PSA, le symptôme d'une industrie française malade

Le premier constructeur français fait l'objet de toutes les critiques après l'annonce de son plan de restructuration.

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PSA, le symptôme d'une industrie française malade

200 millions d'euros. Voilà ce que la maison PSA perd tous les mois depuis le début de l'année. Si l'on fait brièvement les comptes, cela représente une perte sèche de 1,2 milliards d'euros... Un budget avec lequel un constructeur pourrait potentiellement développer deux nouveaux modèles ou se payer une usine...

Face à cette hémorragie, le groupe Peugeot-Citroën -et son patron Philippe Varin- se devait de réagir. Une telle fuite de cash aurait conduit le groupe au bord du dépôt de bilan, stade qu'il n'a pas atteint si l'on en croit les chiffres donnés par le constructeur qui assure avoir 9,5 milliards d'euros en réserve. Certains, comme Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, fustigent d'ailleurs le plan de restructuration en le jugeant si ce n'est injustifié en tout cas inadapté à la situation réelle de l'entreprise. Les salariés, par la voie de leurs représentants syndicaux s'estiment trompés et les politiques se font les porte-voix de cette désespérance. Tous se disent prêts à livrer bataille pour sauver ce qui peut être sauvé.

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La réalité, pourtant, c'est que PSA ne fait plus d'argent en tant que constructeur depuis longtemps. Ses marges sur son métier de fabricant d'automobiles sont étroites pour ne pas dire inexistantes depuis longtemps. Et quand les salariés affirment que les bénéfices partent à 50% dans la poche des actionnaires, ce qu'ils oublient de dire c'est que ce ne sont pas les usines qui génèrent ces revenus mais la banque PSA Finance et son activité de crédit.

Ce drôle de business-modèle n'est plus tenable pour le français. Et, depuis l'arrivée de Philippe Varin, tout le travail du top management a été de restructurer le groupe et son offre pour redresser la rentabilité de sa branche industrielle. C'est pour cela que les deux marques (et surtout Citroën avec sa marque DS) ont opéré une montée en gamme. C'est pour cela que le plan Lean Manufacturing a été déployé dans toutes les usines (surface réduite de 25%) et les bureaux d'étude. C'est pour cela qu'un membre du comité de direction, Grégoire Olivier, a été dépêché en Chine, un marché où le groupe est présent depuis plus de 20 ans sans en tirer les fruits. C'est enfin pour cela que Philippe Varin avait tiré le signal d'alarme sur le poids des charges sociales en France dans une tribune publiée dans le journal Les Echos il y a un an.

On ne peut pas suspecter PSA d'être un industriel froid et sans coeur. Toute son histoire prouve le contraire. Il est même plus patriote que Renault si l'on compare le nombre de voitures produites en France. Pour tout cela, la "curée" qui est en train de s'organiser autour du cas PSA met mal à l'aise. Bien sur, les 8 000 suppressions de poste annoncées sont un drame et un choc pour la nation. Mais n'en restons pas là. Ce plan de restructuration n'est qu'un symptôme. Le mal dont souffre l'industrie française est plus profond. Il touche aux fondements de notre modèle social (parfois trop généreux) et à son mode de financement (qui repose trop sur les entreprises). Si l'on ne veut pas voir mourir les usines, il faudra accepter de revoir ce fameux modèle français.

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