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PSA se redresse et sera bientôt de retour dans la course

Pierre Monnier , , , ,

Publié le

PSA Peugeot Citroën présentait, ce mercredi matin, ses résultats du premier semestre 2015. Le groupe automobile Français s’est félicité d’un retour aux bénéfices de 571 millions d’euros. Carlos Tavares, le président du groupe, est revenu sur les premières conséquences du plan de redressement Back in the Race lancé en avril 2014.

Carlos Tavares, président de PSA Peugeot Citroën. Crédits : Pierre Monnier 

"A mesure que les résultats augmentent, le groupe se forge une culture de la performance." Ces mots, ce sont ceux de Carlos Tavares, président de PSA Peugeot Citroën, prononcés lors de la présentation de ses résultats financiers. Cette culture de la performance est donc en train de grandir au sein du groupe automobile français à en croire les 571 millions d’euros de bénéfices de la première moitié 2015. Un retour aux profits qui se faisait attendre depuis 2011.

Le plan de redressement de la firme "Back in the Race" semble porter ses fruits. Jean-Baptiste de Chatillon, directeur financier de PSA, a tout de même nuancé ses résultats en indiquant "des vents porteurs" et "une conjoncture économique favorable". Et Carlos Tavares d’ajouter : "Il faut rester lucide". Il n’empêche que le constructeur est "en très bonne voie" dans ses prévisions dont plusieurs objectifs ont d’ores et déjà été atteints. Le plan Back in the Race sera néanmoins mis à l’épreuve, au cours du second semestre 2015, puisque l’effet de change positif en début d’année (2,1%) pourrait se dégrader. D’autres obstacles attendent le groupe, notamment la saisonnalité et le surcoût réglementaire lié à la norme environnementale Euro 6 (qui implique une fabrication plus chère).

Tour du monde des économies

"On gagne de l'argent partout" répond le dirigeant de PSA quand on lui demande comment les bénéfices ont pu remonter très nettement sans que PSA ne vende plus de véhicules (+0,4%, soit environ 6 000 unités). Cela s’explique par les mesures prises dans le cadre de "Back in the Race" qui ont touché à petite dose l’ensemble des régions. En France, l’arrivée d’une monoligne à Poissy et Mulhouse fait baisser les coûts de production et augmente d’autant plus la rentabilité des usines. Le succès de la 2008 a boosté les ventes en Inde et au Pacifique. Tandis qu’au Japon et en Corée, c’est la qualité des moteurs diesels qui donnent de l’attractivité. En effet, ils sont très bien notés et polluent peu d’où leur classement parmi les hybrides.

Dans les deux régions en déficit aux derniers résultats financiers, l’un s’est relevé pendant que l’autre se redresse. En Amérique Latine, les bénéfices ont refait leur apparition. Certes, "ils sont faibles et très fragiles" selon Carlos Tavares, mais "c’est tout à l’honneur de Carlos Gomez", patron de PSA en Amérique Latine. La réduction des coûts de production en Eurasie, seul secteur où le constructeur continue de perdre de l’argent, font espérer un retour à l’équilibre dès l’année prochaine.

Le véhicule hybride d’ici 2019

Un point d’orgue a été mis sur le développement technologique interne. Le groupe conçoit lui-même ses innovations, un aspect de la production important pour le président, Carlos Tavares, qui ne veut "pas de dépendance" vis-à-vis d’un autre constructeur. PSA est performant dans ce domaine, ses technologies permettent à la firme un leadership sur le terrain des émissions de CO2 avec une moyenne de 106,9 grammes de CO2 émis par kilomètre parcouru.

Le plan de PSA concernant le développement technologique s’établie sur trois fronts. Premièrement, la mécanique, avec le nouveau moteur essence trois cylindres de la marque, élu moteur de l’année, "preuve d’une qualité reconnue" selon le dirigeant. De nouvelles boîtes de vitesse arriveront en 2017. L’une, manuelle à 6 vitesses. L’autre, automatique à 8 vitesses pour augmenter le confort de conduite, "notamment en Asie où les consommateurs sont très exigeants", explique Carlos Tavares. Les réelles nouveautés sont prévues pour 2019 avec un véhicule hybride rechargeable dans le segment C-D (monospaces et familiales) et dans la foulée, fin 2019 début 2020, le véhicule électrique dans le segment B-C (citadines et compactes).

Le deuxième domaine est la mise en place du programme ADAS (système avancé d’aide à la conduite) avec une évolution en trois étape : "Hands on, Hands off, Eyes off" (littéralement : avec les mains, sans les mains et sans les yeux). Dès l’année prochaine, les véhicules bénéficieront d’aides à la conduite et d’aides au freinage.

En 2018, une aide totale à la conduite et un système d’assistance au créneau complet. Et pour 2020, PSA prévoit un aboutissement avec des manœuvres de stationnement à distance et la gestion complète de la route pour arriver au véhicule autonome. Ces projets sont néanmoins en attente d’une révision de la convention de Vienne de 1963, selon laquelle les véhicules circulant sur la voie publique doivent avoir un chauffeur.

Le dernier plan, consiste à développer la voiture connectée. Là aussi, on trouve trois étapes : faire gagner du temps au consommateur, lui rendre la vie plus facile et lui donner plus de plaisir à la conduite avec des connectivités inter-véhicules notamment.

Vers une conquête du marché Iranien ?

La fin des sanctions contre l’Iran après un accord conclu à Vienne sur le nucléaire permet d’envisager une implantation plus grande dans le pays. Les trois marques ont des niveaux d’avancements différents. Actuellement, Peugeot représente 30% du marché. Bien que les voitures, assemblées par leur partenaire Iran Khodro, ne soient pas comptabilisées dans les comptes de PSA car fabriquées avec des pièces locales et chinoises, le président du groupe a tenu à préciser que "les véhicules sortent avec un lion sur le capot".

Concernant DS, la marque premium de la firme, un partenariat a été trouvé, "nous sommes maintenant en phase d'exécution", a affirmé Carlos Tavares. L’accord pour la distribution sera présenté dans les semaines à venir. Le dirigeant est, par contre, resté plus flou concernant la marque Citroën. Même s’il affirme être ouvert aux propositions de partenariat, Carlos Tavares a finalement conclu qu’ "il n’y a pas que l’Iran comme marché à conquérir".

Pierre Monnier 

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