PSA fait la cour aux fournisseurs sud-américains

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En 2010, PSA achètera 47 % de ses composants dans les pays low cost. Pour tenir l'objectif, il a commencé à repérer ses futurs fournisseurs de rang 1. Première étape : le Brésil.

Bienvenue dans le supermarché Peugeot Citroën de Sao Paulo ! Ici, les têtes de gondole sont confisquées par les blocs moteur. Des pièces diverses, rangées par technologies (calculateurs, vilebrequins...), occupent les linéaires, comme des boîtes de conserve dans une grande surface. « C'est un showroom, précise Vincent Rambaud, le directeur général de la division Mercosur de PSA Peugeot Citroën. Nous l'avons ouvert en septembre pour montrer aux fournisseurs locaux nos besoins en terme d'approvisionnement. »

Ici, les visiteurs sont conviés à analyser finement les produits exposés pour dire ce qu'ils peuvent fournir. « L'ensemble des composants utilisés pour fabriquer nos C4 Pallas, Xsara Picasso, 307 ou 206 dans nos usines de Porto Real au Brésil et de Palomar en Argentine sont exposés et nous attendons des industriels qu'ils nous fassent des propositions en termes de prix ou de reconception », précise Yannick Beuzard, le directeur des plates-formes, de l'ingénierie et des achats pour la division Mercosur de PSA.

Le constructeur espère ainsi attirer d'autres sous-traitants que ses partenaires historiques comme Faurecia ou Valeo. Arrivé tardivement sur le marché sud-américain (en comparaison de Fiat, Ford, GM ou Volkswagen, présents pour certains depuis près de cinquante ans), le constructeur veut se constituer, sur place, un panel de fournisseurs de rang 1. Répondant à son appel, certains équipementiers brésiliens ont déjà remis des propositions. « Nous avons reçu une dizaine de devis avec des rabais, toujours à deux chiffres et pouvant aller jusqu'à 40 % par rapport aux prix actuels », poursuit Yannick Beuzard.

Malgré ces premiers résultats, PSA ne souhaite pas faire travailler ces fournisseurs immédiatement. « Ces propositions nous permettront de tester leur potentiel. En matière de prix de qualité, de délais et d'ingénierie », souligne le dirigeant. Le constructeur a prévu de lancer, d'ici à 2010, 12 modèles au Brésil et en Argentine, en les développant localement, pour une grande part. Comme en Europe, il attend de ses fournisseurs une « aide » significative. « Si nous voulons concevoir nos voitures ici, ce n'est pas pour faire la navette avec l'Europe ou les Etats-Unis, explique le directeur des achats. En face de nos 1 200 ingénieurs développement de Sao Paulo et de Buenos Aires, nous voulons des interlocuteurs pouvant prendre des décisions de manière autonome. »

Une traçabilité améliorée

Composé à 50 % d'acteurs historiques et à 50 % de fournisseurs locaux, le panel de PSA devrait se renouveler en fonction de la montée en cadence du centre d'ingénierie de Sao Paulo. Aujourd'hui, les usines tournent, avec 50 à 85 % de pièces locales. La montée en puissance de cette sous-traitance devrait faire progresser ces taux et améliorer la traçabilité, en simplifiant le contrôle des fournisseurs de rangs 2 et 3 (souvent à l'origine des problèmes qualité).

Dès janvier, PSA répétera en Argentine l'expérience du « supermarché » brésilien. Mais il ne devrait pas limiter ses investigations à ces deux pays. Plus au nord, le Mexique, véritable atelier automobile des Etats-Unis, constitue une cible de choix. Yannick Beuzard y songe : « Les autres constructeurs y trouvent leur bonheur, pourquoi pas nous ? »

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