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L'Usine Auto

PSA met au défi ses fournisseurs

Frédéric Parisot , , ,

Publié le

Pour accélérer sa migration vers l’industrie du futur, le constructeur a lancé 20 défis qui ont donné lieu à 30 démonstrateurs réalisés par 60 partenaires.

PSA met au défi ses fournisseurs
Il y a encore du travail à faire pour adapter les cobots à la réalité des opérations au sein d’une usine automobile.
© D.R. ; D.R. ; Pascal Guittet.

Cet été, le groupe PSA organisait la deuxième édition de son Booster day consacré à l’usine du futur. Dans son centre de design de Vélizy-Villacoublay (Yvelines), le constructeur a réuni une soixantaine de partenaires, venus présenter leurs innovations à ses collaborateurs. Avec ses stands, ses cycles de conférences, la journée pourrait ressembler à un congrès d’entreprise classique. Il n’en est rien. PSA sait qu’il doit être rapide dans l’adoption des technologies de l’usine du futur. Pour cette édition 2016 du Booster day, le groupe a décidé que les solutions présentées seraient des réponses à de vrais problèmes. « Lors de la première édition, qui ressemblait davantage à un salon, les fournisseurs poussaient des technologies pour susciter de l’intérêt, résume Yann Vincent, le directeur industriel du groupe. Aujourd’hui, avec ces défis à relever, c’est PSA qui tire des technologies, afin de résoudre des problèmes concrets ». Début 2016, Yann Vincent a demandé à ses différents experts métiers de la direction industrielle de faire remonter les éléments bloquants dans l’adoption des briques technologiques de l’usine du futur. En est ressortie une liste de 20 défis, qui a été soumise à l’écosystème de fournisseurs du groupe. à eux de s’organiser pour y apporter des réponses, en se lançant dans des développements spécifiques ou, comme ce fut le cas dans la plupart des projets, en s’associant à des start-up ou à des partenaires du monde académique.

Un domaine illustre bien cette nécessité d’activer les collaborations entre grands groupes, start-up et centres de recherche, c’est celui de la cobotique, ou robotique collaborative. PSA a lancé plusieurs défis mettant en œuvre des cobots. Si les fournisseurs de robots proposent aujourd’hui des bras adaptés à la collaboration avec les humains, du travail reste à faire pour les adapter à la réalité des opérations au sein d’usines automobile. Par exemple, le défi portant sur la co-action avec un robot double bras. Il s’agissait de concevoir un poste de travail sur lequel opérateurs humains et robots travailleraient côte à côte au montage de soupapes sur des culasses de moteurs. ABB, le fournisseur du cobot à double bras, a pu le programmer pour l’insertion des soupapes, mais avant de proposer un démonstrateur complet il lui a fallu faire appel à Dassault Systèmes, à la start-up TechViz, ainsi qu’à des étudiants de l’Ecam et des chercheurs du CEA. « PSA nous a donnés deux mois pour relever ce défi et proposer un démonstrateur », explique Serge Nadreau, directeur de l’activité robotique d’ABB France. Le démonstrateur en question sait dialoguer avec le logiciel d’exécution de la production, et aide l’opérateur grâce à un projecteur qui met en surbrillance les soupapes déjà insérées par le robot. « Le robot pourra être déplacé d’un poste à un autre, et nous avons créé des assistants à la programmation qui permettent de le paramétrer rapidement », promet Serge Nadreau. Cette application devrait être bientôt installée dans l’usine PSA de Metz. « Ces robots de co-action, facilement implantables et déplaçables, seront très utiles pour améliorer la flexibilité de nos lignes, confirme Yann Vincent. Mais c’est une première étape, la seconde sera celle des robots véritablement collaboratifs ».

Des exosquelettes pour éliminer la pénibilité du travail

PSA a lancé d’autres défis pour aller vers des tâches effectuées conjointement par des hommes et des robots. Parmi eux, un défi sur les exosquelettes. Le constructeur souhaitait un démonstrateur d’exosquelette léger et polyvalent, capable d’éliminer la pénibilité de certains postes ne pouvant pas être robotisés. La start-up nantaise Gobio Robot y a répondu avec une application réalisée en collaboration avec la société Éolane, les universités de Nantes et du Mans. L’opérateur porte un t-shirt connecté à un système de détection d’efforts. Il surveille l’activité musculaire pour repérer l’intention du mouvement, et envoie des ordres à l’exosquelette, qui accompagne les gestes de l’opérateur grâce à des vérins. « Notre système est utile dans les cas où la charge est placée en hauteur ou très bas, et pour les mouvements qui exigent une rotation du buste », précise Pierre-André Foix, directeur associé de la start-up.

Au-delà de la cobotique, le Booster Day a été l’occasion pour PSA de faire avancer les technologies de l’industrie du futur dans différents domaines. Comme l’intégration du scanner 3D avec les logiciels d’usine numérique. Le CEA y a travaillé avec la start-up Levels3D, et propose d’améliorer la précision des modèles d’usine numérique grâce à des scans 3D réalisés sur le terrain. Dans le domaine des chariots logistiques autoguidés (AGV, pour « automatic guided vehicles »), PSA a demandé à ses partenaires de réfléchir à un moyen de faire communiquer des AGV de marques différentes. Le système réalisé en partenariat par Atos, Best Mile, Asti et Ellis Car, permet aux responsables logistiques d’avoir une vue globale de leur parc et de créer des scénarios, quel que soit le fournisseur de l’AGV. On le voit, ces défis que PSA a lancés à ses fournisseurs mettent en évidence la nécessité de travailler à l’intégration des technologies de l’usine du futur. Les briques existent, mais doivent encore interagir entre elles et s’adapter à la réalité du terrain. Et PSA a trouvé une manière originale de mobiliser son écosystème de partenaires sur cette question.

« Ce qui nous intéresse, c’est le résultat »

Yann Vincent, directeur industriel de PSA

- Pourquoi ces défis autour de l’usine du futur ?

Le principe de défis collaboratifs, c’était selon nous la bonne manière d’aborder l’usine du futur. Le sujet ne doit pas  se résumer à des vitrines technologiques. Nous avons réfléchi à quoi pouvait servir l’usine du futur pour PSA. Pour nous ce n’est pas juste implanter les dernières technologies, mais plutôt penser où nous voulons aller. C’est pourquoi nous faisons travailler nos fournisseurs et des start-up sur la résolution de problèmes. C’est en quelque sorte une illustration du changement de culture de PSA. Ce qui nous intéresse c’est le résultat.

- Et pour PSA, quel est le défi ?

Le défi actuel, c’est l’usine excellente. Nous avons l’ambition d’être numéro un dans chaque région en performance industrielle, avec deux axes de travail principaux. La qualité, pour rendre la production plus répétable, et la flexibilité, car notre appareil industriel reste relativement rigide, et il faut savoir changer les modèles et les volumes rapidement et sans surcoût. Le prochain défi, ce sera bien sûr l’usine du futur. Il y a des projets en interne, mais aussi des projets pour lesquels on fait appel à l’extérieur, comme ces défis. Nous savons que ce n’est pas facile pour des petites entreprises ou des start-up de collaborer avec un grand groupe, mais nous voulons développer le travail en commun. 

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