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PSA et Fiat-Chrysler modifient leur accord de fusion pour prendre en compte la crise du Covid-19

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Publié le , mis à jour le 15/09/2020 À 07H55

PSA et Fiat-Chrysler Automobiles ont modifié de leur accord de fusion. Les versements prévus pour les actionnaires ont notamment été révisés pour prendre en compte la crise de la Covid-19.

PSA et Fiat-Chrysler modifient leur accord de fusion pour prendre en compte la crise du Covid-19
Le mariage entre PSA et Fiat-Chrysler doit donner naissance au quatrième groupe automobile mondial.

L’impact économique de la Covid-19 rebat les cartes dans la fusion entre PSA et Fiat-Chrysler Automobiles (FCA). Pour conserver l’idée d’un mariage entre égaux, les deux constructeurs ont annoncé lundi 14 septembre la modification de certains termes de leur accord de fusion présenté en décembre 2019. Objectif : renforcer leur trésorerie face à la crise qui a ébranlé le secteur. "Les parties se sont mises d'accord sur les amendements pour répondre à l'impact en matière de liquidités de la pandémie de Covid-19 tout en préservant la valeur économique et l'équilibre fondamental de l'accord initial de rapprochement", ont précisé PSA et FCA dans un communiqué.

Les analystes financiers arguaient notamment que le versement d'un important dividende en cash aux actionnaires de FCA, conduits par l'actionnaire de contrôle Exor (holding de la famille Agnelli) risquait de fragiliser les finances de la future entité. Le dividende exceptionnel que FCA doit distribuer à ses actionnaires avant la clôture de l'opération a ainsi été ramené de 5,5 milliards d'euros à 2,9 milliards. En outre, la participation de 46% de PSA dans Faurecia sera distribuée après la clôture à tous les actionnaires de Stellantis, l’entreprise qui naîtra de la fusion, et plus seulement aux seuls actionnaires de PSA avant la finalisation de l'opération.

Des synergies révisées à la hausse

À la suite de ces amendements, les actionnaires de FCA et PSA recevront chacun 23% de Faurecia tandis que leur poids respectif à 50/50 dans Stellantis, une société qui affiche désormais 2,6 milliards d'euros de cash en plus à son bilan, est maintenu. Les deux groupes envisagent aussi de distribuer 500 millions d'euros à leurs actionnaires respectifs avant la clôture, ou 1 milliard d'euros à tous les actionnaires de Stellantis après la finalisation de l'opération. "L'objectif est de renforcer la structure bilancielle des deux entreprises et de faire en sorte que cet accord aboutisse le plus vite possible", a expliqué à Reuters une source proche du dossier.

Les deux constructeurs ont déjà renoncé à verser leurs dividendes au titre de leurs résultats 2019 - de 1,1 milliard d'euros dans chaque cas - afin de conserver des réserves de cash. Les pouvoirs publics avaient également appelé à la modération vis-à-vis des actionnaires en échange des aides octroyées à l'industrie automobile. Les autres termes du projet, que les deux groupes espèrent toujours finaliser d'ici à la fin du premier trimestre 2021, sont inchangés. En revanche, le montant des synergies annuelles attendues a été révisé à la hausse, passant de 2,8 milliards d'euros à 4 milliards d'euros, au vu des progrès significatifs réalisés par les groupes de travail communs au cours des mois passés.

Quatrième constructeur mondial

La fusion reste cependant toujours suspendue au résultat de l'enquête de la Commission européenne. L'exécutif européen s'inquiète notamment des répercussions de ce mariage sur la concurrence dans les véhicules utilitaires. Dans plusieurs pays, PSA et FCA affichent une bonne position dans ce domaine, qui serait d’autant plus importante en cas de rapprochement de leurs activités. En France, par exemple, PSA affichait une part de marché de plus de 34% en 2018, tandis qu’elle était de 31% pour Renault. Partenaires de longue date dans les utilitaires, PSA et FCA possèdent une co-entreprise baptisée Sevel, à Atessa en Italie. Le site produisait 1 200 véhicules par jour avant la Covid-19.

Une activité profitable pour PSA et FCA, qui espèrent devenir le quatrième groupe automobile mondial après la fusion. Les deux entreprises possèdent un bon ancrage en Europe, en Amérique du Nord ainsi qu’en Amérique Latine. Reste le cas de la Chine, qui apparaît comme une terre de conquête pour les deux entreprises. PSA et FCA ne vendent que quelques centaines de milliers d’unités par an sur le plus gros marché automobile au monde. Un sujet auquel Stellantis devrait s’atteler, en parallèle d’une accélération du passage au véhicule électrique pour répondre à l’évolution des normes d’émissions dans de nombreuses régions, dont l’Europe et la Chine.  

Julie Thoin-Bousquié avec Reuters

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