PSA : les ingénieristes inquiets pour l’emploi et la croissance

Direction et syndicats des cabinets d’ingénierie travaillant pour PSA craignent les répercussions sur leur secteur de l’annonce, par le constructeur auto, de l’arrêt de 2 500 contrats d’ingénierie.

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PSA : les ingénieristes inquiets pour l’emploi et la croissance

Au lendemain de l’annonce par PSA de l’arrêt de 2 500 contrats avec ses prestataires extérieurs, dont 1600 en recherche et développement, la fédération professionnelle Syntec-Ingénierie "tire la sonnette d’alarme" : "délocaliser la recherche et développement, moteur de la croissance, hors de ses frontières, c’est pénaliser sa compétitivité industrielle", critique un communiqué de son président, Alain Bentéjac.

En ajoutant les 500 CDI supprimés dans sa R&D, c’est 2 100 postes de R&D que PSA supprime en France. Dans le même temps, le groupe automobile fait grimper les effectifs de son centre de R&D de Shanghai de 450 à 1 000 salariés, alors que celui de Sao Paulo en emploie plus de 500, et qu’un site de production indien pourrait bientôt accueillir également de la R&D, selon les syndicats de PSA.

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"Nos concurrents européens et internationaux ont compris cette exigence vitale de maintenir une activité de recherche et développement très active sur le sol national, poursuit Alain Bentéjac. C’est ce que montre notamment l’Allemagne dans le secteur automobile."

Altran et Alten, deux des principaux cabinets d’ingénierie de la place, restent prudents et ne souhaitent pas s’exprimer. "Nous attendons d’en savoir plus et de connaître exactement les retombées, pour nous, des annonces de PSA, qui ne sont pas encore des prises de décision", précise une porte-parole d’Altran. Pas question, surtout, de se fâcher avec le constructeur alors que les négociations s’annoncent serrées.

Reclassement

Les syndicats de ces ingénieristes s’inquiètent des retombées sur l’emploi dans leur société, mais pas seulement. "Nous veillerons à ce que les personnes qui rentrent chez nous soient reclassées et pas licenciées", note Jean-Christophe Durieux, délégué syndical CFDT chez Altran. Pour le syndicaliste, "cela fait des années que les constructeurs deviennent de gros systémiers, et sous-traitent de plus en plus, mais jusqu’ici, ils n’avaient pas touché à la R&D, trop stratégique".

Chez son concurrent Alten, un représentant syndical s’attend à de nombreux retours, "mais l’avantage de notre société, c’est qu’on est présent dans beaucoup de secteurs, et dans chaque secteur, chez beaucoup de clients". Il s’inquiète surtout de la stratégie que ces suppressions de postes laissent deviner : "PSA ne veut plus travailler qu’avec des boîtes de service capables de l’accompagner à l’étranger, et nous demande d’être présents en Chine, en Inde, ou au Brésil, afin de baisser les coûts de sa R&D. Mais délocaliser de la connaissance, cela prend du temps. Les industriels qui l’ont fait ont rencontré des problèmes et rapatrié leur R&D.

Alten fait déjà travailler 800 personnes en Inde : la société a ouvert en 2010 une filiale intervenant essentiellement dans l’aéronautique, et racheté en avril 2011 une société indienne, Calsoft Labs, spécialisée dans le conseil en électronique et le logiciel embarqué. Une base asiatique qui lui permet de regarder, aujourd’hui, du côté de la Chine.

Un mouvement que perçoit aussi le Syntec-Ingénierie, qui le dénonce : "les sociétés indépendantes d’ingénierie françaises, pressées par leurs donneurs d’ordre pour des raisons de coûts, délocaliseront leurs prestations innovantes au détriment du développement des savoir-faire technologiques en France".

Tout le monde attend le comité central d’entreprise du 15 décembre chez PSA pour connaître exactement le nombre de postes touché, dans quel site et sur quelles compétences.

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