Profonde réorganisation en vue chez Veolia

Le spécialiste des services à l’environnement envisage de réorganiser ses activités par pays et non plus par métiers. Une tentative pour se sortir de la crise qu’il traverse.

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Profonde réorganisation en vue chez Veolia

C’est un changement qui pourrait être majeur. Veolia Environnement a annoncé lors de la présentation de ses résultats financiers du premier trimestre, le 3 mai, un projet de réorganisation de l’entreprise. "Le groupe envisage de lancer un projet qui viserait à remplacer l’organisation actuelle centrée sur les divisions par une organisation intégrée déclinée par géographie", explique le groupe qui ne souhaite pas donner davantage de détails pour l’instant. En résumé, il semble que la fin des divisons eau (Veolia Eau) et déchets (Veolia Propreté) ait sonné tout comme celle d’un certain nombre d’échelons hiérarchiques.

L’objectif ? Casser l’organisation actuelle en silo (eau, déchets et énergie) pour aborder les marchés de manière plus efficace et proposer des offres globales multi-métiers à ses clients. Notamment aux industriels : Veolia compte en effet passer ses revenus venant de l’industrie de 35% actuellement à plus de 50%. Ors le groupe, qui enregistre une centaine de filiales et 310 000 salariés au compteur, est un agrégat de PME aux cultures très différentes. Antoine Frérot, son p-dg, qui a lancé la restructuration de l’entreprise en 2011, a toujours affirmé sa volonté de rendre le mastodonte plus svelte. "Mon objectif numéro un est de passer d'un groupe où les activités sont juxtaposées à un groupe intégré et piloté", expliquait-il dans un entretien à L’Usine Nouvelle en décembre dernier.

Un groupe très endetté

Endetté (10,1 milliards d’euros au 31 mars dernier), dévoré par des luttes internes, confronté à l’effritement de ses marges en raison de la fin des modèles économiques traditionnels dans l’eau et à la nouvelle donne du recyclage dans son métier de traitement des déchets, Veolia est acculé. D’autant que ses actionnaires, qatari présents au capital du groupe à hauteur de 4,7% commencent à perdre patience.

Cette réorganisation pourrait, selon l’entreprise, contribuer à des économies supplémentaires de 110 millions d’euros à l’horizon 2015. Veolia a en effet prévu d’accélérer son plan d’économies en réduisant ses coûts nets de 750 millions d’euros en 2015 (contre 470 millions prévus au départ) grâce en outre à une "mutualisation" des fonctions supports et dans l’informatique (70 millions d’euros) et des économies dans les achats (100 millions d’euros). Veolia a annoncé le 20 mars la suppression de 1500 postes dans sa division Eau en France, soit 10% de ses effectifs. Ce renforcement du plan d’économie se traduira-t-il par de nouvelles suppressions d’emplois ? Chez Veolia, on botte en touche en faisant valoir les nombreux départs naturels à venir.

En parallèle, le groupe poursuit son plan de cessions d’actifs. Il vise un total de 6 milliards d’euros sur la période 2012-2013. Dernières en date : la vente de ses activités marocaines dans l’eau au fonds d’investissement Actis (370 millions d’euros) et celle de sa filiale Veolia Eau au Portugal à Beijing Enterprises Water Group (95 millions d’euros).

Camille Chandès

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