plusieurs sites de France et notamment à ces milliers de salariés concernés", a-t-il insisté.

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