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Quotidien des Usines

PSA Rennes roule pour l'économie régionale

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D'ici à 2007, plus de 700 millions d'euros seront investis sur la plate-forme de PSA Peugeot Citroën à Rennes, dont la production annuelle montera à 400 000 véhicules dès cette année.

L'usine PSA Peugeot Citroën, à Rennes (Ille-et-Vilaine), change de physionomie. Elle n'avait pas connu un tel déploiement depuis de nombreuses années. « Ce programme correspond, explique Yvan Plazanet, directeur du site, à la réorganisation du groupe, avec la concentration à Rennes de l'ensemble des fabrications des véhicules moyen/supérieur des deux marques Peugeot et Citroën. »

La création de cette plate-forme de gamme moyenne/supérieure, initiée il y a trois ans, a pour objectif de gagner en productivité et en délais de livraisons. Et a suscité d'importants investissements. Une première enveloppe de 380 millions d'euros sur 2002-2003 a permis la création d'un atelier de peinture et l'adaptation des lignes à la nouvelle Peugeot 407. Un second programme de 184 millions est actuellement engagé (2004-2005), toujours dans l'installation d'équipements supplémentaires pour l'assemblage des véhicules. Il se poursuivra jusqu'en 2005. Enfin, un troisième programme est prévu, cette fois de 255 millions d'euros sur 2006-2007, pour parfaire l'organisation du site de La Janais, réparti sur 85 000 mètres carrés couverts au sud de Rennes.

« L'ensemble de ces travaux lourds va nous permettre de passer d'une production de 291 000 véhicules en 2004 à 400 000 en 2005 », poursuit Yvan Plazanet. Le site sera alors quasiment à pleine capacité, avec près de 90 véhicules par heure. Cette montée en puissance des volumes s'accompagne d'une diversification des modèles : La Janais « produira de cinq à six véhicules - silhouettes - en simultané, ce qui permettra de bien équilibrer le plan de charge », poursuit le directeur.

Une montée en puissance qui favorise les embauches

Véhicule phare de l'usine bretonne reformatée, la Peugeot 407, aujourd'hui produite à 1 050 unités par jour, rencontre un tel succès, que « ce volume va augmenter de 23 % au cours des prochains mois. Depuis début février, nous avons dû installer une quatrième équipe le week-end (vendredi, samedi et dimanche). Elle est composée de 1 200 personnes recrutées en CDD pour une période de dix-huit mois », détaille le directeur. Rennes fabrique également la nouvelle version de la C5, à un rythme de 430 exemplaires par jour. D'autre part, l'usine bretonne s'apprête à accueillir le lancement du coupé 407 (une centaine d'exemplaires quotidiens) et se prépare à assurer, dès cet été, le montage de la C6, le prochain modèle de haut de gamme de Citroën, présenté au Salon international de l'automobile à Genève. Enfin, à plus long terme, le site rennais sera chargé de fabriquer la remplaçante de la Peugeot 607.

Cette montée en puissance de l'usine favorise l'emploi sur le site : au total 10 320 CDI et CDD, auxquels s'ajoutent 1 500 intérimaires. « Les effectifs seront stables au cours des prochains mois, mais nous avons tout de même recruté 1 050 personnes en CDI dans le courant de l'année 2004 », précise un porte-parole.

Une bonne santé qui profite également au tissu économique local. « A un emploi dans le groupe correspond un autre poste chez les fournisseurs de proximité », précise Yvan Plazanet. En Bretagne, selon les études de la Drire, plus de 20 000 emplois dépendent ainsi directement de la filière automobile. L'agglomération de Rennes Métropole en a regroupé une partie dans la nouvelle zone d'activités de La Touche-Tizon, un ensemble de 35 hectares exclusivement réservé aux entreprises qui interviennent chez PSA. Celles-ci sont reliées à l'usine du constructeur par une voie routière directe et sécurisée pour favoriser les approvisionnements en flux synchrone sur les lignes de montage de la 407.

Un parc fournisseurs à La Touche-Tizon

Plusieurs industriels sont d'ores et déjà installés à La Touche-Tizon. Le groupe nord-américain Visteon y dispose notamment d'une usine de 16 000 mètres carrés (400 collaborateurs) dans laquelle il a investi 30 millions d'euros pour fabriquer des systèmes de climatisation, panneaux de porte et ébénisteries. D'autres industriels ont fait le choix de ce parc, comme Bretagne Ateliers (BA) et son tout nouvel ensemble de 8 200 mètres carrés (200 emplois à terme). Cet intégrateur-ensemblier pour l'automobile (80 % de ses activités), constitué en association, emploie 690 personnes, dont 465 handicapées, réparties dans sept ateliers protégés et deux cen-tres d'aide par le travail (CAT) sur le bassin d'emploi.

D'autres fournisseurs ont également rejoint La Touche-Tizon, comme Lear Corporation sur 3 000 mètres carrés (faisceaux électriques, 40 emplois) et Tenneco Automotive Wimetal, un spécialiste des échappements, qui a créé 70 emplois dans un bâtiment de 5 000 mètres carrés. Globalement, 800 emplois se répartissent sur cette zone, si l'on y ajoute Gefco. Le logisticien a récemment construit un ensemble de 30 000 mètres carrés pour abriter la totalité de ses activités bretonnes, entre autres pour la livraison de pièces destinées à PSA Peugeot Citroën. A la clé : 150 emplois (300 à terme). Mais, l'influence géographique du constructeur va bien au-delà. A Ploërmel (Morbihan), MPAP (injection plastiques, 400 salariés) a récemment recruté 60 CDD pour répondre aux attentes de son donneur d'ordres. « Ces salariés bénéficient d'un contrat d'une année et travaillent le week-end pour la 407 », précise-t-on chez MPAP.

Des entreprises plus modestes s'installent également dans le bassin rennais. C'est le cas de Solutions Plastiques Division automobile (SPDA), initialement implantée à Lannion (Côtes-d'Armor). Cet équipementier de rang 2 vient d'ouvrir une unité secondaire à Guichen, près de Rennes, pour la fabrication de pièces plastiques destinées à certains fournisseurs, dont Visteon. Particularité de cette PMI : elle s'est engagée à recruter une partie du personnel licencié par STMicro-electronics, dont le site rennais a récemment fermé ses portes. « 60 personnes travaillent dans le site provisoire que nous louons à Guichen. Nous négocions avec la collectivité territoriale l'achat d'un terrain pour construire une usine et passer progressivement à 150 collaborateurs », expliquent les frères Jacob qui se partagent la direction de SPDA.

Un potentiel à renforcer et à faire connaître

Et comme PSA Peugeot Citroën emploie aussi à Rennes 500 ingénieurs en R & D, chargés d'accompagner les équipes du constructeur dans la conception des futurs nouveaux modèles, les organismes locaux à vocation scientifique et technologique commencent à s'intéresser de très près au potentiel du secteur. Ainsi le technopôle de Rennes Atalante et l'association Meito (Mission pour l'électronique et l'informatique dans l'Ouest) tentent de lancer une filière liée à l'électronique embarquée, à partir des compétences locales en matière de logiciels. L'initiative est d'autant plus importante que l'équipement électronique représentera, dans cinq à dix ans, 35 % du prix de vente d'une voiture (contre 25 % aujourd'hui). « C'est une très bonne idée et j'y crois, à condition que les entreprises bretonnes fassent des propositions technologiques innovatrices, car elles ne sont pas les premières à arriver sur ce marché », martelle Yvan Plazanet.

En parallèle, la firme au lion mouille sa chemise pour aider les entreprises régionales à se faire référencer auprès d'autres constructeurs. Ainsi, le groupe est à l'origine de « Performance 2010 », une association créée en 1994 qui regroupe une trentaine d'équipementiers locaux, animés par Louis Mercier, un cadre détaché de PSA. Tous les deux ans, Performance 2010 organise le Sifao (Salon inversé de la filière automobile de l'Ouest), pour aider les PME-PMI à entrer dans le cercle restreint des sous-traitants référencés. La prochaine édition prévue au printemps 2005 au Mans (Sarthe), attirera la plupart des constructeurs européens. Une façon aussi de mieux faire connaître ce pôle d'excellence de l'Ouest de la France.

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