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Profits en hausse, salaires modérés

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Les grands groupes comptent davantage sur l'épargne salariale pour récompenser leurs salariés.

Les profits atteignent des sommets, mais pas les salaires. Plusieurs groupes ont annoncé, la semaine dernière, des résultats records alors qu'ils continuent à pratiquer la modération salariale. Malgré un bénéfice de 9 milliards d'euros en 2004, Total n'a accordé que 2,2 % d'augmentation générale à ses troupes de la branche pétrole en 2005 et une prime de 1 000 euros. Et Renault, qui affiche un bénéfice net de 3,55 milliards d'euros, a lâché seulement 2,1 % de hausse générale (plus 1,6 % pour les mesures individuelles). Des distorsions qui ont mis le feu aux poudres. Les syndicats sont tous montés au créneau pour réclamer une meilleure répartition des fruits de la croissance, recevant le soutien de Patrick Devedjian, le ministre délégué à l'Industrie, qui a estimé, sur Europe 1, « qu'une entreprise qui fait des profits doit commencer par ne pas oublier ses salariés ».

Avantage aux salariés actionnaires

Malgré la polémique, les industriels restent droits dans leurs bottes. « Notre politique salariale recherche un équilibre à long terme, justifie Jean-Jacques Guilbaud, DRH de Total. En cumulant revalorisations individuelles et collectives, nous sommes en moyenne à deux points au-dessus de l'inflation. Et nous disposons d'autres outils qui permettent un partage des richesses ». C'est en effet sur les éléments annexes de la rémunération - et surtout l'actionnariat salarié et l'épar-gne salariale - que les entreprises comptent pour calmer le jeu. Les quelque 80 000 salariés actionnai-res du pétrolier bénéficieront de l'amélioration du dividende (5,40 euros par action, en hausse de 15 %) et d'une éventuelle progression du titre. A cela s'ajouteront, pour l'effectif français du périmètre pétrole, la participation, l'intéressement et l'abondement au plan d'épargne qui devraient représenter, en moyenne, près de 5000 euros par salarié.

Chez Dassault Aviation, en vertu d'un accord spécifique, les 8 800 salariés vont se répartir le tiers des bénéfices, soit près de 90 millions. Du côté de Renault SAS, l'enveloppe de l'intéressement grimpera à 203 millions, avec un minimum de 3 223 euros par personne. « Cela peut représenter plus de deux mois de salaire de plus, à des conditions fiscales avantageuses. Bien sûr, nous aurions préféré une augmentation générale plus forte, mais l'un dans l'autre, nous sommes globalement satisfaits », reconnaît Lionel Hein, délégué central CFTC.

Mais cette stratégie a aussi des effets pervers. « Ces dispositifs doivent s'ajouter aux salaires et non les suppléer car ils renforcent l'épargne mais pas le pouvoir d'achat, déplore Michel Lamy, secrétaire national de la CFE-CGC. Or notre pays a besoin d'une consommation soutenue pour créer de la croissance et des emplois ». Un argument auquel les stars de Cac 40 sont restées insensibles.

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