PSA-GM : une alliance, trois projets, cinq dates

 Petit retour calendaire sur l’alliance stratégique entre le français et l’américain et sur les multiples évolutions du projet.

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PSA-GM : une alliance, trois projets, cinq dates

• 29 février 2012 – Signature de l’alliance entre PSA et General Motors

Beaucoup se demandaient pourquoi Philippe Varin était au Salon de Détroit en janvier 2012. La réponse est tombée un mois et demi plus tard. Le PDG de PSA était venu finaliser l’alliance avec l’Américain General Motors, en discussion depuis l’automne. Pour la première fois de son histoire, le groupe s’allie pleinement avec un autre constructeur.

Le partenariat repose sur deux piliers : "le partage de plates-formes de véhicules, de composants et de modules et la création d'une joint-venture d'achat à l’échelle mondiale de composants et de services". PSA et GM veulent développer en commun des "véhicules particuliers de petite et moyenne taille, des monospaces et crossovers" ainsi qu’une plateforme pour des véhicules à faibles émissions de CO2. Un modèle du segment B-popular - des petites voitures à prix réduits - est aussi envisagé au Brésil.

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GM prend 7% de PSA, qui demande à ses actionnaires d’augmenter son capital d’un milliard d’euros. L’opération financière est rapidement menée à bien. D’ici 2016, PSA et GM espèrent dégager 2 milliards d’euros de synergies.

• Printemps 2012 – Spéculations sur une production croisée de véhicules

Les premiers modèles communs ne doivent sortir qu’en 2016 des chaînes, mais des rumeurs dans la presse allemande annoncent déjà des transferts de production entre les usines françaises de PSA et les sites allemands d’Opel, la filiale européenne de GM. Le sort de l’usine de Rennes La Janais (Ille-et-Vilaine) apparaît très incertain : la remplaçante de la berline C5 pourrait être produite en Allemagne, à Rüsselheim, le site historique d’Opel.

General Motors temporise et rappelle deux principes clés de l’alliance. Chaque constructeur doit régler ses problèmes de surcapacités avant d’évoquer la production commune. Opel ne fait pas partie du périmètre de l’alliance, PSA et GM travaillent ensemble. Sur le terrain, de petits groupes d’ingénieurs de PSA s’envolent régulièrement pour discuter avec leurs homologues américains. Chaque mois, un comité de pilotage réunit cinq dirigeants de GM et cinq directeurs de PSA, dont Jean-Christophe Quémard, directeur des programmes et Denis Martin, directeur industriel.

• 02 juillet 2012 – Annonce de l’accord logistique avec Gefco

Quatre mois après la signature, la conclusion d’un accord logistique entre Gefco et GM marque le premier acte concret de l’alliance. Gefco assurera toute la logistique européenne de l’américain, jusqu’en Russie, incluant la livraison de composants aux usines et l’acheminement de véhicules. En septembre, PSA vend 75% de ses parts dans Gefco à la compagnie de chemins de fer russe RZD pour récupérer 800 millions d’euros de cash.

Le 12 juillet, Philippe Varin débute la réorganisation du groupe, qui brûle 200 millions d’euros par mois. La fermeture de l’usine d’assemblage d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) est confirmée et 8000 postes seront supprimés dans le groupe. Le mois de juillet sera l’occasion de passe d’armes entre les syndicats, le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg et la famille Peugeot. Le rapport Sartorius, commandé par Bercy, pointe un flou artistique autour de l’alliance avec GM.

• 24 octobre 2012 – Quatre projets pour l’alliance

Après avoir étudié une dizaine de projets, PSA et GM annoncent avoir retenu quatre projets de véhicules communs : "un monospace compact de marque Opel/Vauxhall et un CUV compact de marque Peugeot, un programme commun de monospace pour le segment des petites voitures de marque Opel/Vauxhall et Citroën, une plateforme modernisée pour le segment des petites voitures à faibles émissions de CO2 destinée à la nouvelle génération de véhicules Opel/Vauxhall, Peugeot et Citroën en Europe et dans le reste du monde et un programme commun pour les véhicules du segment D des marques Opel/Vauxhall, Peugeot et Citroën". Le Brésil est abandonné, faute de consensus sur le business model et clairement, le partenariat se concrétise entre Opel et PSA, non entre GM et PSA.

L’alliance déçoit. Alors qu’elle devait donner vie au premier groupe mondial (si on additionne les 8 millions de véhicules produits par GM et les 3 millions de PSA), l’alliance semble étriquée, resserrée sur l’Europe et ne donnant pas un coup de pouce à l’international à PSA. Pour beaucoup d’observateurs, General Motors impose ses vues à PSA. L’alliance permettrait à l’américain de se débarrasser progressivement de sa branche européenne, largement déficitaire pendant des années.

Les deux constructeurs finalisent par ailleurs le montage de leur coentreprise achats. Une fois active, ils seront les premiers acheteurs du secteur au monde.

• 20 décembre 2012 – Trois projets communs finalement approuvés

Comme promis dans le "master agreement" de l’alliance, PSA et GM lancent officiellement avant le 31 décembre leurs premiers projets communs de véhicules. Les deux groupes rassurent ainsi marchés et observateurs qui doutaient depuis des semaines de l’alliance. Les relations auraient été très tendues entre PSA et GM, au point de menacer le partenariat.

Comme pressenti en octobre, l’alliance est devenue clairement européenne. Les trois projets (un monospace de segment C, un monospace de segment B et une future plateforme pour de petits véhicules écologiques) seront l’œuvre d’Opel et de PSA. Et chaque partenaire devrait produire ses propres voitures dans ses usines, finie la production croisée. Le projet de segment D est abandonné pour le moment. La coentreprise achats se restreint aussi : elle ne portera plus que sur l’Europe.

PSA et GM présentent ces trois projets et la coentreprise comme une première étape, avant de passer à un développement mondial avec notamment le développement commun de petits moteurs, à l’horizon 2017. Le cas du Brésil est de nouveau dans les tuyaux. Les deux groupes donneront plus de détails sur leurs projets début 2013.

Pauline Ducamp

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