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PSA, un dossier éminemment politique

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L’annonce par le constructeur de la fermeture d’Aulnay et du plan de départs volontaires agite la classe politique. Le gouvernement pointe la responsabilité de la précédente majorité et du constructeur dans un éventuel décalage des annonces.

PSA, un dossier éminemment politique © D.R.

Fermeté. C’est la réponse du gouvernement face à l’annonce il y a quelques jours par le constructeur automobile PSA de la fermeture de l’usine d’Aulnay et de la suppression de 8 000 postes en France. "Le plan soumis au Comité central d’entreprise n’est pas acceptable en l’état, il faut en améliorer considérablement la qualité", déclarait hier, dimanche 15 juillet, Pierre Moscovici. Le ministre de l’Economie et des Finances reprenait ainsi les mots du président de la République, François Hollande, qui affirmait la veille que "l’Etat ne se laissera pas faire".

De son côté Claude Bartolone a averti : "Les élus concernés par la suppression d’emplois par PSA ne partiront pas en vacances avant de savoir quelles sont les raisons de la décision de la fermeture d’Aulnay." Et le nouveau président de l’Assemblée nationale est lui directement concerné par le dossier, car toujours président du conseil général de Seine-Saint-Denis, où se trouve le site de PSA.

Depuis plusieurs jours, le gouvernement multiplie les attaques contre le gouvernement Fillon. "En aucun cas nous ne nous attendions à ce qu’il y ait ce plan maintenant" a expliqué avec un certain aplomb Pierre Moscovici, alors que la menace de la fermeture d’Aulnay plane depuis près d’un an et que les difficultés du constructeur sont connues. "La direction de Peugeot a menti, la famille Peugeot a menti, sans doute avec la complicité de l’ancien gouvernement avant les élections", a pour sa part affirmé Jean-Paul Huchon, le président de la région Ile-de-France.

Selon le ministre de l’Economie, "il y a des plans sociaux qui ont été différés" pendant la campagne électorale. Dans un entretien au JDD, son prédécesseur François Baroin se défend : selon lui, il n’a "jamais été question d’un plan de cette ampleur" chez PSA alors qu’il était au gouvernement. En novembre 2011, François Baroin avait affirmé qu’il n’y aurait "pas de suppressions à PSA en France dans les semaines, les mois, ni dans les années qui viennent"

Difficile donc d’imaginer que le gouvernement Fillon n’était pas au courant des difficultés du constructeur. Qu’il n’en ait pas mesuré l’ampleur, c’est possible. Nombreux sont les analystes qui ont été surpris de l’aggravation rapide de la situation du groupe ces derniers mois. "C’est une mauvaise facilité que de s’essuyer les pieds sur ses prédécesseurs et cela ne résiste pas à l’analyse", juge en tout cas François Baroin.

Reste maintenant à faire face. "L’Etat n’est pas impuissant face ce type de situation, juge François Baroin, il a des moyens d’agir sur le chômage partiel, la reconversion des salariés ou l’intervention d’entreprises publiques". Pierre Moscovici promet de veiller à ce que le nombre d’emplois supprimé soit réduit et qu’il n’y ait pas de licenciements.

Le ministre de l'Economie et des Finances promet également une réindustrialisation du site d’Aulnay avec ou sans PSA.  Si le gouvernement ne peut pas interdire la fermeture d’Aulnay, il peut "faire en sorte qu’Aulnay reste un site industriel, de la même manière qu’il doit y avoir des garanties sur la pérennisation du site de Rennes", a indiqué le président de la République. L’Etat pourra agir sur le chômage partiel, la formation professionnelle et les crédits, a-t-il indiqué.

Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, reçoit Philippe Varin ce mercredi, et attend le résultat de la mission confiée à Emmanuel Sartorius sur la situation du constructeur. Le ministre de l’Economie et des Finances, Pierre Moscovici, doit également annoncer un plan pour la filière auto le 25 juillet en conseil des Ministres. Le ministre promet des mesures structurelles pour garantir la "pérennité de la filière". Le dossier PSA, devenu un dossier politique, figurera comme le premier grand test du président de la République et du gouvernement Ayrault.

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