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PSA : Philippe Varin prévoit une perte significative au 2ème semestre

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A l’occasion de son audition devant la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale ce 14 décembre, le président du directoire de PSA Peugeot Citroën revient notamment sur le plan d’économies de 800 millions d’euros et sur les perspectives des deux marques automobiles.

PSA : Philippe Varin prévoit une perte significative au 2ème semestre © D.R.

"Nous allons être en perte significative au deuxième semestre avec un cash flow négatif", reconnaît Philippe Varin dans son explication devant les députés de la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale.

Le patron précise que son groupe est en retard par rapport aux meilleurs concurrents du secteur. "Nous avons un écart de 6% par rapport au Top 5 de l’industrie automobile mondiale, soit environ 2,5 milliards d’euros, explique-t-il. Si nous ne rattrapons pas rapidement ce retard, nous resterons longtemps derrière eux".

Il justifie cette situation en partie par le fait qu’entre 2007 et 2011 la baisse du marché automobile a été de 50% en Espagne, de 30% en Italie et de 20% en Grande-Bretagne.

Philippe Varin prend comme argument les différences de coût du travail entre la France et d’autres pays. "Il est de 33 euros par heure travaillée en France, mais de 20 euros sur notre site en Gallice, de 10 euros au Portugal, souligne-t-il. Il y a une vraie dérive en France depuis dix ans, nous avons perdu l’avantage. Je pense que la TVA est une bonne approche, mais c’est à vous d’en débattre", lance-t-il aux députés de la commission.

Délocalisation

Face aux critiques selon lesquelles le groupe privilégierait la production hors de France, "la supposée délocalisation", il souligne que 85% des moteurs sont conçus en France, et que 41% de la production est faite en France. "On produit deux fois plus de véhicules que l’on en vend en France, assure Philippe Varin. Sont fabriquées en France : C3, C4, C5, DS3, DS4, DS5, 206, 207, 308, 3008, 5008 et 508".

"Je trouve normal d'avoir à Sao Paulo 1 500 personnes qui travaillent sur des modèles, avec leurs spécificités, qui doivent être adaptés à ce pays, souligne-t-il. C'est la même chose en ChineCe n'est pas à Vélizy qu'on peut comprendre un client chinois".

Sur le plan d'économies, il assure qu'il n'y aura pas de licenciements économiques et appelle à une révision du système de l'apprentissage : "il faut un système comme en Allemagne pour que les entreprises soient plus à la manœuvre pour l’insertion des jeunes dans le tissu industriel".

Globalisation

Plus globalement, le président du directoire réaffirme que la stratégie du groupe est la globalisation, avec une montée en gamme des deux marques. Sur ce point, il est revenu sur la politique du groupe menée avec ses 13 à 14 fournisseurs stratégiques : "notre volonté est de les avoir comme partenaires sur le plan de globalisation dans une relation plus équilibrée. Nous devons nous coordonner pour éviter de faire deux fois les mêmes recherches par exemple". 

Il entend mettre l’accent sur les véhicules hybrides qui représenteront selon lui entre 10 et 15% du marché en 2020 contre 5% pour l’électrique. Une manière de faire la différence avec son concurrent Renault qui mise à plein sur ce segment. "Notre priorité, c'est l'hybride, et vous allez en entendre parler dans les quelques mois qui viennent puisque nous allons lancer pas moins de trois véhicules hybrides en 2012, assure le président du directoire. L'hybride diesel notamment sera une révolution en 2012". 

Concernant les autres projets du groupe, "qui ne sont pas stoppés mais mieux réalisés grâce au plan d'économies", il précise que PSA est en discussions avec le groupe Bolloré sur les batteries, mais que rien n'a encore été signé. 

Il estime aussi que PSA est en train de rattraper son retard en matière de boîtes de vitesse, notamment à double embrayage, face à des concurrents qui sont depuis longtemps plus tournés vers l'international. 

A l'issue de cette audition, le président du directoire a assuré que toutes les pistes étaient envisagées concernant les sites d'Aulnay après 2014 et la fin de la C3, comme pour le site de Sevelnord. 

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