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Provence-Alpes-Côte d’Azur : Eurocopter fait décoller ses fournisseurs

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Enquête L'hélicoptériste cherche à conforter le tissu de ses partenaires autour de Marignane (Bouches-du-Rhône). Il s'investit pour accélérer l'évolution des PME avec l'appui du pôle de compétitivité Pégase.

Provence-Alpes-Côte d’Azur : Eurocopter fait décoller ses fournisseurs
Sur son site de Marignane, Eurocopter emploie 10 000 salariés.

« Le tissu de PME régionales manque de maturité pour rayonner dans l'aéronautique européenne. Nous souhaitons l'aider à grimper en compétences pour que notre croissance rejaillisse sur le territoire », explique Gérard Goninet, le directeur des sites France d'Eurocopter et le président du pôle de compétitivité Pégase. L'hélicoptère du futur, baptisé X4, auquel Eurocopter doit contribuer pour 550 millions d'euros, bénéficie du label Investissements d'avenir. Il doit accélérer la structuration de la première filière industrielle de Provence-Alpes-Côte d'Azur (5,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires, 40 000 emplois dans l'aéronautique civile et 45 000 dans la défense).

Lancé le 18 octobre, le projet Henri Fabre servira de propulseur. Ce technocentre, spécialisé dans la mécanique, les matériaux du futur et l'ingénierie de services avancés à l'industrie, se concentrera sur Marignane, où Eurocopter emploie 10 000 salariés, et sur les communes voisines de Saint-Victoret et Vitrolles. Objectif : générer 6 000 à 8 000 emplois. « Il va offrir au territoire le grand pôle industriel aspirateur de croissance et d'emplois qui lui manque », assure le préfet de la région, Hugues Parant. Pour Eugène Caselli, le président de la communauté urbaine de Marseille, Eurocopter doit jouer en Provence le rôle d'Airbus en Midi-Pyrénées.

550

C'est le nombre de fournisseurs d'Eurocopter qui sont implantés en Paca.

Croissance et business plan

L'écosystème se met en place. « Nous avons besoin de partenaires robustes, fiables et pérennes, capables de s'élever à notre niveau d'exigence », insiste Gérard Goninet. Le pôle Pégase a diagnostiqué atouts, carences et attentes des start-up et PME. « Pour chaque adhérent, nous identifions ses leviers potentiels de croissance et les outils disponibles pour muscler son business plan. Nous l'accompagnons dans son perfectionnement », explique Jean-Yves Longère, le directeur du pôle. Les PME peuvent faire appel à la plate-forme d'équipements mutualisés Inovsys (usinage, ingénierie numérique, fonderie rapide), installée à Aix-en-Provence et prochainement à Marignane.

« Une perspective encourageante »PIERRE GALTIER, PDG d'IEA à Saint-Chamas (Bouches-du-Rhône)

  • Quelle est l'activité d'IEA ? Créée en 2005, la société intervient en ingénierie de certification d'aéronefs et d'assistance technique des industriels. IEA emploie 22 personnes pour 1,74 million d'euros de chiffre d'affaires en 2012.
  • Quelles relations entretenez-vous avec Eurocopter ? En 2009, le groupe représentait 80% de notre chiffre d'affaires ; en 2011, seulement 10%. Avant, nous traitions en direct. Maintenant, nous devons passer par des groupes d'ingénierie, tels Akka, Alten ou Apsys, devenus ses interlocuteurs de premier rang. Nous avons perdu en proximité, même si nos ingénieurs travaillent sur certains programmes, comme le Tigre avec Apsys.
  • Qu'attendez-vous des intentions affichées par Eurocopter vis-à-vis des PME ? Pour grandir, les PME ont besoin de contrats. Il faut leur permettre de répondre directement à des cahiers des charges. L'État et Eurocopter veulent s'appuyer sur le projet de technocentre Henri Fabre pour approfondir les relations entre donneurs d'ordres et PME. Cette perspective me paraît encourageante.

 

Grandir implique aussi de trouver du personnel qualifié. Pégase coopère avec Pôle emploi pour traiter les offres et faciliter la reconversion de demandeurs d'emploi sur des métiers en pénurie. Entre 2009 et 2011, ce partenariat a permis de combler plus de 350 offres. « Nous rencontrons des difficultés sur tous les postes », admet Laetitia Gouasé, la responsable recrutement chez Derichebourg Atis Aéronautique. Eurocopter et quelques sous-traitants cherchent à développer l'alternance, via le centre régional de formation de l'industrie à Istres. Pourtant, le flux reste insuffisant. L'hélicoptériste envisage d'orienter vers les PME des alternants qu'il forme (400 en 2012), mais n'embauche pas.

L'offre immobilière est parallèlement redéployée pour des industries et des services aéronautiques. Le technocentre Henri Fabre s'ancre dans la zone des Florides à Marignane, où se situe la plate-forme logistique créée par Daher avec Eurocopter. « Le projet va favoriser l'industrialisation de services indispensable au support de l'hélicoptère du futur, mais aussi du futur réacteur Iter ou d'autres », assure Patrick Daher, son président. Le promoteur AnaHome y a édifié deux bâtiments et en prévoit un troisième. Nexity, lui, investit dans un village d'entreprises.

Akka Technologies a prévu de regrouper aux Florides 200 collaborateurs tout en installant des consultants dans Eurosud. Ce programme de bureaux de 11 000 m2, initié par Eurocopter près de son siège avec le Groupe Lazard, recevra en 2013 des prestataires dispersés sur son site. « Nous sommes devenus l'un des cinq premiers fournisseurs de l'hélicoptériste en élargissant sans cesse notre offre, explique Nicolas Pacault, le vice-président aéronautique d'Akka. Nous pouvons associer à nos prestations des PME dans des « work packages » avec engagement de résultats. »

 

Un partenariat à long terme

Dans les PME, ces mouvements créent de l'effervescence. Fabricant de soupapes pour le nucléaire, Weir Power et Industrial, à Saint-Victoret, a acquis de nouvelles machines pour accroître sa diversification dans les pièces de structure pour l'aéronautique. « Nous visons 100 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2016, dont 20% dans l'aéronautique, en évoluant d'un statut de fournisseur d'Eurocopter à interlocuteur de premier rang », assure Christian Goetz-Charlier, le président de Weir France. Autre sous-traitant d'Eurocopter, le groupe familial Bonnans (usinage, procédés spéciaux, réparation...) va quitter Marseille pour construire à Marignane 5 600 m2 d'ateliers et de bureaux.

L'appel d'air de l'hélicoptériste est ressenti jusqu'à Toulon (Var). Philippe Robert, le PDG de Smac (pièces techniques en élastomère) a investi dans des presses pour anticiper une hausse des demandes : « L'amélioration du confort acoustique des cabines est stratégique pour l'hélicoptère du futur. Eurocopter a bien identifié notre expertise sur les pièces les plus techniques. » Si certaines start-up innovantes redoutent de voir le numéro un mondial s'accaparer leurs technologies, d'autres les ont déjà proposées à l'instar de la start-up La mesure sur mesure, implantée à Aix-en-Provence. Elle est l'inventrice du Captiflex, un dispositif testé par la Direction générale de l'armement (ministère de la Défense) pour effectuer des mesures à moindre coût lors d'essais en vol.

Gérard Goninet sait qu'il lui faudra du temps pour convaincre les sceptiques : « Nous voulons vraiment construire un partenariat de long terme. À l'avenir, le processus doit conduire les PME à vendre leur savoir-faire à d'autres en France et à l'étranger. C'est un vrai virage industriel pour la région. »

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