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Quotidien des Usines

PSA Aulnay : "La ville n’a pas dit son dernier mot !"

Pauline Ducamp , , , ,

Publié le

Entretien Gérard Ségura, maire d’Aulnay-sous-Bois, a demandé à rencontrer rapidement Philippe Varin, président du directoire de PSA, pour que les collectivités locales soient désormais au cœur des discussions sur l’avenir du site.

PSA Aulnay : La ville n’a pas dit son dernier mot ! © D.R. - PSA Peugeot Citroën

Sommaire du dossier

L’Usine Nouvelle - PSA travaille actuellement à une reconversion du site d’Aulnay-sous-Bois, après l’annonce de l’arrêt de la production sur le site en 2014. Etes-vous associé aux discussions ?
Gérard Ségura - Absolument pas et je le déplore. Pendant les onze derniers mois, nous avons été laissés en dehors du processus et quand nous posions des questions, la direction de PSA nous répondait que la fermeture du site n’était pas à l’ordre du jour ! Il faut perdre rapidement cette habitude de laisser les élus dans la méconnaissance des décisions stratégiques. J’ai d’ailleurs demandé à rencontrer rapidement Monsieur Varin.

L’Usine Nouvelle - Plusieurs sociétés se sont montrées intéressées par les terrains de l’usine. Vous ont-elles contacté ?
Gérard Ségura -
J’ai seulement été en relation avec la société du Grand Paris. Ils sont très intéressés pour implanter sur le site les ateliers de maintenance pour les métros. Cette solution occuperait 5 à 6 hectares, pour seulement 250 à 300 emplois. J’ai donc été surpris d’entendre parler de Gefco et de voir dans la presse Monsieur Varin annoncer que 600 emplois étaient presque assurés. Là encore c’est insupportable de l’apprendre ainsi !

On évoque aussi un regroupement des concessions de PSA en Ile-de-France sur le site, voire une plateforme centralisée pour des concessions d’autres marques. Ces projets d’implantation vont demander des modifications sur le site, la construction de bâtiments. PSA préparerait actuellement une demande de permis de construire pour son projet de concession. Il n’est pas question pour les collectivités locales d’être absentes de ces prises de décisions. La ville n’a pas dit son dernier mot sur l’immobilier !

L’Usine Nouvelle - Vous avez évoqué depuis plusieurs semaines une possible expropriation des terrains. Etes-vous toujours sur cette ligne ?
Gérard Ségura - Je n’ai pas évoqué cette possibilité sur le coup de la colère. C’est une démarche posée et réfléchie. Le travail sur cette hypothèse a été réalisé par le service juridique, avec le département et la région. Tout peut aller très vite, nous pouvons avoir bouclé ce dossier dans les 3 à 6 mois qui viennent. Le Nord-Est parisien est la prochaine zone de développement économique de l’Ile de France, entre les autoroutes, les deux aéroports et le métro du Grand Paris d’ici 2018/2020.

L’Oréal investit dans le secteur, via sa filiale de production des produits Garnier. Guerbet, le spécialiste français des produits de contraste pour l'imagerie médicale, a aussi investi 45 millions d’euros. Et c’est à ce moment que PSA décide de fermer son outil de production. C’est un mouvement contradictoire. Et ce sera plus compliqué pour les collectivités locales d’attirer des entreprises et de faire baisser le chômage.

L’Usine Nouvelle - Quelles sont les conséquences pour la ville d’Aulnay-sous-Bois de l’arrêt de la production sur le site PSA ?
Gérard Ségura -
Les conséquences sociales sont très graves. 400 salariés du site habitent à Aulnay et beaucoup d’intérimaires de l’usine sont des jeunes de la ville. Or le chômage des 18-25 ans atteint les 40% dans ma commune. Les services sociaux sont déjà saturés, nous allons vers un appauvrissement des quartiers. Ensuite, alors que d’autres sociétés investissent dans le secteur, le retrait de PSA, le major économique du bassin, n’envoie pas un signal positif. Enfin ce sont 5,5 millions d’euros qui disparaissent du budget de la commune (210 millions d’euros au total). Cette somme correspond par exemple à la construction de deux crèches ou au fonctionnement de cinq grands services municipaux. Nous avons lancé l’année dernière un plan d’économies et avons économisé difficilement 1,5 millions d’euros. Là, même si nous ne perdrons que 25% des 5,5 millions l’an prochain, c’est une somme beaucoup plus élevée que notre plan d’économies, qui va nous manquer d’un coup.

L’Usine Nouvelle - La semaine s’annonce déterminante. Quel est votre agenda des prochains jours ?
Gérard Ségura -
Je vais rencontrer des représentants de la région, des syndicats aussi. J’espère aussi m’entretenir avec Monsieur Varin dans les prochains jours. Les élus de l’ACSIA (Association des Collectivités de Sites d’Industrie Automobile), dont je fais partie, ont demandé à être reçus par l’expert du gouvernement, Emmanuel Sartorius. Pour l’instant, nous sommes dans l’expectative, depuis le 12 juillet, nous avons basculé dans une situation nouvelle. A partir du 25 juillet, tout sera officiel. Jusqu’à présent, nous n’étions jamais au cœur de la discussion. Mais dès mercredi se poseront les questions du foncier et de l’intervention de la ville.

La fermeture d’Aulnay-sous-Bois, une affaire mondiale
 
Si les débats autour de l’usine PSA Aulnay agitent la presse française, la question a dépassé les frontières françaises. Les médias allemands, du Handelsblatt à la Frankfurter Allgemeine Zeitung, se sont saisis du sujet, miroir des difficultés d’Opel, le futur partenaire de PSA dans l’Alliance avec GM. Mais Gérard Ségura doit répondre depuis quelques jours à des sollicitations de journaux japonais, coréens ou américains, comme le New York Times. "La dernière fois que nous avions eu l’honneur des médias internationaux, c’était en 2005 (lors des émeutes urbaines, ndlr). Que nous y revenions aujourd’hui, à cause de PSA, n’est pas une bonne chose, confie le maire d’Aulnay. Notre notoriété s’est améliorée depuis les évènements de 2005. Je ne voudrais pas que cette tendance s’inverse".

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