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Proximité des usines avec leurs territoires, Big Data : les recettes de la Fabrique de l’industrie pour l'avenir

Arnaud Dumas , , ,

Publié le

Au cœur de la Basse Normandie, dans un château du XVIIème siècle, la Fabrique de l’industrie a réuni une cinquantaine de chercheurs et de chefs d’entreprise pour réfléchir à l’avenir de l’industrie en France. Proximité des usines avec leurs territoires, et numérisation de l’industrie font partie des pistes de réflexion pour le futur.

Proximité des usines avec leurs territoires, Big Data : les recettes de la Fabrique de l’industrie pour l'avenir © Pascal Guittet

Les boiseries de la bibliothèque du château de Cerisy-la-Salle (Manche) n’en reviennent toujours pas. Pendant une semaine, du 3 au 10 juin 2014, les acteurs de l’industrie se sont retrouvés dans ce lieu retiré, au milieu de la campagne de Basse-Normandie, pour réfléchir aux enjeux actuels et futurs de l’industrie.

Le Centre culturel international de Cerisy-la-Salle, qui accueille régulièrement des séminaires sur des sujets littéraires, artistiques ou économiques, s’est pour la première fois mis au diapason de l’industrie. Une cinquantaine de participants se sont installés dans les dépendances du château pendant une semaine, pour participer aux séances de travail collectives.

C’est la Fabrique de l’industrie, le think tank co-présidé par Louis Gallois, le président du conseil de surveillance de PSA, et Denis Ranque, le président du conseil d’administration d’Airbus group, qui a décidé d’organiser ce colloque encore inédit. En choisissant de le faire sur un temps long, plus propice à la réflexion, et en réunissant aussi bien des industriels, des chercheurs en économie que des responsables du développement économique des territoires.

Le territoire, "un incubateur à nouveau business"

Alors que la France peine à enrayer le mouvement de désindustrialisation, les participants au colloque ont lancé la réflexion sur les moyens de relancer l’activité des usines. En allant parfois à revers des idées reçues. A l’époque de la mondialisation, Antoine Frérot, le président de Veolia Environnement, propose ainsi aux entreprises de se rapprocher de leur territoire.

"Le territoire, c’est l’échelle de l’innovation ouverte et collective, explique-t-il. Il faut penser local et agir global, non l’inverse" Le président de Veolia plaide pour des responsables politiques locaux moteurs dans la détermination d’objectifs de développement économique du territoire, et d’entreprises locales pilotes de cette stratégie.

Avec un bénéfice pour chacune des deux parties. Pour l’industriel, le territoire (souvent à l’échelle de l’agglomération, selon Antoine Frérot) peut s’avérer être un "incubateur à nouveau business". Les pôles de compétitivité ont d’ailleurs leur rôle à jouer dans cette stratégie locale, mais à condition que les entreprises en saisissent bien le potentiel. "Les pôles de compétitivité sont encore des enjeux périphériques pour les grandes entreprises, tranche Antoine Frérot. Ils relèvent de la direction R&D, pas de la direction générale."

Saisir l’opportunité du Big Data

La numérisation de l’économie bouscule aussi les frontières de l’industrie et représente autant une menace, du fait de l’arrivée de nouveaux acteurs, qu’une opportunité, pour les entreprises qui sauront prendre le tournant du Big Data. Deux experts de l’économie numérique, Stéphane Distinguin, le président de FaberNovel, et François Bourdoncle, le fondateur d’Exalead, ont éveillé la sensibilité des participants du colloque sur ces thèmes.

Pour Stéphane Distinguin, l’une des priorités consiste à diffuser la "culture du code" dans l’éducation des jeunes. A la fois parce que les entreprises du numérique auront de plus en plus besoin de développeurs capables d’aligner les lignes de code. Mais aussi parce que cette culture permettra de créer les futurs entrepreneurs.

Quant aux industriels, ils doivent prendre en marche le train de la révolution numérique, qualifiée de "nouvelle révolution industrielle" par François Bourdoncle. L’enjeu principal consiste à savoir capturer les données, les analyser et s’en servir pour se rapprocher du client. Un petit jeu duquel les géant du net (Google, Apple, Facebook, Amazon) sont devenus les maîtres, menaçant les industries traditionnelles.

Une problématique à laquelle les industriels participants à La Fabrique de l’industrie semblaient sensibilisés. Mais qui pose néanmoins, pour les grands groupes, des  difficultés d’appropriation. "Comment une grande entreprise comme la nôtre passe à la numérisation ?", demande Antoine Frérot. Le choix de la joint-venture avec une start-up constitue une piste mais pose des problèmes d’assimilation par le reste des salariés.

Pour Louis Gallois, le co-président de La Fabrique de l’industrie,  le seul moyen de bénéficier de l’innovation numérique des jeunes pousses consiste à externaliser la gestion de la relation avec les start-up, via des holdings. "Si on les rachète, on les tue", résume-t-il. La relation des grands groupes avec l’écosystème de l’innovation constitue néanmoins l’un des plus importants challenge à relever. Le colloque de la Fabrique de l’industrie aura permis aux chercheurs et industriels d’en prendre conscience.

Arnaud Dumas

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