PSA lève le voile sur sa stratégie de rapprochement avec Opel

A l’issue de la présentation des résultats financiers de PSA, Carlos Tavares, le président du directoire, a indiqué que le rapprochement avec l’Allemand Opel permettrait de "créer un champion européen de l’automobile".

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PSA lève le voile sur sa stratégie de rapprochement avec Opel

Il n’y avait qu’un mot sur toutes les lèvres, lors de la présentation ce jeudi 23 février des résultats financiers de PSA: Opel. Pourtant, le président du directoire Carlos Tavares a souhaité mettre l’accent lors de sa présentation sur la rentabilité du groupe français... De quoi donner un gage de confiance supplémentaire?

Pour le patron de PSA, le groupe a désormais les reins solides. Bénéfice net en hausse de plus de 92% à 1,7 milliard. Marge opérationnelle record de 6% pour la division automobile en 2016, soit un point de plus par rapport à l’année précédente. Résultat opérationnel courant à plus de 3,2 milliards d’euros. Pour la première fois depuis 2011, le groupe va par ailleurs distribuer à ses actionnaires des dividendes à hauteur de 0,48 euro par action, tandis que les sommes versées aux employés auront été "les plus élevées depuis dix ans", selon Carlos Tavares, pour atteindre les 277 millions sur l’exercice 2016.

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Seule ombre au tableau: le chiffre d’affaires. En 2016, il a enregistré un retrait de 1,2% à 54 milliards d’euros "à cause d’effets de change défavorables", a défendu Jean-Baptiste Chatillon, directeur financier de PSA. Quant aux ventes, elles dépendent essentiellement de la réintégration de l’Iran dans les comptes de 2016. Mais pour Carlos Tavares, l’essentiel est là. "Nous sommes rentables, générons du cash flow et continuons de croître", a-t-il ainsi martelé devant les investisseurs et la presse.

Une façon de convaincre aussi de la capacité de PSA à redresser Opel. L’alliance avec le constructeur allemand pourrait être cruciale afin de faire croître le chiffre d’affaires de 25% d’ici 2021, comme l’a affiché Carlos Tavares dans ses objectifs. En s’alliant avec la marque pour l’heure détenue par General Motors, le président du directoire de PSA a indiqué vouloir faire un "champion européen de l’automobile".

"5 millions d'unités"

Grâce à Opel et la marque britannique Vauxhall, le Français imagine "dans quelques années un groupe ayant une capacité de 5 millions d’unités et une rentabilité proche de PSA". De quoi permettre à cette entité nouvellement formée d’occuper le deuxième rang européen derrière Volkswagen, mais devant son concurrent national Renault-Nissan.

A rebours des analyses mettant en avant des risques de cannibalisme entre les marques de l’éventuel nouvel ensemble, Carlos Tavares s’est montré – sans surprise – plus qu’optimiste sur l’intérêt du mariage avec Opel. Le président de PSA a défendu "une forte complémentarité entre les deux groupes". "Il y a très peu de cross-shopping entre PSA et Opel-Vauxhall" a-t-il mis en avant lors des résultats financiers. "Malgré toutes les promesses faites, certains marchés dans le monde ne s’intéressent pas aux marques françaises. Par contre, les clients de ces marchés pensent acheter des marques allemandes grâce aux effets des marques premium".

Une alliance plutôt qu'une fusion

Raison pour laquelle en lieu et place d’une fusion, semble se dessiner une alliance à la Renault-Nissan avec le constructeur allemand. "Nous voulons que cette société reste allemande pour être complémentaire par rapport aux autres marques françaises, et puisse donc atteindre une plus grande base de clients", a ainsi expliqué Carlos Tavares.

"C’est une opération gagnant-gagnant: nous améliorons la compétitivité de PSA en termes de coûts et redressons Opel", s’est félicité le directeur de PSA, avant d’ajouter que rien n’était, pour l’heure, encore signé. Quant à la prise en charge des coûts du redressement d’Opel… "Ils seront assurés par Opel" a certifié Carlos Tavares, ajoutant vouloir "créer les conditions pour que le plan de redressement soit développé par la direction et les employés d’Opel, mais grâce à l’aide et la méthodologie" acquise par PSA lors de sa propre sortie de crise.

Il en a aussi profité pour rassurer à nouveau sur les effets en termes d’emplois. "Nous allons respecter les accords passés chez Opel par les organisations syndicales", a certifié Carlos Tavares, mettant en avant ses discussions avec ces mêmes organismes syndicaux en Allemagne, sans toutefois s’exprimer sur le pendant britannique d’Opel, Vauxhall.

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