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Protection individuelle: l'électronique au service des équipements du futur

Publié le

Géolocalisation, mesures du rythme cardiaque ou de la température intérieure, gants chauffants... L'électronique fait son entrée dans les équipements de protection. Le prix très élevé des innovations freine encore leur développement commercial.

Protection individuelle: l'électronique au service des équipements du futur © Drager

Protéger ses salariés avec le secours de l'électronique ? Bientôt, ce ne sera peut-être plus impossible ! De la protection contre le feu à la détection de gaz toxique en passant par la protection auditive, les spécialistes des équipements de protection individuelle (EPI) imaginent tous des

Respirer la tête haute

L'allemand Dräger propose un masque respiratoire communicant, équipé d'un système d'affichage tête haute, pour ne plus avoir à consulter l'écran de contrôle en pleine intervention. Les signaux d'alarme et les informations sur la température ou la pression, mesurées par des capteurs externes, sont projetés à l'intérieur du masque. Le porteur peut ainsi avoir en permanence sous ses yeux l'état de ses réserves en air et sa consommation. Via un système de télémétrie par voies hertziennes, les données peuvent être envoyées à un tableau électronique pour le contrôle de l'opérateur sur le terrain depuis le site.
solutions, intégrant des systèmes électroniques pour améliorer la sécurité des utilisateurs. Dans un marché de la protection, qui a généré 808,4 millions de chiffre d'affaires en 2007, selon le Syndicat national des acteurs du marché de la prévention et de la protection (Synamap), l'électronique devrait peu à peu trouver sa place ces prochaines années. En tout cas, les innovations ne manquent pas.

Le risque de se perdre dans d'épais nuages de fumée pour des pompiers ne sera bientôt plus qu'un lointain souvenir ! Le fabricant français Sofileta (groupe Sopatex), basé à Bourgoin-Jallieu, dans l'Isère, a mis au point une veste, en aramide Nomex, équipée d'un système de géolocalisation. Imaginée dans le cadre du programme européen de recherche Proetex, initié en 2006, elle permet aussi, via une série de capteurs, de renseigner le porteur sur son rythme cardiaque, sa température intérieure, son rythme respiratoire et de déclencher des alarmes en cas de dépassement de seuils. Ces mesures peuvent s'afficher sur un écran situé dans une poche extérieure et être transmises par Wi-Fi à des ordinateurs. Autre intérêt du système : le capteur d'activités, dit « homme mort », qui déclenche une alarme quand il ne détecte plus de mouvement sur le porteur. « Nous avons travaillé avec plusieurs sociétés, notamment EADS, pour les terminaux radios. Nous sommes en phase de recherche de partenaires industriels pour sa fabrication en série », explique Laurent Jamet, le directeur du développement de la division Advanced Materials de Sofileta. Objectif du fabricant, qui a réalisé 55 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2008 : commercialiser la veste au printemps prochain.

UN CIRCUIT IMPRIMÉ DANS LES FIBRES TEXTILES

Dans la protection contre le froid, le spécialiste français du gant, Rostaing (18 millions d'euros de chiffre d'affaires et 500 salariés, dont 

Prévenir les pertes auditives



Contrôler le bruit perçu par l'oreille après avoir porté une protection auditive. C'est ce que proposera, en novembre, Sperian Protection avec son dosimètre intra-auditif, Quiet Dose. Grâce à la sonde électronique du bouchon d'oreille, placé dans le conduit auditif, il contrôle, après la protection, la dose de bruit reçu par l'utilisateur en décibels et sur la durée. « Le système peut envoyer des SMS ou des mails d'alerte au personnel d'encadrement si les seuils de tolérance ont été dépassés », explique-t-on chez le leader mondial des EPI, qui souligne qu'une personne ne doit pas être exposée à plus de 85 décibels pendant huit heures.
50 en France), basé dans l'Ain, vient de mettre au point un gant chauffant pour les travailleurs en chambres froides, en abattoirs ou chez les fabricants de glaces. Le principe : un circuit imprimé dans les fibres textiles, en polyamide, est relié à une batterie lithium-ion, rechargeable sur secteur, placée soit dans le gant, soit dans la veste de l'utilisateur. Commercialisé cet automne, le concept Zone Energy System de Rostaing propose une autonomie de chauffage de deux à quatre heures.

Autre domaine : la protection des voies respiratoires. L'allemand Dräger (28 milliards d'euros de chiffre d'affaires, dont un tiers dans la protection) propose un nouveau masque respiratoire communicant, le FPS-COM, équipé d'un système d'affichage tête haute. Il peut être associé à une unité de contrôle et d'alarme électronique, baptisée Bodyguard 7000. Lancé en septembre 2008, il dispose d'une série de capteurs de pression, de température, de mouvement et d'indicateurs de capacité pour calculer l'autonomie restante en air, selon la consommation réelle du porteur.

« Les mesures des capteurs et les signaux d'alarme sont projetées en temps réel à l'intérieur du masque, permettant au porteur d'avoir en permanence sous les yeux l'état de ses réserves en air ou des informations sur la température ambiante », explique Marie-Laure Stein, la responsable produits en protection lourde, qui souligne l'intérêt du système pour les équipes d'intervention chimique équipées de scaphandres. Le Bodyguard possède aussi une boîte noire qui enregistre toutes les alarmes et les données. D'autres fonctions peuvent être ajoutées : un système de télémétrie, permettant le transfert des données du BodyGuard par voies hertziennes vers le tableau de contrôle électronique du chef des opérations. « Ce dernier peut alors ordonner un repli immédiat de ses équipes en cas de déclenchement de signaux d'alarme ou de températures trop élevées », précise Marie-Laure Stein.

DES CASQUES ANTIBRUIT COMMUNICANTS

Pionnière dans l'utilisation de l'électronique depuis trois ans environ, la protection auditive poursuit son incursion dans les nouvelles technologies. L'américain 3M (25,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2008), spécialisé dans la protection de la tête, propose,

Travailler avec des gants chauffés

Fini les doigts gelés pour les salariés des abattoirs ou des fabricants de glaces ! Le spécialiste français du gant, Rostaing, vient de mettre au point un gant chauffant destiné aux personnes travaillant en chambres froides.Le principe : un circuit imprimé dans les fibres textiles en polyamide est relié à une batterie lithium-ion, rechargeable sur secteur, placée soit directement dans le gant soit dans la veste de l'utilisateur. Commercialisé cet automne, le concept Zone Energy System propose une autonomie de chauffage de deux à quatre heures.
depuis le rachat d'Aearo Technologies en avril 2008, la gamme Peltor Communication, des casques permettant de se protéger du bruit environnant tout en continuant à communiquer avec l'entourage. « Ces casques sont reliés par Bluetooth à une radio située à la taille et permettent d'atténuer certains sons plutôt que d'autres en fonction des besoins des utilisateurs », détaille Laurence Verdier, la directrice des ventes et marketing de la protection individuelle chez 3M. De son côté, Sperian Protection (751 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2008), avec sa marque Howard Leight, lancera en novembre au salon A Plus A en Allemagne, son dosimètre intra-auditif, Quiet Dose. « Grâce à une sonde placée dans le bouchon d'oreille positionné dans le conduit auditif, il contrôle la dose de bruit reçue par l'utilisateur, après la protection auditive, en décibels et sur la durée », explique Cécilia Chemin, responsable marketing chez Sperian, en rappelant qu'une personne ne doit pas être exposée à plus de 85 décibels pendant huit heures.

« Le Quiet Dose s'adresse à des salariés ayant déjà subi des pertes auditives ou travaillant longtemps dans des endroits bruyants », ajoute-t-elle. Il est équipé d'un boîtier qui stocke les données mesurées pouvant être déposées ensuite dans un ordinateur grâce à un logiciel spécifique. « Le boîtier sera doté d'ici à 2010 d'un écran à affichage digital. L'utilisateur pourra alors lire en temps réel les données enregistrées », précise Cécilia Chemin.

L'innovation électronique trouve sa place également dans la détection de gaz. Dräger développe une génération de détecteurs équipés de capteurs à infrarouge pour mesurer la présence de gaz toxiques. En 2010, sortira un boîtier à infrarouge mesurant le CO2 et le risque d'explosion. « Le procédé permet d'avoir des mesures beaucoup plus sûres que par les capteurs électrochimiques. Il y a moins de risques qu'elles soient faussées par d'autres substances pouvant les détériorer », explique Olivier Jung, le chef produits détection portable chez le fabricant allemand, qui vend 6 000 boîtiers de détection environ chaque année.

UNE CHAUSSURE DÉTECTANT DES GAZ TOXIQUES

La durée de vie est aussi beaucoup plus longue : elle peut dépasser dix ans, Dräger offrant une garantie de cinq ans. Les boîtiers, de la taille d'un téléphone portable et de quelques centaines de grammes, peuvent se fixer à hauteur des voies respiratoires ou à la ceinture du porteur. Ils sont équipés d'un écran à affichage digital avec possibilité d'installer des alarmes sonores. L'italien Diadora (200 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2008) vient, lui, de mettre au point une chaussure permettant de détecter des gaz toxiques, dans le cadre du programme européen Proetex. Les capteurs de gaz envoient ensuite par Bluetooth les données à un boîtier de communication situé également à la ceinture.

Mais cet éventail d'innovations représente un surcoût important par rapport aux EPI classiques. Et un frein à l'achat. La technologie de l'infrarouge dans les détecteurs de gaz de Dräger se paie entre 500 et 800 euros suivant le capteur, contre 200 euros en moyenne pour un capteur électrochimique. L'unité de contrôle électronique Bodyguard vaut entre 400 et 600 euros, auxquels il faut ajouter entre 450 et 650 euros pour le masque !

PROPOSER DES SOLUTIONS SUR MESURE

Chez Sofileta, la veste Proextex pourrait être vendue à plus de 1 000 euros, avec 100 euros supplémentaires par option : GPS, capteur de température... Une facture salée pour un industriel qui doit équiper ses salariés ! Certains fabricants préfèrent ainsi vendre directement leurs équipements aux clients finaux plutôt que de passer par un distributeur. C'est le cas de Rostaing. « Le but est de proposer une solution sur mesure, adaptée aux besoins », explique Stéphane Rostaing, le directeur général, qui négocie les ventes de ses gants chauffants (150 euros la paire en moyenne) avec le transporteur frigorifique Stef-TFE ou le glacier Thiriet.

Si Sperian reste dans le système de vente classique avec distributeur, il réfléchit à se mettre en rapport avec l'utilisateur final pour apporter des formations spécifiques sur l'utilisation de son Quiet Dose et faire ainsi mieux passer les 800 euros du dispositif ! Conscient du frein que représente le coût de sa veste, Sofileta souhaite introduire « de nouveaux modèles commerciaux », comme le leasing, déjà utilisé dans certains marchés comme l'auto-mobile. « Nous allons vendre un service à la carte. Le client pourra acheter un ou plusieurs capteurs en fonction de ses besoins et payer ensuite une partie de sa veste chaque mois », explique Laurent Jamet, le directeur du développement de Sofileta. Autre piste : l'utilisation d'outils électroniques de grande diffusion, comme le GPS, qui pourraient faire baisser la facture de 10 % selon Sofileta. De quoi permettre ainsi une démocratisation de l'électronique dans les équipements de protection individuelle du futur...


Sopatex: de la mode au tissu technique

Cap sur le textile intelligent chez Sopatex ! Créé en 1911, le tisseur familial, délaissant le textile de mode, s'est tourné voilà dix ans vers la fabrication de textile technique pour l'automobile, l'aéronautique et la protection individuelle : 60 % de ses 55 millions d'euros de chiffre d'affaires sont désormais réalisés dans cette activité. Pour cela, ce groupe de 250 personnes consacre 15 % de son chiffre d'affaires à la R et D. Basé à Bourgoin-Jallieu (Isère), il a créé en 1999 la division Sofileta Advanced Textiles afin de développer des tissus techniques pour équipements de protection. Puis en 2005, la division Advanced Materials pour les applications autres que l'habillement : tissus à mémoire de forme évoluant en fonction de la température ou de protection anti-électromagnétique. Enfin en 2007, Sopatex a repris la petite société Francital. Celle-ci conçoit et confectionne des vêtements techniques, notamment anticoupures. Une étape supplémentaire pour Sopatex vers les textiles du futur.

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