PSA : cinq options pour s'en sortir

Face à une situation financière du groupe toujours aussi difficile, PSA envisagerait différentes options pour sortir de l’ornière. Le groupe a besoin de 3 à 4 milliards d’euros de liquidités.

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PSA : cinq options pour s'en sortir

DongFeng n’est peut-être pas la seule option pour sauver PSA. Selon des informations dévoilées vendredi 25 octobre par BFM TV, le groupe pourrait choisir de céder des actifs, dont une partie de sa filiale bancaire, Banque PSA Finance. La multiplication des solutions pour sauver PSA souligne surtout que la situation de la maison de la Grande Armée est de plus en plus précaire. Le groupe devrait encore brûler 1,5 milliard d’euros de cash cette année. "PSA a aujourd’hui besoin de 3 à 4 milliards d’euros" affirme une source au fait de la stratégie de l’entreprise. Revue des scenarii pour sauver le second constructeur européen.

option 1 : une alliance avec DongFeng

Une augmentation de capital menée par DongFeng est aujourd’hui l’hypothèse la plus crédible. Et la seule évoquée officiellement par la direction. Le constructeur chinois apporterait des liquidités, en échange d’une coopération renforcée sur le territoire chinois. Suivant la stratégie de l’Etat chinois, DongFeng souhaite devenir un champion mondial de l’automobile, un scénario qui ne peut se faire sans l’appui d’un groupe occidental. PSA mettrait ainsi son savoir-faire industriel et technologique au service du chinois.

L’entrée au capital par DongFeng offrirait des liquidités à PSA pour préparer son avenir et investir en R&D. "Actuellement, en dehors des dividendes, l’argent gagné par PSA en Chine dans le cadre de sa JV avec DongFeng ne peut sortir du pays pour renflouer les caisses de la maison-mère" souligne un proche du dossier. L’entrée au capital résoudrait ce problème. DongFeng pourrait injecter jusqu’à 1,5 milliard d’euros dans PSA.

option 2 : une aide de L’Etat

Le chinois ne serait pas seul à la manœuvre : l’Etat pourrait également devenir actionnaire de PSA. Une augmentation de capital diluerait en effet la participation de la famille Peugeot, avec une prise de contrôle par DongFeng. Une option que le gouvernement veut limiter. "PSA restera une entreprise française", a martelé cette semaine Arnaud Montebourg. L’Etat apporterait ainsi une somme conséquente et assurerait une minorité de blocage à la famille Peugeot. Problème : où l’Etat va-t-il trouver l’argent ?

La perte de contrôle de la famille inquiète en tout cas beaucoup en interne. En assurant une influence au clan Peugeot, le gouvernement sécuriserait l’outil industriel de PSA en France (930 000 véhicules produits en France cette année, 91 000 salariés).

option 3 : la vente d'une partie de Banque PSA Finance

L'hypothèse d'une vente d'une partie de Banque PSA Finance serait également à l’étude. Et elle ne date pas d’hier. En juillet dernier déjà, la vente de tout ou partie de la captive financière de PSA avait été évoquée, avec comme acheteur potentiel la banque espagnole Santander. Selon les informations de BFM, cette opération rapporterait 1,5 milliard d’euros au groupe. Des sources internes démentent ce scénario.

La cession de la banque dégagerait PSA de la caution financière de l’Etat, lui laissant certainement un champ de manœuvre plus important dans ses tractations avec de nouveaux partenaires. Dans la situation actuelle, si la notation de l’un des deux partenaires se dégrade, cela affecte la notation de l’autre. Or début 2014, PSA doit renégocier l’attribution de différentes lignes de crédit. La dégradation de la note de sa Banque affecterait ces négociations. Une vente de Banque PSA Finance découplerait ainsi la notation de l'établissement financier de celle du groupe.

option 4 : une cession de Faurecia

Quitte cependant à vendre des actifs, la cession de l’équipementier Faurecia semble plus intéressante. Cette hypothèse revient elle aussi régulièrement sur la table sans avoir jamais été confirmée. L’équipementier reste pourtant aujourd’hui le joyau de PSA. Faurecia gagne de l’argent et des parts de marché avec une forte présence à l’international auprès des constructeurs allemands.

La capitalisation boursière de Faurecia est aujourd’hui particulièrement basse par rapport à sa valeur réelle, 2,5 milliards d’euros. Ce qui en fait une cible intéressante. Une vente ne serait pas forcément une mauvaise chose pour l’équipementier. En pleine croissance, Faurecia a besoin d’argent frais pour répondre aux commandes et pour investir dans son développement. Or ses profits sont en grande quantité pompés par PSA pour renflouer ses caisses.

option 5 : de nouveaux investissements de General Motors

L’américain a rappelé fin septembre qu’il ne comptait pas investir plus dans PSA. Et l’hypothèse d’une fusion Opel-PSA pour former un grand constructeur généraliste européen semble aussi avoir vécu. Ce scénario est pourtant toujours porté par un certain nombre d’acteurs au niveau européen, une option qui résoudrait en grande partie le problème des surcapacités européennes. Steve Girsky, le numéro 2 de GM, ne s’est cependant pas montré totalement fermé fin septembre à de nouveaux investissements, selon l’évolution du contexte économique en Europe et de la situation de PSA. GM pourrait aussi vouloir bloquer l’arrivée de DongFeng au capital de PSA.

Pauline Ducamp

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