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PSA (re)fait ses gammes

Pauline Ducamp , , ,

Publié le

Le groupe repositionne ses trois marques pour mieux les différencier et aborde un problème récurrent depuis la fusion Peugeot/Citroën au milieu des années 70.

PSA (re)fait ses gammes © DR

"La différenciation entre Peugeot et Citroën était insuffisante", a reconnu mercredi 13 février Philippe Varin, lors de la présentation des résultats annuels de PSA. L’un des chantiers du groupe sera donc dès 2013 de clarifier le rôle de ses deux marques (trois pratiquement avec les modèles estampillés DS).

Peugeot occupera un terrain moyen/haut de gamme avec des modèles comme les 508 et 208. Le vrai haut de gamme sera cependant bien chez Citroën, où la gamme DS devra tailler des croupières aux modèles premium. "DS représente la meilleure tradition du savoir-faire et du raffinement à la française", annonçait ce matin Philippe Varin. Mais le chantier le plus complexe s’ouvre à l’étage du dessous : la gamme généraliste de Citroën (dite "gamme C") doit se réinventer pour une nouvelle répartition de la valeur sur le véhicule.

Nouvelle structure de coûts

"Human, simple, smart" sont les trois axes qui doivent désormais guider la conception des C3, C4 ou C5. "La nouvelle gamme C aura des consommations maitrisées avec des équipements qui renforcent la convivialité, être plus simple d’utilisation tout en offrant plus de fonctionnalités avec un rapport qualité-prix attractif", a détaillé Philippe Varin.

Le portrait-robot reste encore flou. La gamme C doit reprendre la philosophie de la 2CV et du concept de loisir C-Cactus : les coûts de production seront serrés, les véhicules doivent être faciles à utiliser et peu onéreux pour le consommateur, à l’achat comme à l’entretien. Ce qui implique de supprimer certaines fonctions très technologiques.

"Aujourd’hui, les constructeurs sont dans une course aux performances, quand certains clients attachent de la valeur à d’autres éléments. Une Citroën n’a pas forcément besoin d’avoir la distance de freinage d’une Ferrari", souligne Jean-Christophe Quémard, directeur des programmes.

PSA va donc revoir toute la structure de coûts de la gamme C. Et c’est sur la conception plus que sur la production que le groupe compte faire des économies, explique-t-on chez PSA. Des pièces ou éléments de carrosserie déjà bien amortis pourraient par exemple être utilisés. Philippe Varin a cependant écarté d’emblée l’hypothèse d’une gamme C low-cost.

Pas de production française ?

Le groupe veut également revoir le processus de production, pour réduire encore une fois la facture. Et pour le moment, cette baisse des coûts de production passe par l’Espagne. "Les deux premiers véhicules de la nouvelle gamme C seront produits en Espagne, le C4 Picasso à Vigo et un nouveau modèle à Madrid dès 2014", a précisé Philippe Varin.

Pour le reste de la gamme, rien n’a été annoncé et l’équation s’annonce complexe. Produire de petits véhicules de segments A et B en Europe de l’Ouest coûte en effet cher aux constructeurs : PSA estime à 700 euros la différence de coûts entre une 208 produite à Poissy et une autre produite à Trnava (Slovaquie).

Un tel écart peut-il être supporté sur une voiture de gamme C vendue à un prix plus attractif que l’actuel C3 ? Jean-Christophe Quémard se veut rassurant : "Beaucoup de sources d’économie sont indépendantes du lieu de production du véhicule".

Pauline Ducamp

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