PSA perd son monopole sur le filtre à particules

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Le constructeur français sait qu'il ne restera pas longtemps le seul à proposer un filtre à particules et parie sur la capitalisation de son avance.

Dès cet automne, PSA devrait découvrir de nouveaux concurrents dans le filtre à particules (FAP). Depuis trois ans, le groupe fait cavalier seul en proposant un équipement de série pour supprimer les nocives fumées noires en sortie de pots d'échappement. Un joli coup de maître qui a nécessité un investissement d'une soixantaine de millions d'euros. Non seulement PSA livre son 500 000e véhicule doté du FAP, sans aucun défaut jamais enregistré, mais son image de marque s'est renforcée auprès des Européens les plus écologiques.

Renault, Toyota et Opel emboîtent le pas

« En Allemagne, nos ventes de moteurs Diesel ont quasiment doublé », souligne Norbert Lartigue, directeur des métiers techniques et organes de PSA. En Europe, 57 % des ventes du groupe sont des motorisations Diesel, alors que la moyenne, tous constructeurs confondus, est de 42 %. De plus, le système de PSA permet de dépasser les préconisations de la future norme Euro IV en matière d'émissions polluantes, applicable en 2005.

L'argument porte. Pour tenter de réduire l'écart avec son rival en Allemagne - où se mettent en place des incitations fiscales -, Renault lancera à la rentrée une Vel Satis équipée d'une nouvelle technologie de filtre développée avec Engelhard (dépôt catalytique), Ibiden (filtre) et Eberspaecher (pot d'échappement). Toutefois, l'opération reste limitée à ce véhicule, alors que PSA propose déjà six modèles et devrait élargir sa gamme à onze d'ici à deux ans. Ce qui lui permettrait, avec ses partenaires Ibiden, Bosch, Siemens, Rhodia et Faurecia, d'atteindre le record du million de filtres vendus. Reste que Renault suit une logique commerciale classique en équipant une catégorie de véhicules, le haut de gamme, qui s'adjuge 70 % des commandes de Diesel. Surpoids et surconsommation obligent.

Dans le même esprit, Toyota commercialisera bientôt en Angleterre et en Allemagne, une Avensis 2.l 4D4 dotée de la technologie DPNR (Diesel particulate - NOx reduction system). Avec l'originalité de résoudre à la fois deux problèmes considérés comme antagonistes, les émissions de CO2 et de NOx. Même Opel vient empiéter sur le territoire de PSA en équipant, dès septembre, son nouveau moteur 1,3 litre d'un filtre qui ne nécessitera aucun entretien. Une avancée que le français n'a prévu de mettre sur le marché qu'en 2004. Mais celui-ci bénéficie tout de même d'un avantage : grâce à son antériorité, il peut abaisser les coûts de revient. Et son partenariat avec Ford, qui lancera en septembre, sur le monospace C-Max, des moteurs 1,6 litre et 2 litres dotés de son filtre augmentera encore les économies d'échelle.

Chez les allemands, la concurrence est moins féroce, et ils préfèrent améliorer les paramètres du moteur pour réduire l'émission de particules à la source. DaimlerChrysler vient même de présenter le premier gazole « bio » produit à partir de résidus de bois. Mercedes réserve ses études sur les filtres aux seuls poids lourds Actros. Quant à Volkswagen, il mise sur les bonnes performances de son système d'injection à injecteurs-pompe.

PSA a donc encore de beaux jours devant lui, même s'il perd son monopole.

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