Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Santé

Des substances chimiques identifiées dans les tampons, que dit l'Anses?

Sybille Aoudjhane , , ,

Publié le , mis à jour le 23/07/2018 À 15H23

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail a réalisé une enquête sur la présence de substances chimiques dans les protections hygiéniques. Beaucoup de produits ont été quantifiés mais à taux faibles. L'Agence voudrait opter pour un cadre réglementaire plus restrictif, et demande aux industriels de faire des efforts. 

Des substances chimiques identifiées dans les tampons, que dit l'Anses?
HAP, pesticides, dioxines, beaucoup de produits ont été retrouvés dans les protections hygiéniques.
© Anses

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a publié une "évaluation des risques sanitaires relative à la sécurité des protections intimes". L’Agence a été saisie en avril 2016 par la Direction générale de la santé (DGS) et la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) pour réaliser cette enquête.

Elle confirme que des substances chimiques "ont été identifiées dans ces produits" mais "en très faible concentration et sans dépassement des seuils sanitaires". L’Agence n’a pas mis en évidence de risques liés à ces substances. Elle adopte alors une posture de recommandation auprès des industriels qui devraient "réduire au maximum la présence des substances chimiques".

L’autre partie des recherches reposait sur le risque du syndrome de choc toxique menstruel (SCT). "Les travaux ont montré que le

risque de développer cette maladie, causée par une toxine bactérienne, est lié aux conditions d’utilisation des protections intimes", indique le rapport. Le SCT est causé par une toxine, la TSST-1, elle-même produite par une bactérie, le staphylocoque doré. Les risques sont pris seulement en cas d’utilisation de protections internes. Le Centre national de référence (CNR) des staphylocoques (basé à Lyon) a recensé en moyenne vingt cas de SCT chaque année depuis 2010.

Le syndicat professionnel représentant notamment les fabricants de protections hygiéniques, Group'hygiène est satisfait de l'étude de l'Anses. Il rapporte dans un communiqué publié à la suite du rapport que celui-ci "conforte la position de la profession". 

Des risques liés à la matière première ou aux procédés de fabrication

Que ce soit des protections externes ou internes, plusieurs éléments sont sujets aux substances chimiques. Tous les produits dérivés du coton peuvent subir un traitement chimique. "Ce traitement peut être simple (c'est le cas du blanchiment qui n'altère pas la structure), mais peut être plus complexe comme celui mis en œuvre pour produire la viscose qui modifie la structure des chaînes polymères", indique le rapport. Il y a aussi des produits de nature synthétique de type polyoléfines (polyéthylènes et polypropylènes) qui entrent dans la composition des tampons, serviettes et protège-slips. Et enfin, des produits super-absorbants (SAP), présents uniquement dans les protections externes.

Après les analyses, l’Anses a retrouvé des traces de BMHCA (Lilial®), d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), de pesticides (glyphosate entre autres) et de phtalate de di-n-octyl (DNOP) dans les protections externes. L’Anses note que des pesticides dont l’utilisation est interdite en Europe, tels que le lindane, l’hexachlorobenzène ou le quintozène, ont aussi été quantifiés dans des protections intimes externes.

Dans les tampons, ont été retrouvées des traces de dioxines, de furanes et de DNOP. Pour l’Anses, ces contaminations sont issues "soit d'une contamination des matières premières [...], soit formées lors des procédés de fabrication (ex. blanchiment, collage)."

A ce propos, Group'hygiène se défend et indique que "les résidus de dioxines et furanes détectés ne le sont qu'à l'état d'ultra-traces 10-9 soit l'infiniment petit, sans danger pour la santé des femmes." Il ajoute que "les protections féminines sont fabriquées à partir d'un assemblage des matières premières inertes". 

Améliorer la prévention des femmes

Pour soutenir son enquête, l’Anses a commandé un sondage à Opinion Way sur les habitudes de protections hygiéniques : 91 % des femmes utilisent des protections externes. L’Agence a aussi testé de nombreuses marques différentes. "Seize serviettes et protèges slips ont été analysés", des plus grandes marques et distributeurs. Dans le cadre de l’étude sur les SCT, "le CNR des staphylocoques a récolté 705 tampons usagés de 26 marques différentes". Le rapport indique que la marque de tampon la plus fréquemment utilisée est Tampax (43%) suivi de Nett (27%). Les autres marques ont représenté moins de 6%.

Ces données, ainsi que l'analyse des taux de substances chimiques ont permis de calculer l’exposition des femmes à ces produits. Ce chiffre a été trouvé en fonction du poids moyen des femmes, de la concentration de la substance présente dans la protection, du poids de la protection, la fréquence d’utilisation, le taux de transfert...

Les résultats sont faibles et en deçà des contre-indications européennes. Cependant, L’Anses indique plusieurs recommandations dans la production des produits. Elle invite les entreprises à être plus lisibles sur les substances utilisées. Elle ajoute que la suppression de toute substance parfumante permettrait de réduire le nombre de produits toxiques. Enfin, "le Centre d’experts spécialisés recommande l’élaboration d’un cadre réglementaire plus restrictif" afin de limiter leur présence.

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle