L'Usine Santé

Projet record pour GlaxoSmithKline dans le Nord

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Le groupe pharmaceutique britannique veut faire de Saint-Amand-les-Eaux, dans le Nord, une plate-forme européenne pour la fabrication de ses vaccins.


La ville thermale de Saint-Amand-les-Eaux, près de Valenciennes, connaîtra dans les prochains mois un ballet ininterrompu de pelleteuses. Le groupe pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline (GSK) a décidé d'investir la coquette somme de 500 millions d'euros sur cinq ans, pour construire un site d'envergure mondiale de production de vaccins, autour des locaux existants de sa filiale Sterilyo.
A terme, 600 salariés devraient rejoindre les 125 salariés qui s'affairent déjà au remplissage, à la lyophilisation et au conditionnement des vaccins, sans compter les 2000 emplois indirects générés.

Les nouvelles infrastructures produiront notamment le Cervarix, un vaccin préventif contre les cancers du col de l'utérus causé par le papillomavirus humain (HPV). Ce vaccin est déjà présenté comme un futur blockbuster (plus d'un milliard de dollars par an de ventes) du groupe. GSK a soumis, en mars, une demande d'autorisation de mise sur le marché en Europe du Cervarix et prévoit de déposer le dossier auprès des autorités de santé américaines d'ici la fin de l'année.

300 millions de doses fabriquées par an

Le site devrait également fabriquer certains des futurs vaccins du groupe, comme des vaccins conjugués contre la méningite et un vaccin contre la grippe. A partir de 2010, date prévue des premiers lots commerciaux sortis des nouvelles lignes de production, plus de 300 millions de doses par an seront fabriquées sur le site.

Le choix de Saint-Amand-les-Eaux ne s'est pas fait par hasard. «Les vaccins sont très fragiles. Leur fabrication est une activité à très forte technicité qui nécessite des besoins industriels et des investissements conséquents. Il est important pour nous d'être près d'un centre de recherche et développement », explique Jean-Pierre Garnier, le P-DG de GSK. Cet élément a joué en faveur du site nordiste: le groupe possède son plus important centre de R&Dsur les vaccins,àRixensart, dans le sud de la Belgique, pays qui produit la majorité de ses vaccins.

Mais, qui dit forte technicité, dit besoin de compétences spécifiques pour travailler enenvironnement aseptique. Aucuneécole ne préparant ses étudiants à ces conditions de travail si particulières, GSK compte mettre en place avec la région la filière de formation adéquate. Pour Jean-Pierre Garnier, l'Hexagone offre aussi d'autres avantages. «La France possède une tradition plus importante en matière d'innovation et de technicité que des pays comme l'Inde ou la Chine, un haut niveau de formations scientifiques et des infrastructures industrielles. »

GSK signe là un des plus gros investissements jamais réalisés en France depuis une dizaine d'années dans le secteur. Les derniers industriels étrangers à avoir fait le même choix que GSK sont l'américain Eli Lilly (280 millions d'euros jusqu'en 2009 à Fegersheim, dans le Bas-Rhin), le danois Novo Nordisk (130 millions d'euros sur son site de Chartres, en Eure-et-Loir), le suisse Novartis (150 millions d'euros à Huningue, dans le Haut-Rhin) et le britannique AstraZeneca (près de 500 millions d'euros sur quinze ans à Dunkerque, dans le Nord).

Le choix de GSK est d'autant plus surprenant que la croissance du marché pharmaceutique français est estimée en 2006 entre 0 et 1% ! «C'est un pari sur l'avenir. Le gouvernement montre des preuves tangibles de reconnaissance de notre industrie. Nous attendons maintenant des mesures concrètes », conclut Jean-Pierre Garnier.

Camille Chandès

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