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L'Usine Auto

PSA cherche à sécuriser son plan de performance

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Publié le

Analyse Les salariés de PSA Peugeot Citroën sont inquiets. Le groupe vient d’annoncer un plan de réduction de coûts ce 26 octobre. Avec pour conséquence des suppressions d’emplois en Europe. Pourtant, cette annonce est un ajustement du plan de performance du groupe. Ajustement nécessaire face aux résultats du groupe, en-deçà des objectifs.

PSA cherche à sécuriser son plan de performance © D.R.

Il faut remonter à novembre 2009 pour comprendre les mesures annoncées par le groupe PSA Peugeot Citroën ce 26 octobre. A l’époque, le groupe présente un plan de performance destiné à améliorer son image et à se développer à l’international.

Pour arriver à rattraper son retard en termes de rentabilité, il prévoit des économies à hauteur de 1,1 milliard d’euros par an durant trois ans. En 2010, le groupe a atteint ce seuil et l’a même dépassé (1,5 milliard d’euros), mais la situation est beaucoup plus complexe pour 2011 et 2012, selon les experts.

Accélérer la réduction des coûts

Si en 2009, PSA assure que l’amélioration de sa performance viendra à 55% de réductions de coûts et à 45% de la dynamique commerciale mondiale, en 2012, le groupe ne pourra pas atteindre ce pourcentage pour le second volet. Il doit ajuster son plan via l’autre volet du plan de performance.

"Compte tenu de la dégradation de l'environnement, le volet du plan Performance concernant la croissance des revenus (environ 50% des objectifs du plan) sera difficile à atteindre, explique François Maury, expert chez Oddo Securities. Pour sécuriser les objectifs du plan Performance, PSA a donc décidé d'accélérer coté coûts".

Accélérer les coûts signifie pour le groupe un plan de 800 millions d’euros pour 2012. Pour autant, Florent Couvreur, analyste pour CM-CIC Securities, insiste : "Ce n’est pas un nouveau plan qui s’ajoute au premier, c’est une nouvelle répartition du plan, qui vise à le sécuriser".

Selon les annonces du groupe, près de 6 000 emplois pourraient être visés par ce nouveau découpage du plan. Mais comme le souligne Florent Couvreur, 2 500 d’entre eux concernent des activités externes à PSA. Si bien que selon lui, sur 170 000 emplois au sein du groupe en Europe, "seuls 2% des effectifs sont concernés par le plan".

Malchance de PSA

Le groupe PSA avait préparé le terrain et fait part de possibles réductions de coûts depuis l’été et notamment lors du salon de Francfort en septembre. Car déjà à ce moment-là, les ventes du groupe n’étaient pas au beau fixe. Depuis le début de l’année, les ventes mondiales du groupe (voitures montées) ont à peine progressé de 0,1%. Et surtout, sur le marché européen, le groupe affiche un recul de 6% de ses ventes.

Selon les experts, le constructeur a joué de malchance cette année. En effet, les conséquences du séisme au Japon lui ont coûté 250 millions d’euros. Somme à laquelle s’ajoute l’impact du problème de pénurie de vis qui a affecté son fournisseur Agrati en septembre, et donc indirectement lui aussi. Une situation qui a impacté son chiffre d’affaires à hauteur de 150 millions d’euros et qui a concerné près de 45 000 unités.

Mix géographique en cause

Mais plus structurellement, les experts estiment que le groupe souffre de ses décisions stratégiques. Pour Florent Couvreur, l’activité automobile sous-performe du fait d’un mauvais mix géographique, le groupe étant exposé à des marchés en difficulté, comme l’Italie ou l’Espagne.

"Si l'on retranche les ventes en Chine et en Iran qui ne contribuent pas ou peu au CA et au résultat opérationnel, PSA est le groupe le plus euro centré, là où la croissance est la plus faible, commente François Maury. En outre, en Europe, PSA à l'image de Renault, est plus exposé sur les marchés d'Europe du Sud aujourd'hui en situation plus délicate".

Des choix stratégiques

A cela s'ajoute le fait que le groupe ne souhaite pas entrer dans une politique de bataille de prix : "il veut conserver ses marges sur ses véhicules qui sont plus Premium qu’auparavant et plus Premium que son concurrent Renault, d’après Florent Couvreur. Or, en ne segmentant pas les productions, en continuant à fabriquer des voitures à bas coûts dans des pays à forte valeur ajoutée, les constructeurs continuent à perdre de l’argent".

Avec selon l’expert des conséquences pour l’emploi dans l’Hexagone. "Cela n’incite pas à rester en France. Il faut faire des choix stratégiques : soit conserver l’emploi en France avec des constructeurs sous perfusion, soit accepter de changer de stratégie, quitte à impactée l’emploi en France, mais avec des constructeurs solides qui peuvent investir dans l’Hexagone". Et François Maury de rajouter : "aujourd’hui, l’objectif n'est pas de réduire les coûts mais de le faire plus vite que les concurrents". Un défi que PSA doit relever.

Résistance

Malgré tout, à côté de son activité automobile, le groupe peut compter sur des pôles résistants. A l’instar de l’équipementier. Faurecia profite de son mix géographique moins européen que ses concurrents et du succès de son premier client Volkswagen, qui vient d’être élu constructeur numéro un mondial.

PSA Peugeot Citroën a aussi un plan de performance, qui "tient la route, pour François Maury. Il vise à améliorer l'image des marques et des produits du groupe .. ça prend du temps. Il vise également une accélération du développement des ventes à l'international. C'est en cours mais PSA est parti plus tard que ses concurrents."

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1 commentaire

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27/10/2011 - 10h25 -

On ne parle ici que des employés de PSA. Mais pensez vous vraiment que les 2000 BEX (Bureau d'Etudes Extérieures) ou prestataires de service vont conserver leur emploi dans leurs sociétés (Alten, Altran, Segula, ...) ?
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