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PSA va arrêter la production des Peugeot 108 et Citroën C1 développées avec Toyota

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Publié le , mis à jour le 15/10/2020 À 13H32

PSA a décidé de ne pas remplacer les deux petites citadines Peugeot 108 et Citroën C1qu'il produit avec Toyota dans le cadre du virage stratégique qui s'annonce sur ce segment ultraconcurrentiel, ont dit à Reuters trois sources proches du dossier.

PSA va arrêter la production des Peugeot 108 et Citroën C1 développées avec Toyota
La Peugeot 108 ne sera pas remplacée.
© Peugeot

Moins polyvalentes que les voitures du segment supérieur, dotées elles d'un véritable coffre, concurrencées en ville par l'autopartage, les véhicules du segment A ont vu leur poids en Europe s'éroder inexorablement depuis plusieurs années, passant de plus de 10% des ventes de voitures neuves en 2010 à moins de 7% en 2019 selon des données d'IHS Markit. Parallèlement, le segment B a maintenu sa part de marché autour de 30% pendant toute la décennie. Dans ce contexte, PSA aurait décider d'abandonner la production des citadines Peugeot 108 et Citroën C1, modèles développés sur la base de la Toyota Aygo.

"PSA sort à la fois de l'usine de Kolin, en République tchèque, et du business du segment A, tel qu'il est proposé aujourd'hui et sur lequel les constructeurs ont sans doute perdu le plus d'argent en Europe", a déclaré une source à Reuters.

Conformément à un accord annoncé fin 2018, Toyota deviendra en janvier prochain propriétaire à 100% de l'usine qu'il détenait avec PSA depuis 2002 et qui continuera à fabriquer la génération actuelle des Toyota Aygo, Peugeot 108 et Citroën C1, lancées il y a déjà six ans. En revanche, la question de la descendance de ces voitures de moins de 4 mètres n'avait jusqu'ici pas été totalement tranchée. C'est maintenant chose faite, PSA ayant décidé, selon les sources, de mettre fin d'ici quelques années à une saga remontant aux origines mêmes du constructeur, avec les deux cousines Peugeot 104 et Citroën LN dans les années 1970.

Le groupe dirigé par Carlos Tavares avait déjà supprimé du catalogue deux petits modèles Opel jugés pas assez rentables, l'Adam et la Karl, peu après le rachat par PSA de la marque allemande.

Un porte-parole de PSA a refusé de commenter cette information mais indiqué que le groupe a "une réflexion générale sur la meilleure offre possible pour répondre aux attentes des clients du segment A". "Cela signifie une réflexion avec des idées nouvelles et disruptives", a-t-il ajouté.

Des marques plus légitimes que d'autres sur le segment

Ironie de l'histoire, l'industrie automobile a toujours peiné à rentabiliser les plus petites de ses voitures alors qu'avec leurs moteurs miniature et leur poids plume, elles auraient pu théoriquement représenter une solution d'avenir pour la circulation urbaine. Mais faute d'investissement permettant de suivre des normes d'émissions de plus en plus drastiques, et condamnées à terme si les grands centre-villes se ferment aux moteurs thermiques, ces véhicules n'ont plus de salut hors de l'électrique comme l'a montré récemment le choix radical de Daimler pour ses Smart ou la mutation qui s'annonce pour la Twingo de Renault.

PSA a réfléchi un temps à électrifier tout ou partie de ses petites citadines du segment A, mais sans parvenir à résoudre l'équation économique, a dit une des sources.

Pour combler le vide que laissera le tandem 108/C1, plusieurs options sont à l'étude, et le projet de fusion avec FCA est venu en cours de route élargir le champ des possibles, ont ajouté deux sources.

Tous les constructeurs cherchent à faire migrer leurs clients du segment A vers le segment B - incarné par des citadines polyvalentes actuellement sur le marché, type Peugeot 208 ou Volkswagen Polo, ou par un nouveau segment intermédiaire baptisé "B entry".

Chez PSA, le bas du segment A pourrait aussi être incarné par des voiturettes électriques low cost comme la nouvelle Citroën AMI, assemblée au Maroc. Le porte-parole de PSA a précisé que cette réponse n'était pas exclusive et que d'autres offres abordables pourraient suivre dans le futur.

Selon une des sources, le segment pourrait aussi à l'avenir être incarné par Fiat, qui n'a aucune intention de quitter complètement un créneau où la marque italienne s'estime particulièrement légitime. "Le rapprochement entre PSA et FCA est en train de rebattre toutes les cartes, surtout quand on pense que le segment A, du pot de yaourt de la première 500 à la Panda, est indissociable de l'histoire de la marque Fiat", souligne-t-elle. Et le fait que la Panda et la 500 sont déjà proposées en versions électrifiée  ne gâche rien.

Un porte-parole de FCA a refusé de faire un commentaire.

Alors que les deux constructeurs espèrent toujours finaliser leur fusion au premier trimestre 2021, la stratégie du futur groupe sur le segment A pourrait constituer un bon exemple de la complémentarité recherchée pour les 14 marques du nouvel ensemble. Ne garder que les marques Citroën et Fiat pour quelques petites citadines abordables du segment A, par exemple, serait une des leviers pour conserver toutes les marques du futur groupe Stellantis issu de la fusion, tout en délivrant les synergies promises.

Avec Reuters (par Gilles Guillaume et Giulio Piovaccari, édité par Jean-Michel Bélot)

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