Economie

PSA : plus de 5000 salariés ont bénéficié des mesures de mobilité en 2014, combien en 2015 ?

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Analyse PSA discutera le 24 novembre les modalités 2015 touchant à la mobilité de ses salariés, dans le cadre de son accord de compétitivité. 3500 personnes pourraient être impactées. En 2014, 5000 salariés ont utilisé les différents dispositifs, du congé senior au départ volontaire, pour quitter leur fonctions.

PSA : plus de 5000 salariés ont bénéficié des mesures de mobilité en 2014, combien en 2015 ? © D.R.

Le 19 novembre, Reuters annonçait 3450 suppressions de poste chez PSA en 2015. Une information démentie par la direction du groupe automobile dans la soirée. Elle évoque de son côté 1500 départs liés à des mesures d'âge et 1400 reconversions. Il est vrai que le comité central d’entreprise (CCE) extraordinaire prévu lundi 24 novembre chez PSA oblige à sortir la calculette. Si le document de travail qui sera alors discuté, et que nous avons pu consulter, détaille les mesures relatives à l’emploi pour 2015 dans le groupe, il revient également sur les mesures déjà appliquées en 2014. Au total, 5740 salariés ont déjà bénéficié des différentes mesures de mobilité interne et externe, issues du Nouveau Contrat Social (NCS), l’accord de compétitivité signé le 24 octobre 2013.

Des congés senior plébiscités

Sur les 5740 salariés, 2139 sont partis dans le cadre d’un congé senior. Cette mesure a été plébiscitée. Initialement, la direction avait estimé à 950 le nombre de salariés qui pourraient en bénéficier, avec un taux d’adhésion de 50%. "Ce sont des mesures bien appréciées", commente un représentant syndical. Dans l’usine de Rennes (Ille-et-Vilaine), le congé senior pouvait même être pris cinq ans avant la date officielle de départ à la retraite, dans le cadre du plan de départs volontaires. Certains syndicats voudraient voir cette spécificité étendue à tous les sites en 2015.

Peu de départs de l’entreprise

En dehors des seniors, peu nombreux sont les salariés à avoir souhaité quitter le groupe. Seuls 89 ont adhéré au dispositif de mobilité externe sécurisée, qui permet d’être employé dans une autre société sans pour autant casser leur contrat de travail avec PSA. La direction avait estimé à environ 500 le nombre potentiel de bénéficiaires. La mobilité interne entre différents sites ou des passerelles entre métiers ont en revanche séduits 1290 salariés, soit plus qu’envisagé par la direction. Par ailleurs 546 salariés ont suivi un programme de formation du plan baptisé "Top Compétences".

Plus de 300 recrutements en CDI

Face à ces départs, PSA a dû embaucher, en particulier dans les métiers en tension, (là où le groupe manque d’effectifs). 345 personnes ont été recrutées en CDI. Le groupe a également accueilli 1311 nouveaux alternants, en apprentissage ou sur des postes de qualification. Au total, le dernier Observatoire des Métiers de PSA a estimé que "57% des effectifs de la Division Automobile France sont sur des métiers à l’équilibre, 14% sur des métiers en tension et 29% sur des métiers sensibles", comme le relate le document étudié en CCE la semaine prochaine.

Crise en Europe et expansion internationale

Ces différentes mesures de mobilité sont regroupées dans le Dispositif d’Adéquation et d’Aménagement des Compétences (Daec), qui applique les dispositions définies par la direction et les organisations syndicales dans le cadre de l’accord de compétitivité signé en octobre 2013. L'objectif est réaffirmé dans le document du CCE : "réduire les écarts constatés entre les besoins et les ressources de l’entreprise sans recourir à des mesures brutales, tels que les plans de licenciements collectifs, grâce à une nouvelle approche de sécurisation professionnelle". Il s’agit de redéployer les salariés et les postes, avec pour conséquence le reclassement de salariés entre différents sites et le départ du groupe d’un certain nombre d’employés, induits par la baisse d’activité globale de PSA ces dernières années dans une Europe en crise et par son expansion internationale.

De 15,1 à 12,5% du chiffre d’affaires

A terme, le Daec doit entrainer des économies. Chaque salarié occupe eun poste nécessaire à l’entreprise, suite à la baisse de l’effectif global, via les plans de départs volontaires et le PSE, depuis trois ans. Par ailleurs, les dispositifs de mobilité externe sécurisés doivent permettre aux salariés de quitter l’entreprise, sans passer par un  plan social. Même s'ils ont été signés avant l’arrivée de Carlos Tavares à la tête de PSA, le Daec et le NCS suivent parfaitement les objectifs du plan "Back in the race" qui compte faire passer le coût salarial de 15,1% en 2013 à moins de 12,5% du chiffre d’affaire en 2016. Selon les estimations de la direction, l’accord de compétitivité devrait générer 125 millions d’euros d’économie d’ici cette date, auxquels s’ajoutent les 80 millions d’euros d’économie liés au Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE).

Pauline Ducamp

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