L'Usine Auto

PSA : le ton monte avec les syndicats

Publié le

Alors que le groupe doit engager une nouvelle discussion autour de l’accord de compétitivité signé en 2013, les syndicats s’inquiètent du projet d’externalisation de certains services, et d’un changement de méthode dans le dialogue social.

Carlos Tavares - crédits PSA 

La discussion s'annonce tendue. Une réunion doit avoir lieu ce mardi 15 septembre à 15h30 entre les syndicats et la DRH du groupe automobile pour évoquer le sort de 360 salariés de la Direction Recherche et Développement (DRD), qui font l’objet d’un plan d’externalisation. Le service est essentiellement en charge des tests de roulage sur le site de La Ferté-Vidâme (Eure-et-Loir), où 117 salariés sont concernés, ainsi qu’à Sochaux-Belchamp (Doubs) sur l’activité ferrage, notamment la conception des machines, où 223 postes sont concernés. PSA veut transférer ces salariés chez l’ingénieriste Segula Technologies.

Inquiétudes

"C'est la façon de traiter ce dossier qui a mis le feu au poudre, explique Franck Don, délégué syndical central CFTC. Si les employés concernés ont la garantie d'avoir le même statut et les mêmes avantages que chez PSA, de pouvoir réintégrer le groupe si l'aventure tourne mal et de pouvoir être partie prenante de leur transfert, plutôt que de se retrouver mis à disposition, la situation sera déjà bien déminée". La direction propose qu’une fois le transfert effectué, une observation de quatre mois soit effectuée. Les syndicats s’inquiètent également de la mauvaise réputation sociale de Segula Technologie.

"Dans cette affaire, c'est autant le fond que la forme qui nous dérange. Notre souci est d'offrir à ces salariés le même package social que chez PSA et qu'ils puisent réintégrer le groupe en cas de problèmes, explique Serge Maffi, délégué syndical central SIA-GSEA. Carlos Tavares a une stratégie : s'aligner sur les pratiques des groupes qui ont de meilleurs résultats que nous, ce qui provoque des inquiétudes chez certains salariés ».

Présent au Salon de Francfort, le Pdg de PSA s'est justifié sur les mesures d'externalisation : "Nous essayons de faire les choses avec la plus grande humanité possible. Nos concurrents ont pris des mesures de même nature" a-t-il déclaré lors d'une rencontre avec la presse, ce mardi 15 septembre.

"Passage en force"

Dans une lettre ouverte adressée à Carlos Tavares la semaine dernière, la CFE-CGC demandait au patron du groupe de "revoir sa copie", n’hésitant pas à parler de "passage en force sans concertation des instances représentatives du personnel, annonciateur d’un changement de méthode de dialogue social (..) La CFE-CGC n'hésite pas à affirmer que le Nouveau Contrat Social a été bafoué".

Le changement de méthode que dénonce le syndicat correspond à l’arrivée d’un nouveau DRH chez PSA, Xavier Chéraud, en remplacement de Philippe Dorge, un des principaux artisans de la signature du Nouveau contrat social fin 2013. 

Le ton monte depuis quelques semaines entre le groupe et ses syndicats. Ces derniers auraient même lancé une action en justice à La Garenne-Colombe (Haut-de-Seine), centre de R&D également concernée par des projets d’externalisation. Faut-il y voir une manière de montrer ses muscles – des deux côtés - en vue de la négociation qui viendra en 2016 sur la suite de l’accord de compétitivité et son éventuel renouvellement ? Elles se dérouleront en tout cas dans un contexte bien différent : la reprise des ventes de véhicules en Europe devrait d’ici là se confirmer, et il est probable que PSA présente en février prochain des comptes annuels pour la première fois depuis longtemps repassés au vert.

Patrick Déniel, avec Pauline Ducamp

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte