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L'Usine Maroc

Projet Wessal Casablanca Port : « les premiers appels d’offre seront passés après le Ramadan », selon Tarik Senhaji

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Publié le

Wessal Capital regroupe cinq fonds publics originaires du Golfe et du Maroc. Créé en 2011, il a pour objet le développement du potentiel touristique du Maroc. Alors que celui-ci a annoncé en avril, le lancement de deux projets structurants à Casablanca et Rabat de 1,3 milliard d'euros, L'Usine Nouvelle a rencontré Tarik Senhaji, administrateur de Wessal Capital et directeur général du Fonds marocain de développement touristique (FMDT), l'actionnaire marocain du fonds.

Projet Wessal Casablanca Port : « les premiers appels d’offre seront passés après le Ramadan », selon Tarik Senhaji
Tarik Senhaji, administrateur de Wessal Capital et directeur général du Fonds marocain de développement touristique(FMDT)
© fmdt

L'Usine Nouvelle : Wessal Capital c'est quoi au juste ?

Tarik Senhaji : Un fonds regroupant cinq actionnaires dont quatre fonds souverains du Golfe et le Maroc via le FMDT avec une contribution égalitaire de 500 millions d'euros, soit un total de 2,5 milliards d'euros.  Le dernier actionnaire à nous avoir rejoints cette année est Public investments fund (PIF) le fonds de l’Arabie Saoudite. C'est la première fois que des fonds souverains du Golfe  investissent dans une structure de ce type.

La création de Wessal Capital fait suite à l'engagement des pays du Golfe à soutenir la transition démocratique dans les pays arabes. Quel est l'objectif concernant le Maroc ?

Wessal Capital a été monté pour appuyer la stratégie nationale touristique du Maroc à l'horizon 2020. Pour attirer les touristes, il est important de leur fournir un environnement attractif. C'est notre but avec par exemple les projets "Wessal Casa-Port" et "Wessal Bouregreg" (voir encadrés). Nos actionnaires avaient la volonté d'investir au Maroc mais pas le temps de gérer les investissements dans le détail. C'est l'objet de Wessal Capital.

Quel est votre mode de fonctionnement ?

Wessal Capital sollicite son comité d'investissement en fonction de l'avancement des projets. A chaque approbation d'un programme, un appel de fonds est généré. Nous avons ainsi approuvé les deux projets structurants déjà évoqués celui de Casablanca et celui de Bouregreg à Rabat. 

Bio express
Tarik Senhaji est diplômé de l'Ecole polytechnique et de l'Ecole de la statistique et de l'administration économique (ENSAE) Paris. Avant de rejoindre le Fonds marocain de développement touristique (FMDT), Tariq Senhaji a été PDG de la Société marocaine d'ingénierie touristique (SMIT). Auparavant, il a été directeur général à la banque Natixis de Londres où il était en charge des marchés financiers et de la structuration de la dette et des produits dérivés hybrides.
Quel est le calendrier retenu concernant les deux projets ?

Nous avons pris du temps entre fin 2011 et début 2014 pour les monter car leur structuration est très détaillée. Ils seront concrétisés, nous l'espérons, en 2020. Les constructions doivent débuter dans 18 mois à Casablanca. En parallèle, il y a la construction d'un nouveau port de pêche et d'un nouveau chantier naval. Remarquez que dans les fonds internationaux, entre le closing et le déploiement des projets, deux ans est une durée commune.

Quelles étapes ont été concrètement franchies à ce jour à Casablanca ?

Les appels de fonds ont été effectués, des conventions ont été structurées et signées avec l'Etat, l'Agence nationale des ports (ANP) et au niveau local, avec la wilaya. Ont également été réalisées, les études architecturales poussées et les études de faisabilité.

Quelles sont les modalités de financement ?

C'est la partie qui a demandé le plus de temps. Nous avons mis en place des échéanciers précis. Des engagements ont été pris entre notre fonds et l'Etat dont je ne puis vous révéler la teneur mais je peux vous dire que huit conventions ont été signées lors de la présentation des projets "Casablanca Port" et "Wessal Bouregreg" en avril 2014 devant le Roi.

Où en est-on sur les appels d'offres ?

Concernant toutes les composantes liées à la construction, les appels d'offres sont prêts. Ils vont être lancés dans les prochaines semaines, probablement après le mois du Ramadan. Il s'agit des appels d'offres concernant le port de pêche et le chantier naval. Dès lors, nous sommes dans une logique PPP et nous allons lancer des partenariats avec le secteur privé et les PME locales avec les appels d'offres concernés.

Quels types d'entreprises visez-vous dans le cadre de ces projets ?

Dans l'exemple d'un hôtel, ce sera des entreprises hôtelières de premier rang. Dans le domaine de la construction, il y a des ouvrages simples et d'autres plus compliqués. Les détails seront de toute façon stipulés dans les appels d'offre. A chaque étape d'avancement des projets, des appels d'offre seront lancés.

Le projet "Wessal Bouregreg"
Complétant les chantiers structurants du Maroc, ce projet intégré à vocation culturelle a un coût global de 775 millions d'euros. A l'horizon 2020, la région projette d'accueillir 4 millions de touristes et de créer 63 000 emplois. S'étendant sur 110 ha afin de réhabiliter les rives du fleuve du Bouregreg, il prévoit notamment la construction d'une nouvelle marina de 100 nœuds pour le tourisme de plaisance, un centre d'affaires de 105 000 m² et un espace de loisirs avec plus de 12 000 m² de commerces autour de la marina.
Avez-vous d'ores et déjà quelques détails à nous communiquer ?

Concernant le projet "Casa-Port", la construction du port de pêche et du chantier naval doit commencer dans 18 mois. Cette période est nécessaire avant de démarrer la construction. Il faut en tenir compte dans la fixation du calendrier. Les opportunités du marché peuvent aussi nous amener à décaler la priorité des projets. Autre exemple, à Rabat, un appel d'offres a déjà été lancé pour le grand théâtre et a été adjugé. La construction démarrera en septembre.

Les institutions internationales comme la BERD, la Banque Mondiale ou la BEI accompagnent Wessal Capital. A quel niveau interviennent–elles ?

La BEI intervient au niveau du financement. La Berd pourrait être intéressée pour rentrer dans le capital. La Banque mondiale est plus intéressée par les questions relatives au développement. Elle nous aide en nous fournissant l'assistance nécessaire au niveau des études.     

Avez-vous d'autres projets en cours ?

Wessal Capital dispose d'une bonne assiette financière. Nous sommes à la recherche de nouveaux projets. Il y en a sans doute un qui va émerger cette année. Je peux vous dire que la ville à laquelle nous nous intéressons se trouve au nord du Maroc. Mais, nous étudions d'autres dossiers dans d'autres villes.

Comment Wessal Capital compte t-il rentabiliser ses investissements ?

A chaque fois qu'un projet est créé et approuvé, une "société projet" sera créée pour piloter l'ensemble de l'opération". Aujourd'hui, deux sociétés de droit marocain, "Wessal Casa-port" et "Wessal Bouregreg" sont enregistrées au registre de commerce et gèrent leurs projets. Ce sont ces sociétés qui vont s'occuper des investissements et des appels d'offre. Chaque société projet est capable de nouer des partenariats et accueillir les investisseurs prêts à s'engager avec nous.  

Le projet "Wessal Casa-port"
D'un montant de 530 millions d'euros, ce projet est le premier pour Wessal Capital. Il se propose d'édifier sur environ 12 ha, un centre urbain. Il compta ainsi mettre en valeur la quartier historique de la vieille médina et le littoral touristique de Casablanca. Huit conventions ont été signées dans le cadre du projet Wessal Casa-Port. Outre la convention cadre entre l'Etat et Wessal Capital, les autres conventions concernent notamment, la deuxième phase de réhabilitation de la médina, la valorisation de la zone des chantiers navals et du port de pêche au niveau du port de Casablanca et le projet de réaménagement d'un nouveau terminal de croisière.

 

Comment évaluez-vous la rentabilité des projets ?

Nous passons deux ans en moyenne à réaliser les études nécessaires et à impliquer beaucoup d'avocats, de sociétés de conseil, celles qui réalisent des études de faisabilité, celles qui font des études sur le sol… Dans tous les cas, il y a une étude préliminaire qui prend en général trois mois pour savoir globalement si le projet a de l'avenir. Si la réponse est positive alors on rentre dans les détails pour détecter les points éventuels de blocage. Le marché est également scruté à la loupe. A la fin, on bâti un business plan et on revient vers le comité d'investissement pour présenter le package pour approbation.

Que se passe-t-il ensuite ?

Une fois que le comité d'investissement approuve un projet, par définition un appel de fonds est approuvé et rend l'argent disponible. La signature ne se fait que quand les fonds sont virés. Nous avons mis en place des mécanismes structurels pour réaliser des opérations obéissant aux meilleurs standards internationaux.

Wessal capital est-il ouvert pour des investissements au Maghreb et en Afrique ?

Nous sommes un investisseur financier. Nous ne fermons jamais aucune porte. Notre stratégie  actuelle est de nous concentrer sur le Maroc. Dans tous les cas, nous agissons en fonction des opportunités qui se présentent.

 

Propos recueillis par Nasser Djama
 

Wessal Capital : un fonds de cinq fonds de 2,5 milliards d'euros
Créé en 2011, Wessal Capital est un fonds d’investissement dédié au financement des projets de tourisme et d’immobilier au Maroc. Son actionnariat regroupe cinq fonds souverains du Golfe et du Maroc à parts égales. Il s'agit de Aabar (Emirats Arabes Unis), Al Ajial (Autorité d'investissement du Koweït), Qatar Holding, Public investments fund (PIF) le fonds de l’Arabie Saoudite et le Fonds marocain pour le développement du tourisme (FMDT).
Wessal Capital dispose d'une enveloppe potentielle de 2,5 milliards euros qui en fait le plus important fonds international d'investissement en Afrique selon le communiqué. En plus des actionnaires fonds souverains, les projets de Wessal Capital sont soutenus par la Banque mondiale, la Banque européenne d'investissement (BEI) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).

 

 

Projet "Casa-Port", vues d'artiste

Wessal Casa-Port, nouveau pôle touristique

 

Casablanca, la Medina

 

Casablanca : 63 000 m² de commerces et d'espaces loisirs autour du port de plaisance 

 

La nouvelle marina de Casablanca

 

 

 

Projet "Wessal Bouregreg", vues d'artiste

Le futur grand théâtre national de Rabat de 1900 places, imaginé par l'architecte Zaha Hadid

 

Rabat : le futur grand théâtre national 

 

Le futur musée de l'archéologie et de l'histoire de l'Homme

 

Une nouvelle marina de 100 nœuds pour le tourisme de plaisance


 

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