Economie

Promesse d'imposition à 75% de François Hollande : le taux est resté, la cible a changé

Solène Davesne

Publié le , mis à jour le 02/04/2013 À 10H19

Pour contourner la décision du Conseil d'État qui avait retoqué, en décembre dernier, son projet de taxe à 75% sur les revenus de plus de 1 millions d'euros, François Hollande a annoncé que les entreprises dont les dirigeants dépassent ce niveau de rémunération devraient assumer cette imposition.

Promesse d'imposition à 75% de François Hollande : le taux est resté, la cible a changé © alles-schlumpf - Flickr - C.C.

Le symbole demeure, mais ce sont les entreprises qui vont payer. François Hollande s’est rallié à la recommandation du Conseil d’État sur la taxe à 75% pour les revenus de plus de 1 million d’euros. Cette taxe exceptionnelle devra être acquittée par les entreprises et non par les ménages. "L’entreprise est responsabilisée. Beaucoup de ces grands groupes tentés de rémunérer certains cadres dirigeants plus de 1 million d’euros feront en sorte d’expliquer que pendant deux ans il vaut mieux faire une pause, sauf à payer cette taxe", a estimé le chef de l’État sur France 2, jeudi 28 mars au soir. Au-delà du symbole, l’objectif recherché est flou. Le gain devrait être minime.

Depuis la censure du conseil constitutionnel, le rapporteur du budget à l’assemblée nationale Christian Eckert plaidait certes pour cette solution, pour laquelle Bercy ne se montrait pas favorable. "Je ne comprends pas du tout la philosophie du principe qui a été exprimé hier soir par le président de la République", a critiqué Laurence Parisot, la présidente du Medef, qualifiant d’ "étrange" la décision du chef de l’Etat. Taxer les entreprises risque de brouiller le message. Le gain devrait être minime.

Selon Bercy, la première version de la taxe devait toucher 1500 contribuables et rapporter 210 millions d’euros. En excluant de fait les artistes ou les professions libérales, la nouvelle contribution devrait rapporter moins. Quant à pousser à la modération les très hauts salaires, rien ne dit non plus que la taxe exceptionnelle y contribuera. Le précédent de la taxe exceptionnelle sur les bonus des traders en témoigne. En 2010, cette contribution de 50% sur ces bonus avait rapporté 300 millions d’euros à Bercy. Les bonus - près de 2 milliards d’euros - n’avaient pourtant pas baissé par rapport à 2009. Pour garder leurs cadors, les banques avaient préféré payer.

Solène Davesne

Réagir à cet article

1 commentaire

Nom profil

29/03/2013 - 18h40 -

Le Président ne touche donc plus que les salariés, et "oublie" les non salariés ou les revenus non salariaux. Du n'importe quoi !
Répondre au commentaire
Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte