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L'Usine Auto

PSA Aulnay entre colère et mobilisation

Pauline Ducamp , , ,

Publié le

Les salariés du site se sont donnés rendez-vous le 11 septembre pour mettre en place leur plan d’actions suite à l’annonce de l’arrêt de la production en 2014.

PSA Aulnay entre colère et mobilisation © Pauline Ducamp - L'Usine Nouvelle

La tension était palpable jeudi 12 juillet devant les portes de l’usine d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Après l’annonce par la direction de PSA de l’arrêt de la production en 2014 et la disparition des 3 000 postes sur le site, salariés et représentants syndicaux ont débrayé pour manifester leur colère. "Aujourd’hui la baudruche se dégonfle, il faut faire retomber la pression", analyse Patrick Boubour, représentant syndical CFE-CGC, qui travaille à Aulnay-sous-Bois depuis 1975.

Sur le podium, lors de la valse du changement d’équipe du début d’après-midi, Jean-Pierre Mercier manifeste au micro la rage de ses "camarades ". "Cette annonce, ça fait un an qu’on s’y prépare, après avoir révélé le document secret de la direction préparant la fermeture, lance le délégué syndical CGT. Depuis un an, la direction ment à l’opinion publique. On ne peut plus lui accorder le moindre crédit !" A l’évocation des 9,5 milliards d’euros de garanties financières du groupe, des cris fusent : "200 000 euros !", allusion à un hypothétique montant de prime de départ.

Ne pas quitter le groupe

Les départs, ce sera le cœur de la lutte des employés de l’usine d’Aulnay. "Maintenant, il va falloir apporter du soutien aux salariés et trouver les meilleures conditions de départs et de reclassement", précise Bernard Richard, représentant syndical CFE-CGC. PSA a prévu de reclasser 1 500 salariés en interne et 1 500 en externe. Mais avec les nouvelles mesures de réduction d’effectifs (6 500 départs nets) annoncés ce matin, les employés ne croient pas vraiment pouvoir retrouver un poste dans le groupe. "Je ne veux pas quitter le groupe PSA, mais si on m’envoie à Poissy, il faudra des contreparties, pour le déménagement par exemple", explique Salim, qui travaille depuis 8 ans à Aulnay-sous-Bois, comme formateur sur les nouveaux lancements.

Avec une moyenne d’âge supérieure à 45 ans, les salariés ne savent pas comment retrouver un emploi, malgré les formations qui accompagneront le reclassement externe. PSA a annoncé que le site d’Aulnay serait reconverti, avec des activités propres au groupe et l’installation de nouvelles activités automobiles et industrielles. "C’est encore vague. Il y aurait des projets de logistiques, mais les entreprises qui viendront s’installer ici viendront avec leurs matériels et leurs salariés. Tout au plus, quelques centaines de salariés PSA retrouveront du travail sur place", estime Bernard Richard.

Rendez-vous le 11 septembre

Sur le maintien de l’emploi, le maire d’Aulnay-sous-Bois Gérard Ségura, présent lors de la manifestation, est lui pris à partie par plusieurs salariés. Ils lui demandent comment un gouvernement socialiste peut laisser PSA fermer le site d’Aulnay-sous-Bois. "Je ne suis pas le président de la République ! temporise l’élu. On verra pour le terrain du site, il faut surtout se battre pour préserver les emplois. Moi, je me suis toujours battu pour que le groupe dise la vérité sur l’avenir de l’usine". Gérard Ségura a évoqué ce matin l’expropriation des terrains, suite à l’annonce de l’arrêt de l’activité à Aulnay en 2014.

A la région Ile-de-France, le cas d’Aulnay doit permettre une véritable réflexion sur la filière automobile française. "Au-delà de cette usine, il faut s’interroger et voir en 2020 quelles activités mécaniques et automobiles en termes de sites, de production et de valeur ajoutée doivent demeurer en France", pointe Jean-Paul Planchon, vice-président de la région Ile-de-France chargé des questions économiques.

Avant 2020, les salariés d’Aulnay-sous-Bois se sont donnés rendez-vous le 11 septembre, pour une assemblée générale. Au menu : un programme d’actions, qui ira au-delà des grèves et se veut presque un pied de nez à la direction. "Si c’est Aulnay plutôt que Poissy qui ferme, c’est parce qu’à un moment, on n’a pas su moderniser notre outil de production mais aussi car le site n’a pas les mêmes antécédents. Il a connu des mouvements sociaux durs en 1982, 1984 et 2007, explique un salarié, avant de conclure pudiquement. C’est un facteur qui a des influences".

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