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PSA met-il en péril sa production de moteurs en France ?

Pierre Monnier ,

Publié le

Pour se développer à l’étranger, le groupe PSA compte produire ses moteurs au plus près des lignes d’assemblage. En 2019, des blocs essence seront fabriqués en Slovaquie et un atelier de moteur sera construit au Maroc. De quoi faire trembler les principaux sites français dans le domaine : Trémery (Moselle) et la Française de Mécanique (Pas-de-Calais).

PSA met-il en péril sa production de moteurs en France ? © Facebook PSA Trémery

Avec 78% de ses moteurs et boîtes de vitesse fabriqués en France, la réputation Made in France du groupe PSA n’est plus à faire. Pourtant, le plan stratégique "Push to Pass", qui doit permettre au constructeur français de se renforcer à l’étranger, pourrait dégrader la production française. En octobre, Carlos Tavares, le patron du groupe PSA annonçait en Iran que les moteurs et transmissions seront réalisés localement. Ainsi, les sites de Téhéran et de Kashan se partageront la fabrication de 360 000 moteurs.

Il en est de même pour le Maroc dont le site PSA de Kenitra ouvrira ses portes en 2019. Le constructeur compte fabriquer 90 000 véhicules et moteurs dès l’ouverture. Les quantités grimperont par la suite à 200 000 unités.

600 000 unités en moins à Trémery en 2019

Selon la marque, la fabrication locale est primordiale sur ces marchés. "Le développement à l’international est une grosse part du plan 'Push to Pass', explique un porte-parole. Pour conquérir des parts de marché, nous devons sourcer nos véhicules localement." Cela permet à l’entreprise de réduire ses coûts, de s’affranchir des taxes d’importation, mais également de proposer des véhicules dont les prix restent en adéquation avec le marché. "Lorsque nous faisons venir une voiture construite en France sur le marché chinois, les coûts générés nous privent d’une grande partie des clients."

C’est dans ce but que PSA a délocalisé la production d’une partie de ses moteurs. Seul exception, le site de Trnava en Slovaquie. En mai, le constructeur annonçait la fabrication de 200 000 moteurs sur place à partir de 2019. Raison invoquée ? "Le succès du moteur essence 3 cylindres EB Turbo PureTech."

Mais du côté des sites français, la multiplication des lieux de fabrication inquiète, plus particulièrement à Trémery (Somme) et à la Française de mécanique, à Douvrin (Pas-de-Calais). Ces deux sites produisent respectivement deux millions et 400 000 moteurs. Mais lorsque les sites étrangers entreront en service en 2019, la production de Trémery chutera à 1,4 million tandis que celle de Douvrin doublera grâce aux véhicules utilitaires. A l’arrivée, ce sont 200 000 moteurs en moins pour la production française.

Des départs à prévoir

Cette baisse de régime est "une inquiétude pour le site de Trémery", avoue Christian Lafaye, délégué syndical centrale de FO-métaux. Mais la direction assure que les chaînes de moteurs électriques et hybrides assureront l’emploi. "La fabrication de moteurs électriques est prévu mais aucun volume n’a encore été confirmé, dénonce le délégué. Il est indéniable qu’un constructeur doit aujourd’hui se tourner vers les véhicules électriques. Mais sur la fabrication, un moteur électrique nécessite moitié moins de main d’œuvre qu’un moteur thermique."

Même s’il est convaincu qu’il n’y aura pas de "casse sociale", Christian Lafaye est certains que l’arrivée des moteurs électriques face au départ des moteurs thermique fera fondre les effectifs. Selon lui, "la charge de travail en moins sera absorbée par des départ volontaires et une souplesse liée à l’âge de départ en retraite."

Quant à la réputation du Made in France chez PSA, "il ne faut pas s’en inquiéter", rassure le porte-parole du groupe. Selon lui, il est logique que la part de fabrication française diminue avec le plan "Push to Pass". Mais le taux de production en France devrait rester conséquent, "même s’il descend à 75%".

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2 commentaires

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09/11/2016 - 16h34 -

Trémery est à coté de METZ 57 pas dans la Somme Dans le même coin on a BORNY pour les BV
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08/11/2016 - 23h54 -

Produire en local pour vendre aux gens qui vivent sur place, cela me parait plutôt logique et sain... Malheureusement, cette belle logique ne s'applique pas aux clients français, condamnés à acheter de plus en plus de modèles Citroën fabriqués en Slovaquie ou ailleurs. En conséquence, je n'achèterai pas la nouvelle C3 (qui ne sera pas fabriquée à Poissy mais à Trvana); Je vais plutôt me laisser tenter par une Yaris. Si les japonais parviennent à être rentables en distribuant dans le monde entier un modèle fabriqué en France (en plus avec un fort taux de pièces détachées d'origine française!), je ne vois pas pourquoi nos constructeurs tricolores ne feraient pas de même. Après avoir eu deux ZX, une Xsara et une C4, je plaque PSA, écœuré par ces délocalisations qui tuent l'économie. Pour pouvoir consommer, il faut avoir du pouvoir d'achat. Pour avoir du pouvoir d'achat, il faut du travail. Sans usine, pas de travail, pas d'avenir pour nos jeunes, plus de savoir faire (ni de savoir être)
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14/11/2016 - 09h42 -

Ayant vu que la production de la nouvelle C3 se ferra en Slovaquie (pays que je connais, un paradis fiscal pour les constructeurs automobiles où les travailleurs sont très loin de rouler sur l'or), mon choix se ferra sur une Toyota Yaris, pour remplacer un Renault Twingo de première génération produite à l'époque en France.
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