Provence : Comment développer la sous-traitance de proximité

Une meilleure information peut permettre de nouer des relations entre établissements de grands groupes et PME. Combler les lacunes du tissu économique prendra plus de temps.

Partager

Ils se connaissent peu, mais ils le déplorent. Industriels, sous-traitants et prestataires de services d'Aix-en-Provence et de sa région estiment qu'ils ont tout à gagner à développer leurs relations. "D'un côté, nous manquons de passerelles pour approcher les grands groupes installés localement et dont les circuits commerciaux transitent souvent par Paris. De l'autre, nous souffrons d'une carence de sous-traitants de proximité, ce qui nous oblige à des aller-retour incessants à Lyon, Saint-Etienne ou Grenoble", explique Jean Mauget, gérant d'Image Technologie, une société d'ingénierie de douze personnes spécialisée dans la vision artificielle.Le 31mars, les industriels et les dirigeants de sociétés de services de la région aixoise se réuniront autour d'un débat sur ces questions, dans le cadre du Salon de la nouvelle entreprise (1). Une occasion de prendre la mesure des insuffisances locales et de tenter d'y remédier. Une première constatation: le tissu industriel régional n'est guère propice aux percées commerciales des entreprises qui se positionnent sur des marchés neufs. "Entre les géants des secteurs traditionnels comme Sollac, Eurocopter, Shell ou le CEA et les PMI de moins de 50salariés, les relations sont limitées", témoigne Alain Didier, gérant de Fress Synergie. Un an après sa création, cette société de services en GPAO compte plus de quaranteréférences industrielles en France, mais aucune localement.

Des compétences locales mal connues

Peu nombreux, les établissements de 200 à 1000 salariés sont de surcroît rarement indépendants, et leurs fournisseurs sont souvent désignés par leurs sièges parisiens. "Bien que nous n'ayons dans la région pratiquement pas de concurrents, nous y réalisons seulement 20% de nos ventes", observe Jean-Pierre Kuhn, P-DG d'Aria (20salariés), spécialisée dans l'automatisation de processus industriels. Les PMI de l'ingénierie se jugent dans leur ensemble mal informées sur les compétences locales, ce qui ne favorise guère les partenariats. Et puis, le tissu économique comporte des lacunes dans des métiers essentiels comme la micro-mécanique, le traitement de surface, la plasturgie, la production de circuits imprimés ou le câblage de cartes électroniques. Ce qui est doublement néfaste: cela pénalise les PMI des secteurs les plus porteurs face à leurs concurrents parisiens ou lyonnais (pertes de temps, coûts logistiques...) et n'incite guère à l'implantation d'activités de production susceptibles de renouveler le tissu industriel. Un cercle vicieux dont la région, résolue à

se muscler, cherche précisément à s'extraire. Fort heureusement, les secteurs de l'aéronautique, de l'armement et de la pétrochimie offrent encore des perspectives de développement pour des PMI qui savent se positionner sur certaines niches.

Dans l'instrumentation la filière locale fonctionne bien

"Dans l'instrumentation pour la maintenance ou les essais, la filière locale fonctionne plutôt bien", juge Bernard Bonat, patron de Datamétrix (six personnes), qui conçoit et fabrique des équipements de télémesure et de radiocommunication. Mais attention! "L'avantage que nous procure l'argument de proximité se transforme en un handicap sur les marchés extra-régionaux", prévient Gérard Algré, le patron de Compagna Varenne Instrumentation. En outre, les grands

fabricants, peu présents sur le marché local, commencent à s'y intéresser. Il nous faut surveiller de très près notre compétitivité." Didier COUNAS



Gemplus entraîne peu

Le succès de Gemplus profite peu jusqu'à présent aux entreprises provençales. Le champion de la carte à puce a beau réunir à Gémenos et à La Ciotat son siège, deux de ses trois usines et les trois quarts de son effectif, 75 à 80% de sa sous-traitance échappe à la région. Un score que Pierre-Henri Odin, le directeur des achats, s'efforce d'améliorer. "Mais la tâche est difficile, reconnaît-il, car on trouve ici encore trop peu d'activités de production. Et, bien que nous ayons des besoins finalement assez classiques pour l'étude, la fabrication ou les essais de nombreux équipements simples comme des lecteurs de cartes, le temps nous manque pour étudier des propositions pour lesquelles nous sommes souvent déjà pourvus. L'offre effectuée doit être rapide et bien ciblée!" (1) Débat animé par "L'Usine Nouvelle" et organisé par le Club des créateurs d'entreprises du Pays d'Aix. Tél.: 42-63-04-04.

USINE NOUVELLE N°2495

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

  • Recherche le contact d'un décideur ou d'une entreprise industrielle

    PRESENTS
ARTICLES LES PLUS LUS